Éditions Lug

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Éditions Lug

Création 1950
Disparition 1989
Personnages clés Marcel Navarro, Alban Vistel
Forme juridique Société anonyme
Siège social Drapeau de la France 6, rue Emile-Zola, Lyon Voir et modifier les données sur Wikidata (France)
Activité Comics
Produits Distribution de comics US et de créations originales
Société mère Groupe Tournon
Sociétés sœurs Semic, Carabas

Les éditions Lug est le nom d'une maison d'édition lyonnaise spécialisée dans la bande dessinée créée en 1950 par Marcel Navarro et Alban Vistel et rachetée en 1989 par l'éditeur scandinave Semic.

Son nom provient de Lugdunum, le nom gallo-romain de la ville de Lyon. Son siège est établi au 10, rue Bellecordière à Lyon, dans le même immeuble que deux autres maisons d'édition : Aventures et voyages et les Quatre points cardinaux. Après six années il est déplacé au 6, rue Émile Zola où il reste jusqu'à la fin en 1999.

Ce label se fait particulièrement connaître dans le domaine de la bande dessinée populaire avec la publication de nombreux « petits formats » tels que : Blek, Kiwi, Mustang, Nevada, Ombrax, Rodéo (avec Tex Willer), Yuma et Zembla. Au total, on décompte près de soixante-quinze titres.

À partir de 1969, l'éditeur se spécialise également dans le récit de super-héros et fait connaître en France les personnages de Marvel Comics avec des titres tels que Fantask, Marvel, Strange, Spécial Strange, Mustang (numéroté à partir du no 54 pour le différencier du petit format du même nom), Nova, Titans ou Spidey, ainsi que des albums reprenant ses personnages phare (Les Fantastiques, L'Araignée, Les X-Men).

Historique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Les éditions Lug trouvent leur origine dans l'immédiat après-guerre : Lyon et sa région deviennent alors l'un des principaux lieux de publication de journaux pour la jeunesse. La résistance ayant été très active à Lyon, de nombreux anciens résistants peuvent bénéficier d'aides à l'attribution de papier, et en profitent alors pour se lancer dans l'édition.

Après avoir travaillé comme scénariste pour Pierre Mouchot, Marcel Navarro devient l'associé de Bernadette Ratier et Alban Vistel au sein des éditions Aventures & Voyages (Mon journal). En 1950, Bernardette Ratier désire déménager à Paris et y installer le siège de la société ; Vistel et Navarro, qui souhaitent rester à Lyon, cèdent alors leurs parts d'Aventures et voyages et fondent les éditions Lug : Vistel s'occupe de la gestion tandis que Navarro en est le responsable artistique.

À ses débuts, la société réédite seulement de vieilles bandes dessinées françaises et italiennes. Mais rapidement, Navarro souhaite publier des séries originales. Il engage alors des studios français et italiens pour concevoir de nouvelles bandes dessinées. Leur première réalisation est un homme de la jungle appelé Zembla, nettement inspiré de Tarzan et destiné à concurrencer un autre tarzanide, Akim, paru chez Mon journal. D'ailleurs, Lug fait appel au créateur d'Akim, Augusto Pedrazza, pour créer son propre héros. Le succès est immédiat et, encouragées par cette réussite, les éditions Lug proposent de nombreuses séries originales, à travers une large gamme de genres : cowboys, super-héros, vengeurs, aventuriers, astronautes, magiciens... tout en continuant de publier diverses traductions de séries italiennes.

Expansion[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1960, les éditions Lug commencent à publier des traductions des titres de Marvel Comics. Arborant de superbes couvertures peintes de Jean Frisano ceux-ci se vendent très bien, et encouragent Navarro à lancer encore plus de ses propres titres. Cette période voit la création de Wampus (scénario : Francesco Frescura, dessin : Luciano Bernasconi), une série ayant pour héros un extraterrestre pouvant changer de forme envoyé sur Terre par une entité malfaisante dans le but d'affaiblir la planète pour faciliter sa conquête. Mais la série s’avère trop violente ; elle est interrompue par la censure, malgré des qualités évidentes qui en firent une série culte.

