Terre et Fondation

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Terre et Fondation
Auteur Isaac Asimov
Genre roman
Science-fiction
Version originale
Titre original Foundation and Earth
Éditeur original Doubleday
Langue originale Anglais américain
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Lieu de parution original New York
Date de parution originale 1986
ISBN original 0-385-17725-9
Version française
Traducteur Jean Bonnefoy
Lieu de parution Paris
Éditeur Denoël
Collection Présence du futur
Date de parution
Type de média Livre papier
Nombre de pages 503
ISBN 2-207-30438-8
Chronologie
Précédent Fondation foudroyée

Terre et Fondation (titre original : Foundation and Earth) est un roman de science-fiction rédigé par Isaac Asimov en 1986. C'est le dernier tome du cycle de Fondation.

Résumé[modifier | modifier le code]

Il est recommandé de se reporter aux épisodes précédents du Cycle de Fondation pour comprendre ce résumé.

Enquête à Comporellon[modifier | modifier le code]

Golan Trevize est tourmenté par son choix (voir Fondation foudroyée), car il juge que l’appartenance à un superorganisme constitue la perte de l’intimité et la disparition de l’indépendance des individus (comme Hari Seldon en son temps). Il ne voit cependant aucune meilleure solution.

Dom, un Gaïen, lui assure que celui-ci peut être modifié, mais Golan sent que le fait qu'il n'ait pas encore trouvé la Terre, alors que c'était sa première mission, a quelque chose à voir avec cette incertitude. S'il voulait initialement la localiser c'est parce que toutes les informations la concernant ont été effacées, ce qui suppose qu'elle cache quelque chose... Il repart donc avec Janov Pelorat et Joie pour terminer sa quête, mais l’atmosphère est tendue entre lui, qui s’indigne contre les désavantages de Gaïa, et Joie, qui en vante les mérites.

Ils décident donc de commencer leurs recherches en visitant le secteur de Comporellon, un des plus vieux secteurs de la galaxie. Munn Li Compor, ancien ami de Golan Trevize, leur avait dit qu’ils pourraient y trouver la planète des origines. Cependant, une légende du secteur affirme que la Terre est maintenant inhabitable à cause de sa radioactivité.

Arrivé à Comporellon, les héros se font arrêter par le gouvernement local car Harlan Branno, Maire de la Fondation est à la recherche du vaisseau gravitique, à la fine pointe de la technologie, que la Fondation avait prêté à Golan Trevize pour compléter sa mission. Avec l’aide de Joie, qui inhibera certains tabous de la Ministre des Transports de Comporellon Mitza Lizalor, Golan Trevize se servira de son charme pour assouvir ses instincts ainsi que ceux de Mitza Lizalor et ainsi l’amadouer pour pouvoir poursuivre sa quête avec son vaisseau.

Mais avant de repartir, les trois héros rencontreront un chercheur de Comporellon du nom de Vasil Deniador, qui leur révèlera une de ses découvertes : les coordonnées de trois planètes colonisées par les « Spatiens », descendants de la toute première vague de colons à avoir quitté la Terre.

Les mondes spatiaux[modifier | modifier le code]

Les trois héros explorent alors les trois planètes colonisées par les « Spatiens ».

Sur le premier monde, Aurora, ils sont attaqués par des chiens sauvages, qui semblent être devenus l'espèce dominante de ce monde après son abandon.

Sur le deuxième monde, Solaria, ils rencontrent Sarton Ksander, être hermaphrodite capable de canaliser une partie de l'énergie de sa planète pour alimenter son domaine, et en particulier ses très nombreux robots. Ils échappent de justesse à la mort grâce à Gaïa/Joie et emmènent avec eux Fallom, l'enfant de Ksander.

Sur le troisième monde, Melpomenia, lui aussi déserté, ils retrouvent notamment les coordonnées des cinquante mondes spatiens. Grâce à elles, ils sont capables de déterminer la région où se situerait la Terre. Ils se rendent donc sur une planète de ce secteur qui s'avère finalement ne pas être la Terre mais Alpha, orbitant autour de l'étoile double Alpha du Centaure.

La Terre / Dénouement et révélations finales[modifier | modifier le code]

Les protagonistes trouvent enfin la Terre, mais comme ils le redoutaient, elle a été réduite à l’état de désert radioactif. Suivant son intuition, Golan Trevize décide de chercher les réponses à ses questions à la surface de la Lune. Ils y découvrent le robot humaniforme R. Daneel Olivaw, qui leur révèle avoir orchestré la suppression des informations relatives à l’existence de la Terre ainsi qu’avoir organisé en sous-main la création de Gaïa, qui est en fait constituée d’habitants à qui l’on a inculqué un équivalent pour les humains des Trois lois de la robotique.

