Tungurahua

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le volcan. Pour la province du même nom, voir Tungurahua (province).
Tungurahua
Vue du Tungurahua depuis le nord en 2004.
Vue du Tungurahua depuis le nord en 2004.
Géographie
Altitude 5 023 m
Massif Cordillère Orientale (Andes)
Coordonnées 1° 28′ 12″ S 78° 26′ 41″ O / -1.47, -78.4447 ()1° 28′ 12″ Sud 78° 26′ 41″ Ouest / -1.47, -78.4447 ()  
Administration
Pays Drapeau de l'Équateur Équateur
Provinces Chimborazo, Tungurahua
Ascension
Première 1873 par Alphons Stübel, Wilhelm Reiss, Eusebio Rodriguez et José Reyes
Géologie
Âge Holocène
Type Volcan gris
Activité En éruption
Dernière éruption depuis le 22 novembre 2010
Code 1502-08=
Observatoire Instituto Geofísico

Géolocalisation sur la carte : Équateur

(Voir situation sur carte : Équateur)
Tungurahua

Le Tungurahua (probablement issu du quechua tunguru, « gorge », et rahua, « brûler ») est un stratovolcan équatorien en activité de 5 023 mètres d'altitude, situé à cheval entre les provinces de Chimborazo et Tungurahua. En éruption depuis le 5 octobre 1999, son activité éruptive a repris le 28 mai 2010 et connaît à partir du 26 avril 2011 une nouvelle phase explosive.

Toponymie et culture[modifier | modifier le code]

Volcan Tungurahua, à l'aube.

Le nom Tungurahua est probablement issu du quechua tunguru, « gorge », et rahua, « brûler »[1]. Les indigènes de la Sierra la surnomme Mama Tungurahua qui signifie la « mère Tungurahua » en opposition avec le père qui est considéré comme étant le Chimborazo (Taita Chimborazo) dans la culture quechua. Le volcan porte aussi d'autres surnoms tels que le « géant noir », le « colosse » du fait de sa taille imposante et de ses coulées de lave noire.

Selon la culture indigène[2],[3], le Taita Chimborazo et le Cotopaxi étaient des prétendants de la « belle » Tungurahua. Le Cotopaxi attaquait verbalement (nombreuses eruptions) le Chimborazo qui s'est mis en colère. Le Chimborazo remporte le duel, et le cœur de la belle. Ils eurent ensemble le Guagua Pichincha (Guagua signifie « bébé » en quechua). Le bébé Pichincha, héritant de la puissance de son père, démontra sa force en pleurant et provoqua l'ire de sa mère qui s'est mise en colère. Elle est depuis devenue une furie incontrôlable, mais elle forme son bébé à contrôler les sources de puissance.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte indiquant la position du Tungurahua et d'autres volcans en Équateur

Le Tungurahua (5 023 m) est situé dans la chaîne centrale (cordillère Royale) des Andes en Équateur, 140 km au sud de la capitale Quito. Parmi les autres montagnes aux alentours figurent le Chimborazo (6 267 m) et l'Altar (5 319 m). Il s'élève au-dessus de la ville thermale de Baños (1 800 m), 7 km au nord ; les autres villes les plus proches sont Ambato (30 km au nord-ouest) et Riobamba (30 km au sud-ouest). Le Tungurahua fait partie du parc national Sangay.

Avec ses 5 023 m, le Tungurahua dépasse l'altitude des neiges éternelles (4 900 m à cette latitude). Son sommet est donc recouvert de neige ; il possédait un petit glacier qui a beaucoup souffert de l'augmentation de l'activité volcanique depuis 1999.

Histoire[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Image satellite (Google Earth) en fausses couleurs du Tungurahua (au centre droit, un panache de cendres s'en échappant) et du Chimborazo (au centre gauche)

L'édifice volcanique actuel (Tungurahua III) est construit à l'intérieur de la caldeira de son prédécesseur (Tungurahua II) qui s'est effondrée il y a environ 3 000 ans. L'édifice original (Tungurahua I) s'est effondré à la fin du Pléistocène[4].

Éruptions historiques[modifier | modifier le code]

Toutes les éruptions documentées du Tungurahua se sont produites dans le cratère sommital et ont été accompagnées de fortes explosions, de nuées ardentes et parfois d'écoulement de lave. Au cours des 1 300 dernières années, le Tungurahua est entré en activité en moyenne tous les 80 à 100 ans, les périodes historiques d'activité majeures ayant été celles de 1640, 1773, 1886 et 1916-1918, en plus de l'éruption actuelle encore en cours[5]. Des peintures des miracles liés aux périodes éruptives du volcan depuis 1640 sont exposées dans la basilique de Baños[6].

