Traque furtive

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La traque furtive ou stalking (de l'anglais to stalk : « traquer ») est une forme de harcèlement névrotique[Où ?]. Le stalking est un terme communément utilisé pour faire référence à une attention obsessive et non désirée accordée à un individu ou à un groupe de personnes. Le stalking est un comportement en relation avec le harcèlement et l’intimidation et peut inclure le fait de suivre ou surveiller des victimes. Le mot stalking est utilisé, avec différents sens, dans le domaine de la psychologie et de la psychiatrie et aussi dans certaines juridictions comme étant une infraction criminelle. Selon une enquête faite en 2012 par le National Center for Victims of Crime, « Le contact virtuel et non désiré, entre deux personnes, qui menace directement ou indirectement ou qui place dans une situation de peur une personne, peut être considéré comme du stalking », cependant en pratique, le standard légal est plus strict.


Définition et caractérisation[modifier | modifier le code]

Celui qui exerce ce harcèlement est un stalker. Il suit avec une attention maladive les faits et gestes d'une personne, souvent dans l'entourage proche (compagnon actuel ou ancien, collègue de travail, voisin, etc.). À l'origine, le phénomène a été décrit surtout concernant des célébrités qui étaient harcelées, mais il touche tout le monde[1].

Dans certains États américains, il existe des lois contre le stalking, comme depuis 1990 en Californie.

D’après la définition du clinicien américain John Reid Meloy, trois éléments permettent de définir le stalking[2] :

  • Intrusion vis-à-vis d’autrui contre sa volonté
  • Menace implicite ou explicite manifestée dans le comportement de l’agresseur
  • Dont la conséquence est un sentiment de peur chez la victime

Le code pénal de Californie définit le stalking[3] : « Any person who willfully, maliciously, and repeatedly follows or willfully and maliciously harasses another person and who makes a credible threat with the intent to place that person in reasonable fear for his or her safety, or the safety of his or her immediate family is guilty of the crime of stalking. »

Le terme a été utilisé en premier par les médias au XXe siècle pour définir les personnes qui harcèlent d’autres personnes, tout d’abord pour faire spécifiquement référence aux célébrités qui se disaient être la cible d’inconnus « obsédés ». Cette utilisation de ce mot apparait être très utilisée par la presse et les tabloïds aux États-Unis. Pathé et Mullen décrivent le stalking comme étant « une multitude de comportements infligeant un contact individuel non souhaité envers d’autres». Le stalking peut être défini comme les suivis volontaires et répété. De même, le stalking est illégal dans la plupart des zones dans le monde, quelques actions pouvant contribuer au stalking peuvent être légales, comme par exemple la collecte d'informations, appeler quelqu'un au téléphone, envoyer des cadeaux, des courriers électroniques ou laisser des messages sur la messagerie instantanée. Elles deviennent illégales si elles correspondent à la définition légale du harcèlement. Par exemple, une action telle que l'envoi d'un message n'est généralement pas illégal, mais c'est illégal quand cette action est répétée fréquemment à un bénéficiaire réticent. Au Royaume-Uni, la loi prévoit que l'action n'a seulement qu'à se produire deux fois pour que le comportement du stalker soit inacceptable, par exemple deux appels téléphoniques à un étranger, deux cadeaux envoyés à une victime, etc...

Psychologies et Comportements[modifier | modifier le code]

Les personnes caractérisées comme des stalkers peuvent être accusées de croire qu'une autre personne les aime (érotomanie). Le stalking peut parfois consister en une accumulation d'une série d'actions qui en elles-mêmes peuvent être légales, telles que l'appel téléphonique, l’envoi de cadeaux ou d’emails. Au Royaume-Uni, des recherches du gouvernement démontrent que, malgré les rapports des médias et de la recherche d'intérêts, la loi de la protection contre le harcèlement de 1997 « est rarement utilisée pour le stalking, seulement dans une petite minorité de cas où un tel comportement est décrit ». Les stalkers peuvent utiliser les menaces et la violence pour effrayer leurs victimes. Ils peuvent également avoir recours à des actes de vandalisme et des dommages matériels ou des attaques physiques qui sont pour la plupart destinées à effrayer. Les agressions sexuelles sont néanmoins plus rares.

