Syndrome sérotoninergique

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Syndrome sérotoninergique
Classification et ressources externes
Serotonin (5-HT).svg
Sérotonine
CIM-9 333.99
DiseasesDB 30044
eMedicine ped/2786 
MeSH C21.613.276.720
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Le syndrome sérotoninergique est un effet indésirable potentiellement mortel lié à la perturbation de l'équilibre chimique du système nerveux central due à un excès de sérotonine au niveau cérébral.

Le tableau clinique associe de manière inconstante et à des degrés divers des effets cognitifs, des effets physiques et des effets sur le système nerveux autonome. De nombreuses drogues, de nombreuses substances et des interactions médicamenteuses peuvent provoquer un syndrome sérotoninergique. Le diagnostic, basé sur les symptômes cliniques et l'anamnèse, est difficile à poser car aucun symptôme n'est spécifique et les diagnostics différentiels sont nombreux.

Le traitement est symptomatique. Il consiste avant tout en l'arrêt des médicaments.

Histoire[modifier | modifier le code]

Trente-huit cas, initialement réunis dans une revue de la littérature colligeant des cas humains et animaux enregistrés depuis les années 60, permettent de préciser les contours du syndrome en 1991[1],[2].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

L'incidence des expositions excessives aux molécules sérotoninergiques est en augmentation entre 2002 et 2005 aux États-Unis avec plus de 45 000 déclarations enregistrées chaque année par les centres antipoison américains[3], mais le taux de mortalité reste faible à 0,2 %[3]. Ce nombre de cas est en particuliers liés aux interactions entre drogues stupéfiantes et Designer Drug du type dextrométhorphane + MDMA[réf. souhaitée]

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Le syndrome sérotoninergique peut survenir en réaction à un traitement antidépresseur, à une interaction médicamenteuse, à un surdosage en certains médicaments ou à l'usage de stupéfiants. On retrouve parfois les termes de maladie de la sérotonine, tempête de sérotonine, empoisonnement à la sérotonine, hypersérotoninémie. C'est un diagnostic clinique. Il n'existe pas en 2012 d'examen complémentaire qui permette de confirmer ce diagnostic[4].

Clinique[modifier | modifier le code]

Le tableau clinique associe de manière inconstante et à des degrés divers des effets cognitifs, des effet physiques et des effets sur le système nerveux autonome : nausées, diarrhée, agitation, troubles du comportement, hallucinations, tremblements, rigidité musculaire, myoclonies, hyperréflexie, tachycardie, élévation de la pression artérielle, sueurs, hyperthermie.

Le tableau clinique associe de manière inconstante et à des degrés divers[1],[2],[3] :

Les formes sévères peuvent comporter acidose métabolique, rhabdomyolyse, insuffisance rénale, convulsion, coma, choc et coagulation intravasculaire disséminée[1],[2],[3]. Les critères établis initialement par Sternbach en 1991 ont été révisés en 2003[5]. Les effets peuvent durer de quelques jours à plusieurs mois.

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

D'autres diagnostics peuvent être évoqués[3] :

Prévention et traitement[modifier | modifier le code]

Il consiste en l'arrêt des médicaments, la sédation et le rafraîchissement du patient[4]. Quelquefois la cyproheptadine (en), un antagoniste des récepteurs à la sérotonine, est nécessaire dans les cas modérés à sévères[3]. Un des traitements associés importants est le contrôle de l'agitation grâce à une sédation par benzodiazépine[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Sternbach H, « The serotonin syndrome », American Journal of Psychiatry, vol. 148, no 6,‎ 1er juin 1991, p. 705-713 (ISSN 0002-953X, PMID 2035713, lire en ligne)
  2. a, b et c Catherine Liberek, Jules Desmeules, N Vogt, V Rollason, P Dayer, « Le syndrome sérotoninergique médicamenteux: un risque à ne pas négliger ! », Rev. med. suisse, no 704,‎ 12 avril 2000 (lire en ligne)
  3. a, b, c, d, e et f (en) Adrienne Z Ables, Raju Nagubilli, « Prevention, recognition, and management of serotonin syndrome », American family physician, vol. 81, no 9,‎ 1er mai 2010, p. 1139-1142 (ISSN 1532-0650, PMID 20433130, lire en ligne)
  4. a, b et c (en) Isbister GK, Buckley NA, Whyte IM, « Serotonin toxicity: a practical approach to diagnosis and treatment », Med J Aust, vol. 187, no 6,‎ septembre 2007, p. 361–5 (PMID 17874986, lire en ligne)
  5. (en) E. J. C. Dunkley, G. K. Isbister, D. Sibbritt, A. H. Dawson, I. M. Whyte, « The Hunter Serotonin Toxicity Criteria: simple and accurate diagnostic decision rules for serotonin toxicity », QJM, vol. 96, no 9,‎ 9 janvier 2003, p. 635-642 (ISSN 1460-2725, 1460-2393, PMID 12925718, DOI 10.1093/qjmed/hcg109, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]