Éruptions récentes[modifier | modifier le code]

Vue du panache de cendres du Tungurahua depuis le refuge inférieur (2003)
Vue nocturne de l'activité strombolienne du Tungurahua le 29 avril 2011.

Depuis 1999, le Tungurahua est entré dans une phase active. Après les premières éruptions en octobre 1999 qui produisirent d'intenses retombées de cendres et conduisirent à l'évacuation de plus de 25 000 habitants de Baños et des environs, l'activité s'est poursuivie à un niveau variable, en alternant des phases de calme avec des phases d'activité strombolienne à vulcanienne. Les principales conséquences de cette activité ont été des retombées de cendres principalement vers l'ouest du volcan suivant les vents dominants, et la remobilisation de ces dépôts non consolidés lors des pluies sous la forme de coulées de débris (lahars). Les retombées de cendres ont périodiquement gêné les activités agropastorales de la région et les coulées de débris ont complètement détruit tous les ponts de la route Baños-Penipe (permettant de relier l'Oriente à Riobamba) sur le flanc ouest du volcan.

À partir de mai 2006, l'activité du Tungurahua s'est considérablement accrue pour culminer par deux violentes éruptions le 14 juillet et les 16-17 août, toutes deux caractérisées par l'émission des premières coulées pyroclastiques (nuées ardentes) depuis 1999 (alors qu'historiquement, ce sont des manifestations connues du Tungurahua). L'éruption des 16-17 août fut la plus violente depuis la reprise de l'activité en 1999 et s'est accompagnée d'un panache de cendres de 10 km de haut, qui s'est ensuite étalé sur près de 740 km de long sur 180 km de large[7], activité accompagnée par l'émission de nuées ardentes qui ont causé la mort de 5 personnes et la destruction de plusieurs hameaux et de routes sur les flancs ouest et nord-ouest du volcan.

Le 14 janvier 2008, l'activité éruptive est toujours intense, et la sismicité continue d'augmenter au Tungurahua. Le dernier rapport de l'Institut de Géophysique indique que d'importantes chutes de cendres ont affecté hier les villages de Choglontus et Manzano, et des chutes plus modérées ont affecté tous les autres versants (Pelileo, Runtun). Les enregistrements sismiques ont permis de compter 228 explosions dans la seule journée d'hier, et certaines d'entre elles font vibrer les vitres dans les villages alentour[8].

L'activité éruptive est faible pendant plusieurs mois, jusqu'en janvier 2010 où un regain d'activité est remarqué, avec des projections importantes de laves et de cendres[9].

Le 28 mai 2010, le volcan entre en éruption avec une grande explosion projetant de la lave ainsi que de la cendre qui dépasse les dix à douze kilomètres d'altitude[10]. Après une première reprise d'activité avec d'importantes projections de lave et cendre, l'activité se poursuit avec de fortes et très nombreuses explosions (400 détonations recensées le 31 mai)[11]. Les projections de lave reprennent le 31 mai 2010, et l'activité volcanique qui est de niveau élevée continuerait à augmenter selon l'Institut de géophysique (IG) de l'école polytechnique nationale[12]. Plusieurs villages sont évacués, dans un premier temps les villageois puis les troupeaux, et l'activité à Baños, principalement dépendante du tourisme, a fortement diminué[13]. Après quelques mois de baisse d'intensité, l'activité volcanique génère une nouvelle alerte début décembre 2010[14].

