Astures

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Les peuples de la péninsule ibérique vers 200 av. J.-C.

Les Astures étaient un peuple celtibère, établi en Hispanie.

Ils montaient à cheval, élevaient du bétail et vivaient dans des huttes circulaires aux murs en pierre sèche[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'historiographe espagnol Gil González de Ávila prétend que l'un des écuyers de Memnon, venant d'Orient, portait le nom d'Astyr ou Astur. De ce nom proviendrait Asturica Augusta, le nom antique de la cité romaine qui précéda la ville d'Astorga en Castille et aussi le nom du peuple des Astures[2].

Localisation[modifier | modifier le code]

Conventus Asturum, province romaine.

Les Astures furent les premiers occupants indo-européens du nord-ouest de l'Hispanie.

Situés entre les Callaeci et les Cantabres, ils occupaient les territoires espagnols actuels des Asturies (dont le nom vient de ce peuple), du nord de la province de León (ex Royaume de León, de l'ouest de la province de Lugo, de la province d'Ourense, du nord de la province de Zamora, ainsi que l'extrême nord-est du territoire portugais actuels de la région de Trás-os-Montes.

Ils peuplaient notamment les villes que les Romains nommaient : Lancia (Villasabariego, León), Asturica (Astorga, León), Mons Medullius (Las Medulas, León ?), Bergidum (Cacabelos, près de Villafranca del Bierzo, León), Bedunia (es) (Castro de Cebrones, León), Aliga (Alixa, León), Curunda (Castro de Avelãs, Trás-os-Montes), Lucus Asturum (Lugo de Llanera (es), Asturies), Brigaetium (Benavente, Zamora) et Nemetobriga (Puebla de Trives, Ourense), qui étaient aussi des centres religieux.

Leur territoire constituait approximativement ce que les Romains ont appelé le Conventus Asturum dont le chef-lieu Asturica Augusta est devenue l'actuelle Astorga. Ce territoire était inclus dans la province d'Hispania Citerior (Hispanie citérieure), devenue ensuite Hispania (Citerior) Tarraconensis (Tarraconaise).

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Astures sont un peuple celtibère qui assimila progressivement les populations autochtones.

Ils furent le dernier peuple soumis par les Romains. Leur nom fut utilisé pour la fondation du royaume des Asturies.

Au Moyen Âge, ils se révoltèrent fréquemment contre les rois wisigoths d'Hispanie. Ils subirent également la conquête musulmane.

Origines[modifier | modifier le code]

Expansion des peuples celtes :
H : site de Hallstatt
I : péninsule Ibérique
1 - Extension au début de l'Âge du fer
2 - Extension vers le IVe siècle av. J.-C.

Les Astures pourraient faire partie de l'expansion d'un peuple de la Civilisation de Hallstatt venu de Bavière et de Bohême, après avoir traversé la Gaule et les Pyrénées[1]. Au VIe siècle av. J.-C., après avoir assimilé les tribus indigènes, ils occupent des castros (collines fortifiées) tels que ceux de Coaña et Mohías (es), près de Navia, sur les côtes sud-est de la Baie de Biscaye[1].

Selon les brèves remarques de l'historien Florus, s'inspirant de Tite-Live, et celles d'Orosius, les Astures étaient divisés en deux factions, suivant les séparations naturelles du karst montagneux des Picos de Europa. Les Transmontani (au delà des montagnes) étaient installés au nord, dans l'actuelle Asturies, entre la mer et les sommets ; les Cismontani (en deçà des montagnes) étaient établis au sud, dans l'actuelle province de León.

Les Transmontani, installés entre la rivière Navia (es) et le massif central des Picos de Europa, comprenaient les tribus suivantes : Cabarci (Cabarques (ast)), Iburri (Iburres (ast)), Luggones (Luggones (es)), Paesici (Pésiques (es)), Penios (Pènes (ast)), Selini (Sélines (es)), Vincianos, Viromenicos, Brigaentini (Brigaecines (ast)) et Baedunenses (Béduniens (ast)).

Les Cismontani incluaient les tribus : Amacos (Amaques (ast)), Lancienses (Lancienses (ast)), Lougei (Louges (ast)), Tiburi (Tibures (es)), Orniacos (Orniaques (ast)), Supertii (Supérates (es)), Gigurri (Gigurres (es)), Zoelae (Zoeles (es)) et Susarri (Susarres (es)). Avant la conquête romaine à la fin Ier siècle av. J.-C., ces tribus étaient réunies dans une fédération dont la capitale était la citadelle de Asturica, à l'emplacement de l'actuelle Astorga.

Une douzaine de ces tribus sont également citées par Pline l'Ancien (Nat. Hist. 3, 28) ou Ptolémée (Ptol. ll, 6, 37).

Composition génétique[modifier | modifier le code]

Composition génétique du nord-ouest de la péninsule Ibérique (cliquez sur la carte pour visualiser les résultats).

Plusieurs études génétiques sur les populations du nord-ouest de la péninsule ibérique ont été publiées à ce jour. Les deux plus récentes concernent le lignage paternel direct (chromosome Y) dans la région des Asturies et de Miranda do Douro (Miranda de l Douro en langue Mirandesa). Elles mettent en évidence de grandes différences génétiques parmi ces populations, mais aussi quelques similitudes. En particulier, elles font apparaître de fortes ressemblances génétiques parmi les Pasiegos et les Asturiens de l'est, ainsi que parmi les Asturiens du nord (Xixón et Avilés)[réf. nécessaire].

Tandis que l'haplogroupe R1b, trouvé chez les fermiers du néolithique tardif, semble constituer le lien commun entre toutes les populations ibériques du nord-ouest, il existe des différences significatives entre certaines de ces populations :

  • l'haplogroupe I est fréquent sur la côte ouest de la Galice ;
  • l'haplogroupe J est fréquent dans le nord de la Galice ;
  • l'haplogroupe E est fréquent dans les Asturies occidentales ;
  • l'haplogroupe F3/G est fréquent au nord des Asturies ;
  • l'haplogroupe R1a est fréquent dans l'est des Asturies et chez les Pasiegos ;
  • l'haplogroupe T est fréquent chez les asturléonais de Miranda de l Douro et constitue le second plus important lignage de l'échantillon ;
  • l'haplogroupe Q se rencontre chez tous les échantillons du sud des Asturies.

Sur l'ensemble des échantillons testés, les haplogroupes les plus fréquents, après « R1b », sont « T » et « J » avec une fréquence d'apparition de 10,3 % chacun. Bien que ces haplogroupes sont communément disséminés dans l'ensemble de l'Europe, y compris dans la péninsule ibérique où ils peuvent atteindre 3 % et 9 % respectivement (Adams et al., 2008), ces fréquences de 10,3 % sont considérables dans le contexte européen, notamment pour le « T ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Astures » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource) : Mot d'origine celte, As-Stur: qui veut dire "peuple des Rivières".

  1. a, b et c (en) Harry Mountain, « The Celtic Encyclopedia », vol. 1, uPublish.com,‎ 1997 (ISBN 1-58112-890-8, lire en ligne), p. 130, 131
  2. (es)Rodríguez Díez, Matías (1981). « Historia de Astorga ». I. León: Celarayn. p. 3-5. ISBN 84-85378-26-1.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]