Au Royaume-Uni, par exemple, la plupart des stalkers sont des anciens partenaires, et des preuves indiquent que le type de malade mental, dit stalker, véhiculé par les médias, n’apparait que dans une minorité de cas de harcèlement criminel. Une étude britannique du ministère de l’Intérieur sur l'utilisation de la loi de la Protection contre le harcèlement a déclaré : « La loi sur la Protection du harcèlement est utilisée pour traiter une variété de comportements tels que les conflits domestiques et inter-voisin. Elle est rarement utilisée pour le stalking comme dépeint par les médias, seulement dans une petite minorité de cas.

Les effets psychologiques sur les victimes[modifier | modifier le code]

Les perturbations dans la vie quotidienne nécessaires pour échapper au stalker, y compris les changements d’emploi, de résidence et de numéro de téléphone, peuvent avoir des effets sur la victime et entrainer un sentiment de mal-être et d'isolement.

Les études sur le sexe des stalkers[modifier | modifier le code]

Selon une étude, les femmes ciblent souvent les autres femmes, alors que les hommes en général ciblent uniquement des femmes. Cependant, un rapport de janvier 2009, établit par le ministère de la Justice des États-Unis, rapporte que « 43 % des victimes masculines de stalking ont déclaré que le délinquant était de sexe féminin, alors que 41 % des victimes de sexe masculin ont déclaré que le délinquant était un autre homme. Les femmes victimes de stalking étaient significativement plus susceptibles d'être harcelées par un homme (67 %) plutôt que par une femme (24 %) des délinquants. " Ce rapport fournit des données importantes selon le sexe et la race à la fois sur le stalking et le harcèlement. Les données de ce rapport ont été obtenues par l'intermédiaire d’une Enquête de 2006, menée par le Bureau américain du « Census » (équivalent américain de l’Insee) pour le ministère américain de la Justice.

Types de stalkers[modifier | modifier le code]

Les psychologues regroupent souvent les individus qui font du stalking en deux catégories: les psychotiques, et non psychotiques. Les stalkers peuvent avoir des troubles psychotiques préexistants tels que des troubles délirant, des troubles schizo-affectif, ou la schizophrénie. La plupart des stalkers sont non psychotiques et peuvent présenter des troubles ou des névroses telles que la dépression majeure, des troubles de l'adaptation, ou la dépendance à des substances, ainsi qu'une variété de troubles de la personnalité (tels que la personnalité antisociale, borderline, dépendante, narcissique ou paranoïaque). Certains de ces symptômes de "l'obsession" sur une personne font partie du trouble de la personnalité obsessionnelle compulsive. La poursuite des stalkers non psychotiques peut être influencée par divers facteurs psychologiques, comme la colère, l'hostilité, le blâme, l'obsession, la dépendance, la minimisation, le déni et la jalousie. À l'inverse, comme c'est plus souvent le cas, le stalker n'a pas de sentiments antipathiques envers la victime, mais simplement un désir qui ne peut être satisfait en raison de lacunes, soit dans leur personnalité ou des normes de leur société.

Dans le livre A study of Stalkers[4] ont identifié cinq genres de Stalkers :

  • Le stalker « rejeté » : celui qui pourchasse sa victime pour corriger un quelconque rejet.
  • Le stalker « rancunier » : celui qui traque par vengeance pour faire peur à sa victime.
  • Le stalker qui s’immisce dans l’intimité de sa victime et qui pense que cette personne est son âme-sœur, et qu’ils doivent être ensemble[5].
  • Le stalker « prétendant maladroit » qui s’intéresse uniquement aux victimes en couple.
  • Le stalker « prédateur » : celui qui espionne sa victime pour l'attaquer, souvent sexuellement.

