Dièse

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♯ (le dièse) ne doit pas être confondu avec # (le croisillon) ni (un sinogramme). Pour « mot-dièse », voir Hashtag.
Portée de musique montrant une clé de sol et la note do dièse.
Un do dièse.

En musique, dans le solfège, un dièse est un symbole graphique (dièse) appartenant à la famille des altérations et dont la fonction est d'indiquer, sur la partition, que la hauteur naturelle de la note associée à ce dièse doit être élevée d'un demi-ton chromatique[1].

La note affectée d'un dièse est dite « diésée ». Une note peut être diésée pour toutes sortes de raisons : modulation, transposition, note de passage, ornementation, utilisation de l'échelle chromatique

Étymologie et histoire[modifier | modifier le code]

Le français dièse est un substantif masculin[2],[3],[4],[5],[6], prononcé [djεz] Écouter en français standard[3],[4]. Il est attesté au XVIe siècle[2] : sa plus ancienne occurence connue figure chez Richard Le Blanc, dans sa traduction du De Subtilitate de Jérôme Cardan, parue en [3]. C'est un emprunt[2],[3] au latin diesis[2],[3],[4],[6], substantif féminin[7] qui a d'abord désigné, en latin impérial[3], le « quart de ton »[2] dans l'ancienne musique[3],[7] puis, en latin tardif[3], le « demi-ton »[2] dans le système de Pythagore[3],[7]. La latin diesis est lui-même un emprunt[3] au grec δίεσις (díesis)[2],[3],[6],[7] (« action de séparer » et, en musique, « intervalle »)[2],[3].

En musique ancienne, dans le système musical grec, le dièse, plus couramment employé sous sa forme ancienne « diésis », est le plus petit intervalle utilisé[8].

Au Moyen Âge, à l'époque du Roman de Fauvel, apparaît le dièse dont la forme provient du bécarre[9].

Effet du dièse[modifier | modifier le code]

L'effet du dièse est différent suivant que celui-ci est accidentel (il peut se trouver à divers endroits sur une portée musicale), ou constitutif (lorsqu'il se trouve à l'armure, c'est-à-dire en début de portée, placé à la droite de la clef). Mais il hausse de toute façon la note d'un demi-ton chromatique.

Dièse accidentel[modifier | modifier le code]

L'effet d'une altération accidentelle, quelle qu'elle soit, est temporaire. Elle altère toutes les notes de même nom et de même hauteur se trouvant après elle, et ce jusqu'à la prochaine barre de mesure, sauf si entre-temps apparaît une autre altération modifiant la hauteur de cette même note.

Dièse constitutif ou dièse à la clé[modifier | modifier le code]

Les dièses constitutifs, communément appelés « dièses à la clé », sont habituellement rappelés au début de chaque ligne de portée, et à chaque changement de clé (lorsque sur la même portée on passe de la clé de sol à la clé de fa par exemple). Ils constituent l’armure de la section du morceau. Leur effet est permanent pour toute la durée de la portée, sauf si l'armure est modifiée. Ces dièses altèrent toutes les notes de même nom quelle qu'en soit l'octave, sauf si entre-temps intervient une autre altération (accidentelle) modifiant temporairement (pour la durée de la mesure en cours) la hauteur de la note en question, ou bien sûr si l'armure à la clé est modifiée. L'ordre des dièses (selon le cycle des quintes montantes) est immuable : fa, do, sol, , la, mi, si. De sorte que s'il n'y a qu'un dièse à la clé, c'est toujours le fa qui est altéré ; s'il y en a deux ce sont toujours le fa et le do ; trois dièses à la clé affectent toujours fa, do et sol, et ainsi de suite.

Autres dièses[modifier | modifier le code]

Il existe aussi :

  • un double-dièse, qui monte de deux demi-tons chromatiques (pour les instruments à tempérament égal cela revient à monter d'un ton), utilisé dans certains accords et certaines tonalités ; par exemple en ♯ mineur, les notes de la gamme mineure harmonique sont : ♯, mi ♯, fa ♯, sol ♯, la ♯, si, do Llpd+2.svg

\new Staff = "haut" \with {\remove "Time_signature_engraver"}{
\cadenzaOn
\relative c'' {aisis1}
}
  • un semi-dièse, qui monte d'un quart de ton. Il peut être représenté par le symbole dièse avec une seule barre verticale.

\new Staff = "haut" \with {\remove "Time_signature_engraver"}{
\cadenzaOn
\relative c'' {aih1}
}
  • un sesqui-dièse, qui monte de trois quarts de ton. Il peut être représenté par le symbole dièse avec trois barres verticales.