La crise sismique et les déformations initiées observablement depuis février 2011 sur la portion nord-ouest de l'édifice s'accélèrent mi-avril. Le 21 avril 2011, une première explosion provoque des retombées de cendres sur tout le pourtour ouest de l'édifice, jusqu'à un peu moins de 10 km, et notamment sur la ville de Baños, à 8 km au nord. Un périmètre de sécurité de 3 km est installé, alors que l'éruption se développe en mode strombolien la nuit du 21 et le 22 avril 2011. Le 26 avril 2011, une séquence de six explosions majeures produit un panache de cendres qui atteint 12 km d'altitude, avec des retombées importantes dans le secteur nord à nord-ouest[15]. Le 29 avril 2011, des explosions propulsent des blocs plurimétriques jusqu'à plus de 2 km en distance horizontale. Les retombées pyroclastiques sont importantes, qui chargent les bâtiments sous le panache éruptif, et les écoles de la région sont maintenues fermées pour un 3e jour[16]. Le 2 mai 2011, le trémor actif depuis plus d'une semaine persiste continûment alors que l'activité strombolienne au cratère semble marquer une légère diminution, sans explosion majeure, en contraste des deux-trois événements quotidiens sur les jours précédents. La production de cendres reste malgré tout importante, avec une puissance bouffée dans la matinée, atteignant l'altitude de 4 km. La crainte de lahars devient un souci majeur de protection des populations et des constructions en aval des pentes de l'édifice[17]. L'activité volcanique est relativement continue en 2012 et 2013, avec plusieurs évacuations de populations locales, notamment en août 2012[18], décembre 2012[19], juillet 2013[20], ainsi qu'en février 2014[21].

Ascension[modifier | modifier le code]

Le refugio Nicolás Martínez, à 3 800 m d'altitude, en 1998

L'ascension du Tungurahua est peu difficile, avec un peu de neige au sommet[22]. Les meilleures saisons sont de décembre à janvier et de juillet à août. En période d'activité du volcan, il est fortement déconseillé d'entreprendre l'ascension du Tungurahua. Même l'accès aux refuges est peu recommandé, sachant que le toit de ceux-ci a été, à plusieurs reprises, perforé par des bombes volcaniques, et les cratères d'impacts sont nombreux autour des refuges.

La route d'ascension classique débute au refuge situé à 3 800 m d'altitude, grimpe vers la crête du cratère, se poursuit à l'intérieur de la crête du cratère est et se termine par une marche sur un petit glacier entre le sommet de la crête et le sommet du volcan (4 à 6 heures). Une route alternative consiste à atteindre le sommet à partir du sud, via un campement à la laguna Patococha (3 730 m) et la Cima Minza (4 800 m).

Deux refuges desservent la route principale, le refuge Nicolás Martínez (3 800 m) et un refuge plus récent situé un peu plus bas[23]. Les refuges peuvent être atteints en 3 heures à partir de l'entrée du parc national de Sangay (2 800 m), juste au-dessus de Pondoa.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) In the shadow of the Tungurahua volcano, pour BBC News, le 7 septembre 2006
  2. (es) Cuando el Guagua llora la Mama contesta
  3. Il existe plusieurs variantes de ce récit
  4. [1]
  5. [2]
  6. (en) Life in the Shadow of a Volcano
  7. [3]
  8. I.G. d'Équateur
  9. (es) Las erupciones volcánicas de enero del 2010, éditorial du 6 février 2010 du El Heraldo
  10. Équateur: éruption du volcan Tungurahua, évacuations et aéroport fermé, AFP
  11. (es) 400 explosiones volcánicas en un día, publié le 1er juin 2010 pour El Comercio
  12. (es) El volcán aumenta su actividad publié le 31 mai 2010 par "Los Andes"
  13. (es) Las actividades decaen en Baños por el volcán Tungurahua paru le 6 juin 2010 dans El Comercio
  14. « Équateur: alerte autour d'un volcan », Agence France-Presse, publié par Le Figaro le 4 décembre 2010
  15. (en) Tungurahua activity report, 20 April-26 April 2011 -- GVP rapport d'activité hebdomadaire pour le Tungurahua, auprès du GVP (Global Volcanism Program).
  16. Activité du Tungurahua -- Bulletin info-LAVE, communiqué du samedi 30 avril 2011.
  17. (es) Informes, rapports d'activité quotidiens de l'Institut de Géophysique à Quito, chargé de la surveillance des volcans équatoriens.
  18. « 110 families evacuated in Ecuador eruption »,‎ 21 août 2012
  19. « Ecuador’s Tungurahua volcano prompts evacuations »,‎ 17 décembre 2012
  20. « World Tungurahua Volcano Explosion Prompts Evacuation in Ecuador »,‎ 17 juillet 2013
  21. « Etat d'alerte déclaré autour du volcan Tungurahua en Equateur »,‎ 3 février 2014
  22. À cause de l'activité volcanique actuelle, depuis 1999, l'ascension est déconseillée.
  23. À cause de l'activité volcanique récente (éruptions majeures en juillet et août 2006), les refuges sont probablement endommagés, voire détruits.