Université Gallaudet

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Université Gallaudet
Devise « Ephphatha » (grec : « Sois ouvert »)
Nom original Gallaudet University
Informations
Fondation 1864
Type Université privée
Régime linguistique anglais
Dotation 146 millions de $
Localisation
Coordonnées 38° 54′ 26″ N 76° 59′ 35″ O / 38.907222, -76.993056 ()38° 54′ 26″ Nord 76° 59′ 35″ Ouest / 38.907222, -76.993056 ()  
Ville Washington
Pays États-Unis
Campus urbain
Direction
Président Alan Hurwitz
Chiffres clés
Personnel 293
Troisième cycle 466
Undergraduates 1 274
Postgraduates 12 634
Divers
Site web www.gallaudet.edu/

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
Université Gallaudet

L'université Gallaudet est une université semi-publique[1], fondée en 1864, destinée aux sourds et malentendants, située à Washington. Elle fut la première institution d'enseignement supérieur destinée aux sourds, et est toujours la seule université au monde dans laquelle tous les programmes et services sont spécifiquement conçus pour les sourds et malentendants. L'université doit son nom à Thomas Hopkins Gallaudet, une personnalité marquante de l'éducation destinée aux sourds. L'enseignement de l'université est bilingue, langue des signes américaine et anglais. Bien qu'il n'y ait pas d'exigence spécifique en termes de langue des signes à l'entrée de l'université, beaucoup de programmes d'enseignement de troisième cycle demandent des compétences en langue des signes.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1856, Amos Kendall, philanthrope et Postmaster General des États-Unis, (chef de l'United States Postal Service), prend conscience du manque de soin apporté aux enfants sourds et aveugles de Washington. À la demande de Kendall, la justice place ces enfants sous la tutelle du philanthrope, qui leur consacre un hectare de sa propriété pour l'établissement de logements et d'une école.

En 1857, le 34e Congrès des États-Unis vote l'accréditation de l'école fondée par Kendall, qui devient la Columbia Institution for the Instruction of the Deaf and Dumb and the Blind (Établissement de Columbia pour l'instruction des sourds, muets et aveugles) et lui apporte un soutien financier pour la scolarisation des enfants nécessiteux sourds, muets ou aveugles du District de Columbia.

En 1864, le 38e Congrès arroge à l'école le droit d'accorder et de certifier des diplômes universitaires.

En 1865, le 38e Congrès retire à l'école la prescription de l'enseignement des aveugles, et la renomme Columbia Institution of the Deaf and Dumb (Établissement de Columbia pour les sourds et muets).

En 1954, le Congrès amende la charte de l'établissement et transforme le nom en Gallaudet College, de manière à ce qu'il corresponde au nom officiel du département collégial utilisé depuis 1864.

En 1986, le Congrès amende encore la charte de l'établissement, qui devient le Gallaudet University (université Gallaudet).

En septembre 2000, Eric Plunkett Freshman (étudiant en première année) est assassiné dans le Cogswell Hall (plus tard appelé Ballard North). En février 2001, Benjamin Varner, Freshman lui aussi est assassiné dans le Krug Hall (plus tard appelé Ballard West). Joseph Mesa, un autre étudiant de première année, est reconnu coupable des deux homicides en 2001.

Controverse[modifier | modifier le code]

Deaf President Now[modifier | modifier le code]

La grève des étudiants de Gallaudet, qui commença le 6 mars 1988, modifia profondément la perception et l'enseignement de la « culture sourde. » Les étudiants sourds étaient indignés par la nomination d'une nouvelle présidente non sourde, Elizabeth Zinser, à la suite d'une longue lignée d'autres présidents non sourds. Les anciens élèves, le corps enseignant, le personnel, et les élèves réclamèrent que, lors de la prochaine nomination du président d'université, celui-ci soit sourd. Au bout d'une semaine de protestation et d'action, Zinser démissionna et fut remplacée par I. King Jordan. Ce mouvement devint connu sous le nom de "Deaf President Now" (DPN).

L'unité du mouvement Gallaudet[modifier | modifier le code]

En septembre 2005, Jordan annonce son départ à la retraite. Le 1er mai 2006, le conseil d'administration de l'université annonce que Jane Fernandes, actuelle doyenne de l'université, sera la prochaine présidente de l'université. Cette décision provoque une vague de protestation parmi les étudiants, tant en personne, sur le campus, que sur internet, dans les blogs et forums.

Au départ, les étudiants protestent contre le manque de diversité raciale parmi les finalistes, contre le manque de chaleur de Fernandes, et ses faiblesses dans le langage des signes américain.

Jordan dénonça publiquement les critiques, qui selon lui, rejettent le docteur Fernandes parce qu'elle n'est pas assez sourde. Il décrit le mouvement de contestation comme du communautarisme identitaire, en disant, « nous nous chamaillons sur ce que veut dire "être sourd". »

Le Washington Post signale que Fernandes « voudrait voir l'établissement accueillir plus de personnes qui n'ont pas grandi en utilisant le langage des signes », déclarant que Gallaudet doit comprendre toutes les sortes de surdité. Ses opposants craignent un « affaiblissement du langage des signes américains, dans un établissement qui devrait être son porte-drapeau. »

Selon les protestataires, Fernandes déforme leurs arguments. Ils rappellent alors que la contestation est fondée sur l'inaptitude de Fernandes à diriger, un processus de sélection inégal, et des problèmes de longue date au sein de l'école.

