Élections générales irlandaises de 2020

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Élections générales irlandaises de 2020
159 des 160 députés du Dáil Éireann
(Majorité absolue : 81 députés)
Leo Varadkar 2016.jpg Fine Gael – Leo Varadkar
Sièges sortants 50
Micheal Martin (official portrait) (cropped).jpg Fianna Fáil – Micheál Martin
Sièges sortants 44
Mary Lou McDonald (official portrait) (cropped).jpg Sinn Féin – Mary Lou McDonald
Sièges sortants 23
Brendan Howlin Aviva (cropped).jpg Parti travailliste – Brendan Howlin
Sièges sortants 7
Taoiseach
Sortant
Leo Varadkar
Fine Gael

Les élections législatives irlandaises de 2020 ont lieu le afin d'élire les membres du Dáil Éireann, la chambre basse du parlement irlandais, l'Oireachtas.

Ces élections ont lieu de manière anticipée, dans le contexte de la sortie du Royaume Uni de l'Union européenne le 31 janvier précédent.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les élections de février 2016 ont pour résultat un important recul du Fine Gael, qui se maintient en tête des suffrages mais perd 26 sièges sur les 76 qu'il détenait dans l'assemblée sortante, et qui avait permis à Enda Kenny de se maintenir depuis 2011 au poste de Taoiseach - équivalent irlandais du Premier ministre - à la tête d'un gouvernement de coalition soutenu par le Parti travailliste. Principal parti d'opposition, le Fianna Fáil se relève lui du pire résultat de son histoire, obtenu au scrutin précèdent, et remporte un total de 44 sièges, en hausse de 23. Le Sinn Féin, également dans l'opposition, connait lui aussi des résultats en hausse, passant de 14 à 23 sièges sans toutefois ravir au Fianna Fáil la deuxième place que lui annonçait plusieurs sondages, tandis que le parti travailliste subit de plain fouet les conséquences de sa participation au gouvernement en tant que partenaire minoritaire de la coalition et s'effondre, passant de 33 à seulement 7 sièges.

Confrontés à la perte de la majorité absolue détenue par la coalition sortante, conduisant à un parlement sans majorité, les différents partis s'engagent dans de longues négociations qui se poursuivent sur un total de 63 jours avant que ne soit finalement signé un accord entre le Fine Gael et le 29 avril 2016. Enda Kenny se maintient ainsi à la tête d'un gouvernement minoritaire composé de son parti et de quelques élus indépendants, avec le soutien sans participation du Fianna Fáil, qui obtient en retour plusieurs mesures de son programme dont une augmentation de près de sept milliard d'euros des investissements publics sur cinq ans et la suspension des redevances sur l'eau[1]. Il reçoit le 6 mai le vote de confiance du parlement par 59 voix pour et 49, le reste des députés s'abstenant[2]. Le 14 juin 2017, Kenny prend sa retraite, annoncée un moins plus tôt, et est remplacé par Leo Varadkar après une élection interne au parti[3].

Les élections de 2020 ont lieu de manière anticipé à la suite de la dissolution du 32e Dáil Éireann par le président Michael D. Higgins à la demande de Leo Varadkar. Cette dissolution a lieu dans le contexte de la Procédure de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, dite Brexit, qui doit prendre effet le 31 janvier 2019 suite à la victoire du Parti conservateur mené par Boris Johnson aux Élections générales britanniques de décembre 2019. Malgré la mise en place d'un accord temporaire, le gouvernement irlandais craint qu'une sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne et de son marché commun mène à une fermeture de la frontière commune avec l'Irlande du Nord, avec un rétablissement des droits de douane et des contrôles d'identité, en rupture avec l'accord du Vendredi saint. Les deux économies sont par ailleurs fortement liées, près d'un tiers des exportations nord-irlandaises étant destinées au marché irlandais en 2016[4],[5].

Système électoral[modifier | modifier le code]

La Leinster House à Dublin, siège du Dáil Éireann.

Le Dáil Éireann - souvent abrégé en Dáil - est la chambre basse de l'Oireachtas, le Parlement bicaméral de l'Irlande. Il est composé de 160 sièges pourvus pour cinq ans au scrutin à vote unique transférable dans quarante circonscriptions électorales dotées de 3 à 5 sièges en fonction de leur population.