En 2002 l'Académie de l'Association Nationale des Victimes a défini un autre genre de stalkers, celui du stalker « terroriste » ou « politique » et le stalker « vengeur ». Ces deux types de stalker ne cherchent pas, comme dans les autres catégories, une relation intime avec leurs victimes mais ils cherchent plutôt à les forcer à s’intéresser à eux. Le stalker qui cherche la vengeance est motivé par le sentiment d'un règlement de comptes pour un mal qu'il croit que la victime lui a fait. Alors que le stalker terroriste ou politique utilise des menaces et de l'intimidation afin de manipuler sa victime et d'agir contre son gré. Certains stalkers peuvent avoir des problèmes de paranoïa et des troubles de la personnalité. Les stalkers rejetés agissent par narcissisme car ils sont jaloux et croient qu’ils ont le droit d'obtenir ce qu'ils veulent. Par contre le stalker qui agit par amertume se sent persécuté et peut parfois être paranoïaque, voire schizophrène. Maintenant, le terme stalking fait référence à des comportements spécifiques jugés offensifs et illégaux, et qui auraient plusieurs motivations. De plus, les caractéristiques des personnalités qui initient l’action de stalking pourraient aussi produire un comportement qui n’est pas du stalking a proprement dit. Certaines études ont montrés qu'il y a un éventail de comportements que l'on peut catégoriser comme étant ' des troubles obsessionnels'. Comme par exemple des gens qui se plaignent pendant des années de quelque chose en particulier alors que personne ne comprend leur injustice, ou lorsque des gens ne veulent pas lâcher un sujet en particulier, ne sont pas considérés comme des stalker a proprement dit.

Le Stalking en groupe[modifier | modifier le code]

D’après le rapport spécial du ministère de la Justice américaine, un nombre important de personnes ayant dénoncé des incidents de stalking prétendent avoir été suivis par plus d’une personne. D’après une étude britannique menée par l’institut Sheridan and Boon, dans 5 % des cas il a été signalé qu’il y avait plus d’un stalker, et que 40 % des victimes ont dit que des amis ou de la famille de leur stalkers ont aussi été impliqués. Dans 15 % des cas, la victime ignorait les raisons possibles de ce harcèlement. Plus d’un quart de toutes les victimes de stalking et de harcèlement ne connaissent pas du tout leur stalkers. Environ une personne sur 10 ne connaissait pas l’identité de leurs stalkers et 11 % des victimes ont déclaré qu’elles avaient été traquées pendant cinq ans ou plus.

Le Stalking sur les réseaux sociaux[modifier | modifier le code]

Le développement des réseaux sociaux sur Internet, associé au sentiment d'impunité que donne l’anonymat de l'adresse IP, encouragent les stalkers à cliquer sur les profils des internautes pour se renseigner sur leurs victimes, pouvant aller jusqu'à saturer la boîte mail de la personne, lui envoyer des virus[6].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Stalking : wenn Liebe zum Wahn wird : (2005) de Rasso Knolle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. name="101">Julien Bouissou, « Harcèlement obsessionnel: qu'est-ce que le stalking? », sur 101,‎ 7 octobre 2013
  2. (en) J.Reid Melloy, The Psychology of Stalking: Clinical and Forensic Perspectives, Academic Press,‎ 1998 (réimpr. 2001), 327 p. (ISBN 0-1249-0560-9 et 978-0-1249-0560-3, présentation en ligne), p. 2
  3. (en) « California Code - Section 646.9 », sur FindLaw.com (consulté le 7 novembre 2011)
  4. Paul E. Mullen, Michele Pathé, Rosemary Purcell et Geoffrey W. Stuart, A Study of Stalkers, Am J Psychiatry,‎ 1999
  5. « Stalking – quand l'affection devient un délit », sur Abus Security Tech Germany
  6. « Le stalking, un harcèlement trop mal connu », sur Le Parisien,‎ 11 octobre 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]