Au printemps 2006, les étudiant bloquent les entrées du campus Gallaudet, tiennent des rassemblements, et installent des tentes à proximité de l'entrée principale de l'université. Fernandes, désignée comme présidente, soutient qu'elle ne se désisterait pas. Le 8 mai, le corps enseignant refuse d'accorder sa confiance au docteur Fernandes lors d'un vote.

Quand, à l'automne 2006, l'année académique reprend, quelques étudiants, le corps enseignant, le staff et les anciens élèves continuent de protester, appelant Fernandes à démissionner et à recommencer le processus de désignation d'un président. Le 11 octobre, un groupe d'étudiant ferme le campus en signe de protestation. Le 16 octobre, lors d'une réunion régulière, les membres du corps enseignant votent à 138 contre 24 pour empêcher le docteur Fernandes d'accéder à la fonction de président de l'université de Gallaudet.

Fernandes déclare : « je ne comprends vraiment pas, donc, cela ne doit pas venir de moi... Je pense que c'est une question d'évolution, de changement, et de croissance de la communauté sourde. »

Le 29 octobre, l'université retire sa nomination de Fernandes. À travers le Washington Post, Jordan défend les conclusions de Fernandes, et dénonce la décision du conseil, ainsi que les actions des protestataires. « Je suis convaincu que le conseil a fait une grave erreur, en accédant aux exigences des protestataires, et en mettant fin à la présidence de Fernandes avant que celle-ci ne commence. »

Le 10 décembre 2006, le conseil d'administration annonce que Robert Davila sera le président par intérim, pour un maximum de deux ans. Il prend officiellement sa charge le 9 mai 2007, pendant une cérémonie durant laquelle la déléguée du Congrès du district de Columbia, Eleanor Holmes Norton, expose, dans un discours, de manière positive les protestations de 2006. Robert Davila démissionne le 31 décembre 2009.

Le 18 octobre 2009, le conseil d'administration annonce que le dixième président de Gallaudet sera le docteur T. Alan Hurwitz. Sa titularisation prend effet le 1er janvier 2010.

Accréditation[modifier | modifier le code]

Le 29 juin 2007, à la suite de la controverse à propos de la présidence de l'université, Gallaudet est placée sous probation par son organisation accréditrice, la Commission sur l'éducation supérieure de l'association des universités et écoles des Middle states (en: Middle States Association of Colleges and Schools).

Le Washington Post rapporte que la commission des Middles States (MSC) s'inquiète des carences au niveau de la direction, de la rigueur académique, la student retention, et leur intégrité, problèmes qui doivent être résolus pour que l'école garde son accréditation. Le journal note aussi que, en 2006, le bureau de gestion et du budget a rapporté que « Gallaudet manque à ses buts, ou a montré des signes de déclin dans des secteurs clés, y compris le nombre d'étudiants qui restent à l'école, sont diplômés, poursuivent des études de troisième cycle ou trouvent un emploi correspondant à leur diplôme. » Selon l'article, si l'école perd son accréditation, les étudiants ne pourraient plus recevoir de prêts fédéraux, et pourraient ne plus pouvoir faire valider et correspondre leurs acquis dans d'autres universités. L'école quant à elle, pourrait perdre les subventions fédérales qui s'élèvent à 108 millions par an. En janvier 2007, l'ancien président Jordan plus un éditorial à ce sujet dans le Washington Post. La MSC confirme l'accréditation de Gallaudet le 27 juin 2008.

L'implication de l'État fédéral[modifier | modifier le code]

L'université reconnaît qu'elle est une « entreprise créée par le Congrès pour servir des intérêts gouvernementaux. » L'université et le ministère de l'Éducation s'accordent sur le fait que Gallaudet a une structure mise en place par le gouvernement fédéral, qui lui donne le statut d'« établissement privé, agréé par le gouvernement fédéral, à but non lucratif. »

  • Le Congrès intègre l'institution de Columbia en 1857, modifie sa Charte de manière significative en 1954, et autorise l'affectation d'un budget permanent de l'établissement par le Congrès. en 1986, le Congrès vote l'«education of the Deaf Act», et l'amende en 1992. Ces lois, votées par le congrès, font partie des "règles suprêmes de l'université Gallaudet".
  • Gallaudet doit obtenir une autorisation du ministre de l'Éducation pour pouvoir vendre ou transférer n'importe lequel de ses biens immobiliers.
  • Les diplômes de tous les diplômés de Gallaudet sont signés par le président des États-Unis en exercice.
  • Trois membres du congrès sont nommés au conseil d'administration de l'université, en tant que représentants du peuple.
  • Gallaudet reçoit la majorité de ses revenus sous la forme de crédits annuels de la part du Congrès. Le ministère de l'Éducation supervise les crédits accordés à l'université par le gouvernement fédéral.
  • L'université Gallaudet (et le National Technical Institute for the Deaf) sont autorisés à faire des acquisitions grâce au General Services Administration.

Le 55e rapport annuel de Gallaudet comprend une annexe, qui inclut les textes de 99 lois fédérales, liées à Gallaudet, Columbia, qui ont été votées entre 1857 et 1912.

Personnalités connus[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Gallaudet College - Hearing House of Representatives

Articles connexes[modifier | modifier le code]