Louis Gernet

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Louis Gernet, né en 1882 et mort en 1962, est un philologue, juriste et historien français[1], spécialiste de la Grèce antique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Admis à l’École normale supérieure de la rue d'Ulm en 1902[1], il est reçu à l'agrégation de grammaire en 1905[2] ; il suit également des cours de droit jusqu'au niveau de la licence. Boursier de la Fondation Thiers, il obtient en 1917 son doctorat ès lettres avec une thèse intitulée Recherches sur le développement de la pensée juridique et morale en Grèce.

Il mène longtemps une carrière universitaire modeste, enseignant le grec de l'Université d'Alger, où il est nommé en 1921[1], devenant par la suite doyen de la faculté des Lettres. Il acquiert une certaine notoriété par sa participation à la collection « Évolution de l'Humanité » en 1932.

En 1948, à 66 ans, il est appelé, aux côtés d'Henri Lévy-Bruhl, au séminaire de sociologie juridique de l'École pratique des hautes études (VIe section), pour enseigner l'anthropologie historique de la Grèce antique. De 1949 à 1961, il est également secrétaire général de la revue L'Année sociologique, à laquelle il collabore également sous la rubrique « sociologie juridique et morale ».

Pendant la guerre d'Algérie, il signe le Manifeste des 121.

L'helléniste novateur[modifier | modifier le code]

Comme l'écrit son disciple Jean-Pierre Vernant en 1962 : « Élève de Durkheim, ami de Mauss et de Granet, Louis Gernet est en France le premier à avoir abordé l’étude des civilisations anciennes dans une perspective sociologique ou, pour mieux dire, anthropologique. »

Cette orientation est illustrée par Vernant et par plusieurs autres historiens : Pierre Vidal-Naquet, Marcel Detienne, Nicole Loraux, etc.

Le Centre Louis Gernet (ANHIMA)[modifier | modifier le code]

En 1964, deux ans après la mort de Gernet, Jean-Pierre Vernant fonde le Centre Louis Gernet, rattaché à l'EPHE puis à l'EHESS, consacré aux recherches comparées sur les sociétés anciennes (en 2009, UMR 8567 du CNRS), dont il est le premier directeur, suivi de Pierre Vidal-Naquet, de François de Polignac (2006-2009)[3].

En 2010, le Centre Louis Gernet fusionne avec le Centre Gustave Glotz (Mondes hellénistiques et romain) et avec Phéacie (Pratiques culturelles dans les sociétés grecque et romaine) pour former l’ANHIMA (Anthropologie et histoire des mondes antiques, UMR 8210 du CNRS) [4].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Recherches sur le développement de la pensée juridique en Grèce ancienne, thèse principale pour le doctorat ès lettres, Université de Paris, Paris, Leroux, 1917 (réédition : Albin Michel, 2001).
  • Platon : Lois, livre IX : traduction et commentaire, thèse complémentaire pour le doctorat ès lettres, Université de Paris, Paris, Leroux, 1917.
  • en collaboration avec André Boulanger, Le Génie grec dans la religion, Albin Michel, coll. « Évolution de l'Humanité », 1932 (réédition : Albin Michel, 1969).
  • Droit et société dans la Grèce ancienne, Publications de l'Institut de droit romain de l'Université de Paris, t. XIII, 1955.
  • Anthropologie de la Grèce antique, Paris, Maspero, 1968.
  • Les Grecs sans miracle (textes réunis et présentés par Riccardo Di Donato, préface de Jean-Pierre Vernant), Paris, La Découverte/Maspero, 1983.
Traductions

Il a traduit et commenté pour la Collection des universités de France (CUF) :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Davy, Hommage à Louis Gernet rendu au Collège de France, Paris, 1966
  • Riccardo Di Donato, « L’anthropologie historique de Louis Gernet », Annales. Économies, sociétés, civilisations, septembre-décembre 1982, p. 984-996.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean-Pierre Vernant, « Louis Gernet », Archives des sciences sociales des religions, no 13,‎ 1962, p. 3-4. (lire en ligne).
  2. André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1950 », sur Ressources numériques en histoire de l'éducation (consulté le 19 juin 2014).
  3. Liste non exhaustive.
  4. Cf. site de l'ANHIMA

Liens externes[modifier | modifier le code]