Le robot explique qu'il a mis en place les événements de Fondation foudroyée car il était incapable de choisir entre le Plan Seldon et Galaxia, une généralisation de Gaïa à toute la Galaxie. Une fois le choix fait, il a attiré le groupe à cet endroit car il souhaite à la fois dissiper tous les doutes de Golan et assurer sa propre survie pour encore quelques siècles afin de mettre en place Galaxia. Il a besoin pour cela de faire fusionner son cerveau avec celui de Fallom, l’enfant récupéré sur Solaria. Celle-ci accepte, et Golan Trevize comprend alors que la psychohistoire et le Plan Seldon reposent, en plus des deux axiomes connus (nombre assez important d’individus et absence d’informations sur l’étude pour ceux-ci), sur un troisième tellement évident que personne n'y a jamais pensé : celui que l'homme est la seule espèce intelligente de la Galaxie. Il prend conscience que sa Galaxie n’est pas la seule, qu’elle est accessible par l’hyperespace, et que seule une union totale dans la paix comme le propose Galaxia sera efficace pour assurer son éventuelle défense contre des envahisseurs extragalactiques. Tous les doutes sont levés : Galaxia est le meilleur futur possible pour la Galaxie, le Plan Seldon est donc abandonné...

Il termine sa réflexion par une inquiétante interrogation sur le fait que Fallom, « hermaphrodite, transductrice, différente », représente peut-être déjà un envahisseur non-humain qui pourrait prendre le pouvoir...

Terre et Fondation dans l’œuvre d'Asimov[modifier | modifier le code]

On peut considérer que Terre et Fondation est le roman ultime d'Asimov, puisque la quête du passé des personnages permet à l'auteur de faire référence à pratiquement toutes ses œuvres, y compris certaines qui ne sont pas censées se dérouler dans l'univers réuni des Robots et de Fondation (La Fin de l'Éternité et Quand les ténèbres viendront). De plus, il s'agit de l'acte final, de l'apothéose de l'immense fresque historique de 20 000 ans d'Asimov, qui, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ne se termine pas par une fin mais par un commencement.

Considérations astrophysiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : astrophysique.

Terre et Fondation a été écrit en 1986, à une époque où aucune planète n’avait été détectée en dehors du système solaire (pour mémoire, la première exoplanète, 51 Pegasi b, n’a été découverte qu’en 1995). Les connaissances astrophysiques sur les systèmes planétaires étaient alors purement théoriques, et ne disposaient que d’un unique point de comparaison, le système solaire.

Dans leur quête de la Terre, Golan Trevize, Janov Pelorat et Joie utilisent des hypothèses que Janov Pelorat a déduites des mythes qu’il a étudiés, notamment la présence d’un satellite plus gros que la moyenne. Janov Pelorat estime que cela pourrait expliquer la grande biodiversité que devait abriter, selon lui, la planète des origines. Cette hypothèse n’est pas dénuée de fondement. Des recherches récentes menées par l’équipe de Jacques Laskar suggèrent que la présence d’un satellite géant — la Lune — aurait stabilisé l’axe de rotation de la Terre[1]. Cette stabilisation de l’axe de rotation aurait favorisé la régularité du cycle saisonnier, et aurait ainsi laissé le temps à l’évolution naturelle de produire des espèces adaptées à leur milieu sans qu’elles soient soumises à des changements trop brusques.

Dans la cinquième partie, chapitre 14, section 60, Golan Trevize déclare en parlant des planètes géantes qu’« elles sont toujours présentes à grande distance de l’étoile autour de laquelle elles orbitent ». La découverte de nombreuses planètes géantes très proches de leur étoile, que l’on appelle les jupiters chauds, met à mal cette affirmation, même s’il est possible que la sur-représentation statistique actuellement observée ne soit qu’un biais observationnel dû aux techniques de détection utilisées jusqu’à présent (principalement la technique de vélocimétrie radiale).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Kwest d'Andreas Eschbach, qui évoque aussi une histoire de recherche de la « Planète des Origines »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Laskar, Stabilization of the earth's obliquity by the moon, dans Nature, volume 361, no 6413, pages 615-617.