\new Staff = "haut" \with {\remove "Time_signature_engraver"}{
\cadenzaOn
\relative c'' {aisih1}
}

Représentation du dièse en informatique[modifier | modifier le code]

Le dièse et Unicode[modifier | modifier le code]

Le dièse (♯) est un caractère différent du croisillon (« # ») ; ce dernier a les deux barres transversales horizontales, et ses barres « verticales » légèrement en oblique à droite, alors que les barres verticales du dièse sont bien verticales mais ses « horizontales » sont, elles, légèrement ascendantes. Unicode distingue les deux caractères : le dièse est codé à l'emplacement U+266F, tandis que le croisillon l'est à U+0023. On utilise cependant souvent le croisillon (#) pour représenter le dièse (♯) pour des raisons de facilité, car le croisillon est disponible sur le clavier[10].

Nom Unicode Glyphe (Œil) Valeur
en musique, dièse. 9839 (décimal), U+266F (hexadécimal)
croisillon (chemin de fer, dièse, carré, octothorpe, ducat)[11]. En typographie américaine indique un numéro, et par extension s'utilise en mathématiques pour la cardinalité d’un sac, et en programmation informatique pour la taille d’un ensemble en notation Z)[12]. # 35 (décimal), U+0023 (hexadécimal)

Le dièse et LaTeX[modifier | modifier le code]

LaTeX permet de tracer le symbole du dièse facilement. La syntaxe est $\sharp$ et le résultat est .

Le dièse et Linux[modifier | modifier le code]

Linux aussi permet de taper les dièses (♯) très facilement [réf. souhaitée] (voir ici pour cela). Si l'on a défini une touche Compose, il suffit de taper Compose # #.

Compose # b donnera un bémol (bémol) et Compose # f un bécarre (bécarre).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On notera qu'il existe une différence d'usage avec le demi-ton diatonique suivant l'armure et l'instrument utilisé (par exemple le violon).
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Entrée « Dièse » dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le ].
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Définitions lexicographiques et étymologiques de « dièse » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le ].
  4. a, b et c Entrée « dièse », dans Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, t. II : D – H, Paris, Hachette, , II-1136 p., gr. in-4o (32 cm) (OCLC 457498685, notice BnF no FRBNF30824717, SUDOC 005830079, lire en ligne [fac-similé]), p. 1155, col. 2 (lire en ligne [fac-similé]) [consulté le ].
  5. Entrée « dièse  », dans Alain Rey (dir.), Marianne Tomi, Tristan Hordé et Chantal Tanet, Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Dictionnaires Le Robert, (réimpr. 2011), 4e éd. (1re éd. 1992), XIX-2614 p., 29 cm (ISBN 978-2-84902-646-5 et 978-2-84902-997-8, EAN 9782849026465, OCLC 757427895, notice BnF no FRBNF42302246, SUDOC 147764122, lire en ligne) [consulté le ].
  6. a, b et c Entrée « dièse », nom masculin, dans le Dictionnaire de français, en ligne sur le site des éditions Larousse [consulté le ].
  7. a, b, c et d Entrée « diesis », dans Félix Gaffiot, Dictionnaire illustré latin-français, Paris, Hachette, , 1re éd., 1702-XVIII p., gr. in-8o (26 cm) (OCLC 798807606, notice BnF no FRBNF32138560, SUDOC 125527209, lire en ligne [fac-similé]), p. 523, col. 2 [consulté le ].
  8. Définition de « dièse » sur le Centre national de ressources textuelles et lexicales, www.cnrtl.fr
  9. Brigitte & Jean Massin, Histoire de la Musique Occidentale, Fayard, , 1312 p. (ISBN 978-2-213-02032-7), La notation et l'interprétation, p.128
  10. Marc-André Roberge, « Catégories de titres d'oeuvres et composantes », sur Guide des difficultés de rédaction en musique, université Laval (faculté de musique), (consulté le 18 juin 2018).
  11. Intervalle 0000-007F, Unicode.
  12. Intervalle 2600-26FF, Unicode].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adolphe Danhauser, Théorie de la musique : Édition revue et corrigée par Henri Rabaud, Paris, Henry Lemoine, , 128 p. (ISMN 979-0-2309-2226-5)
  • Claude Abromont et Eugène de Montalembert, Guide de la théorie de la musique, Librairie Arthème Fayard et Éditions Henry Lemoine, coll. « Les indispensables de la musique », , 608 p. [détail des éditions] (ISBN 978-2-213-60977-5)