En , les éditions Lug publient le premier numéro de Fantask avec en vedettes le Surfer d'argent et les Quatre Fantastiques[1]. Cependant, la revue est rapidement retoquée par la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l'enfance et à l'adolescence (CSCPJ)[2] qui considère la publication comme « extrêmement nocive », contenant, selon elle, des récits « angoissants assortis de couleurs violentes ». La publication s’arrête en août 1969 au no 7[1].

Cependant, Lug n'abandonne pas l’univers des super-héros. Au début de l’année 1970, la maison d'édition publie les revues Strange et Marvel, au format poche et en bichromie, pour éviter les problèmes avec la censure[1]. Mais, à la demande des lecteurs, les récits sont finalement publiés au format comics et les planches sont colorisées à partir de Strange no 11 et Marvel no 7 ; elles sont également retouchées afin « d’y gommer la "violence" des combats pour éviter les foudres de la censure »[1]. Pourtant, Marvel passe deux fois devant la CSCPJ ; en mars 1971, celle-ci finit par interdire la vente de Marvel aux mineurs[1]. Lug prend alors la décision d’interrompre la publication au no 13. Strange passe à travers les mailles de la censure, et poursuit sa carrière qui durera 26 ans[1].

L'expansion des éditions Lug continue. Dans les années 1970, des héros atypiques sont introduits au sein de la revue Futura (ou en seconde partie d'autres publications de poche), comme Jaleb, un extra-terrestre télépathe qui — comme Superman — avait grandi sur Terre. Il y a aussi Homicron, un extra-terrestre ayant fusionné avec le corps d'un cosmonaute décédé, victime d'une crise cardiaque. Ou encore La Brigade Temporelle, un groupe qui s'efforçait de maintenir le cours de l'Histoire face à des voyageurs temporels ayant de bonnes ou de mauvaises intentions. Sibilla, une journaliste de magazine à sensation qui combat des menaces surnaturelles. Et Larry Cannon, un enquêteur d'une compagnie d'assurance essayant d'endiguer l'invasion de la Terre par un parasite extra-terrestre. Quelques héros plus conventionnels sont aussi édités. C'est aussi à cette période que L’Autre, une version adoucie de Wampus, est lancé.

C'est au début des années 1980 que la compagnie connaît ses plus belles années. Elle vend des licences de ses titres à des sociétés espagnoles et italiennes, qui rencontrent un grand succès. Un univers commun à différents titres commence à émerger. Si les différents héros ne s'y rencontrent jamais, on y croise fréquemment quelques références.

Déclin[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 1980, Alban Vistel tombe malade (il meurt en 1994). C'est le début de la fin pour les éditions Lug. En 1989, Navarro décide de prendre sa retraite, et toutes les propriétés de la société sont vendues à Semic, un éditeur suédois, dont le nom est une combinaison du mot suédois pour les bandes dessinées, serier, et le mot anglais pour la même chose, comic. Lug devient « Semic France ». Par la suite, les parts sont vendues au groupe Tournon, qui conserve le nom Semic (tout court).

En 1999, la rédaction quitte Lyon pour Paris, afin de se rapprocher des locaux de Tournon. En 2000, sous l'impulsion du nouveau rédacteur en chef Thierry Mornet, Semic fête les cinquante ans de Lug en relançant la création de bandes originales dans les parutions pockets, et en offrant à des dessinateurs franco-belges la possibilité de réaliser une couverture pour fêter l'événement.

En 2004, Thierry Mornet quitte la rédaction, suivi en 2005 d'une grande partie de son équipe, date à laquelle Semic perd la plupart de ses licences de BD américaines, au profit des éditions Delcourt ou de son concurrent direct, Panini. Désormais, Semic est un label éditorial des éditions Tournon.

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Les éditions Lug et les comics américains », Patrice F., sur le site bd-anciennes.com (consulté le 31 janvier 2017).
  2. http://www.justice.gouv.fr/justice-des-mineurs-10042/commission-cscpj-12129/

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]