Ce mode de scrutin proportionnel plurinominal permet aux électeurs de voter directement pour des candidats en les classant par ordre de préférence, tout en étant à finalité proportionnelle. Une fois l'ensemble des bulletins dépouillés, un quota est déterminé en divisant ce total par le nombre de sièges à pourvoir dans la circonscription, plus un. Tout candidat ayant reçu un nombre de voix de première préférence supérieur au quota remporte d'emblée un des sièges à pourvoir. S'il reste un ou plusieurs siège à pourvoir, les secondes préférences inscrites par les électeurs sont prises en compte : on élimine le candidat ayant reçu le moins de premières préférences, et les secondes préférences que les électeurs ont inscrites sur ces bulletins sont répartis aux candidats concernés. Si l'un d'entre eux dépasse à présent le quota grâce à ces votes cumulés, il remporte un siège. A défaut, ou s'il reste encore des sièges à pourvoir, l'on procède à nouveau à l'élimination du candidat restant ayant recueillit le moins de suffrages cumulés, et ainsi de suite jusqu'à ce que tous les sièges aient été pourvus. Selon la répartition des votes, il est possible que les candidats restants n'atteignent pas le quota, auquel cas le siège est attribué au dernier en lice après élimination de tout ceux ayant recueillit moins de votes cumulés[6]. Les députés élus sont appelés Teachta Dála, abrégé en TD.

Le nombre de députés de l'assemblée sortante est de 158. Une commission de circonscription se réunit cependant en juillet 2016, en accord avec les dispositions de la Loi électorale de 1997 qui impose de redéfinir les limites des circonscriptions au moins tous les douze ans, soit ici après la publication des données démographiques du recensement de 2016. La Commission dispose d'un certain pouvoir discrétionnaire, mais elle est tenue par la Constitution de ne pas dépasser un ratio de 30 000 personnes par élu. Elle est également par convention obligée de ne pas dépasser les limites traditionnelles des comtés, sauf dans de rares cas, même si cela entraîne une légère surreprésentation de certains d'entre eux. Le rapport de la Commission présidée par le juge Robert Haughton est publié le , et recommande une augmentation du nombre de députés de 158 à 160. La loi électorale de 2017, qui met en œuvre cette augmentation, est promulguée en décembre de la même années, juste avant Noël. L'élection du 33e Dáil se déroule donc selon les nouvelles limites, pour 160 sièges .

Le président de la chambre, le Ceann Comhairle, est cependant automatiquement réélu s'il ne notifie pas son intention de ne pas se représenter, conformément à l'article 16-6 de la Constitution. Le Ceann Comhairle sortant, Seán Ó Fearghaíl, n'ayant pas fait part d'une telle intention, il devient d'emblée membre du trente troisième Dáil issu de ces élections, ramenant à 159 le nombre de sièges à pourvoir par les électeurs. C'est par ailleurs la première fois depuis 1918 qu'une telle élection se déroule un samedi[7].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Principaux partis
Parti Idéologie Chef de file Résultats en 2016
Fine Gael
Centre droit
Libéral-conservatisme, démocratie chrétienne, europhilie
Leo Varadkar 25,5 % des voix
50 députés
Fianna Fáil Centre à centre droit
Républicanisme, conservatisme, europhilie
Micheál Martin 24,3 % des voix
44 députés
Sinn Féin Centre gauche à gauche
Républicanisme, socialisme démocratique, euroscepticisme
Mary Lou McDonald 13,8 % des voix
23 députés
Parti travailliste
Labour Party
Centre gauche
Social-démocratie, europhilie
Brendan Howlin 6,6 % des voix
7 députés

Sondages[modifier | modifier le code]

Les deux principaux instituts de sondages irlandais, Red C et Behaviour and Attitudes (B&A), associés respectivement au The Sunday Times et au The Sunday Business Post, utilisent des méthodologies distinctes qui conduisent à des résultats nettement différents même lorsque organisés aux mêmes dates. Ils sont par conséquent représentés ci dessous dans des graphiques séparés.

Sondages d'opinion effectués par Red C/The Sunday Business Post.
Sondages d'opinion effectués par Behaviour and Attitudes (B&A)/The Sunday Times.

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats des élections législatives irlandaises de 2020
Partis Premières
préférences
% +/- Sièges +/-
Fine Gael
Fianna Fáil
Sinn Féin
Parti travailliste
Solidarité-Le Peuple avant le profit
Indépendants pour le changement
Sociaux-démocrates
Parti vert
Action des travailleurs et des chômeurs
Renua
Autres partis -
Indépendants
Ceann Comhairle 1 Steady.svg
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total 100 - 160 Increase2.svg 2
Abstentions
Inscrits / participation

Analyse et conséquences[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Fine Gael and Fianna Fáil finally reach minority government deal - Independent.ie », sur Independent.ie (consulté le 17 janvier 2020).
  2. « Irlande : le premier ministre réélu, après plus de deux mois de blocage », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 17 janvier 2020).
  3. (en) « Leo Varadkar: The man who evolved into a taoiseach », sur The Irish Times, (consulté le 17 janvier 2020).
  4. (en) « Brexit. En quoi consiste la solution du « backstop » ? », sur Le Télégramme, .
  5. « Le « backstop » irlandais, kèzako ? », sur pauljorion.com, .
  6. (en) « Proportional representation », sur www.citizensinformation.ie (consulté le 11 janvier 2019).
  7. (en) Dominic McGrath, « This will be the first Saturday general election since 1918 », sur www.thejournal.ie, (consulté le 14 janvier 2020).