Zalmoxis

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Zalmoxis (grec: Σάλμοξις) est une figure religieuse de l'antiquité thrace. Il apparaît la première fois chez Hérodote qui affirme qu'esclave affranchi de Pythagore, il est retourné dans son pays gète et a enseigné sa croyance à ses compatriotes et à leurs chefs.

Dans l'antiquité déjà, la figure de Zalmoxis est déjà très controversée, certains auteurs affirmant qu'il s'agit d'un prince ou d'un roi (Platon, Strabon, Jordanès) et d'autres que c'est un imposteur divinisé (Hérodote qui ajoute que son enseignement est « une tromperie »). Dans l'histoire moderne, Zalmoxis a été instrumentalisé par les protochronistes bulgares et roumains très influents dans ces pays, qui en ont fait une figure exemplaire d'idéologies politiques et religieuses qui renient l'histoire scientifique et interprètent l'archéologie pour formuler une pseudohistoire très nationaliste, combattue par les Académies de Bucarest et Sofia, mais enseignée dans les écoles. Dans ces débats ont été impliqués des historiens tels Petăr Dobrev, Nicolae Densuşianu, Mircea Eliade ou Vasile Pârvan.

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Porphyre proposait « dieu-ours » pour Zalmoxis, soit « dieu à peau d'ours », ce qui le relierait au chamanisme et au totémisme. Chez les Celtes (les Scordices voisins des Daces) l'ours représentait la royauté. On peut aussi noter la ressemblance de « Moxis » avec le sanskrit Moksha qui signifie « vie éternelle », par la libération du cycle de la vie et de la mort.

Religion[modifier | modifier le code]

Plusieurs auteurs[1] proposent de voir en Zalmoxis une figure chamanique, mais selon Mircea Eliade, la députation d'un messager au dieu Gabeleisos, qui avait lieu tous les quatre ans[2], ainsi que la « demeure souterraine » où Zalmoxis disparut et vécut trois ans pour reparaître ensuite afin de démontrer aux Gètes l'immortalité de l'homme, n'ont rien de chamanique. Zalmoxis enseignait aux participants à ses « banquets » (autrement dit à son culte à Mystères), que tous iraient en un lieu où ils survivraient toujours et jouiraient d'une complète félicité[3]. Il s'agit là d'une vie après la mort qui diffère profondément des conceptions grecques, puisque la tradition homérique dépeint un Hadès sombre et souterrain avec des morts transformés en ombres, et puisqu'Orphée et Pythagore proposent la transmigration des âmes.

La seule certitude, c'est que Zalmoxis a introduit parmi ses compatriotes un culte à mystères, d'inspiration pythagoricienne, qui a été volontiers adopté par les polistes et tarabostes (aristocrates) Daces et Thraces ; ce culte postulait l'existence d'un dieu suprême créateur et destructeur, Gabeleisos, et l'immortalité de l'âme, notamment celle des guerriers morts au combat et de quiconque sacrifiait sa vie pour ses semblables. Hérodote (Livre IV, 94) parle de sacrifices humains consentis par les victimes expiatoires, et de banquets festifs lors des obsèques : ces rituels dont on n'a trouvé aucune trace archéologique, ont été mis en scène dans le film « Les Guerriers » (Dacii ) réalisé par Sergiu Nicolaescu en 1967, qui a marqué toute une génération de Roumains et de Bulgares. Zalmoxis prêchait en outre, pour tous ses fidèles, l'interdiction de boire du vin en dehors des banquets initiatiques et, pour les polistes (prêtres-guerriers), de manger de la viande.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mircea Eliade,De Zalmoxis à Gengis-Khan. Étude comparative sur les religions et le folklore de la Dacie et de l'Europe Orientale, Paris, Payot, 1970.
  • Article de Jean Coman, « Zalmoxis », in Zalmoxis (revue dirigée par Mircea Eliade), n°2, 1939.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Karl Meuli, Jean Coman
  2. Histoires d'Hérodote, IV, 94
  3. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], IV, 95