Triptan

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Les triptans sont des médicaments destinés aux traitements aigus des crises de migraine. Ils sont également utilisés dans le traitement des algies vasculaires de la face.

Différents triptans[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs types de triptans parmi lesquels le sumatriptan, premier triptan mis sur le marché dans les années 1990, le naratriptan, le zolmitriptan, l'élétriptan, l'almotriptan, le frovatriptan et le rizatriptan

Les triptans se présentent sous des formes galéniques diverses : injectable ou auto-injectables, comprimés orodispersibles ou non, spray nasal.

Le sumatriptan possède la biodisponibilité la plus faible et la demi-vie la plus courte[1]. Ce dernier est la seule molécule disponible en forme injectable.

Mode d'action[modifier | modifier le code]

Le mode d’action des triptans est quasiment toujours le même. En général, les triptans stimulent certains récepteurs de la sérotonine (récepteurs 5-HT1B, récepteurs 5-HT1D et récepteurs 5-HT1F[2]). Ceci a pour effet de réduire la dilatation des vaisseaux sanguins. Ils bloquent de même des récepteurs pré-synatiques, inhibant le relargage de substances vasodilatatrices[3]. Ils auraient également une action directe sur les voies de la douleur[4].

Suivant la forme galénique consommée, le délai d’action est de 15 à 45 minutes.

Effets secondaires[modifier | modifier le code]

Les effets secondaires sont nombreux. Les triptans peuvent entraîner des vertiges, une somnolence, une fatigue, une sécheresse de bouche, une sensation de chaleur ou, inversement, des sueurs froides. Ils peuvent également provoquer une sensation d'oppression au niveau de la gorge ou de la poitrine, des douleurs musculaires, notamment dans la nuque, ou une augmentation de la pression artérielle. L'ensemble de ces signes est rassemblé parfois sous le nom de « syndrome des triptans »[5].

Les triptans sont des médicaments puissants, qui agissent notamment sur le système cardiovasculaire, en provoquant une vasoconstriction, c'est-à-dire la contraction de la paroi musculaire des artères, ce qui entraine temporairement une diminution de leur calibre et du débit sanguin en leur sein. Outre les précautions d’usage, ils sont fortement contre-indiqués en cas d'antécédent d'infarctus ou d'angine de poitrine, d'antécédent d'accident vasculaire cérébral ou périphérique, de certains troubles du rythme cardiaque, d'hypertension artérielle non contrôlée ou d'insuffisance hépatique[6]. À titre exceptionnel, la prise de triptans peut se compliquer d'accidents cardiaques chez les sujets à risque[7].

Même s'il n'existe pas d'effet tératogène démontré, leur utilisation est déconseillé chez la femme enceinte[3].

Interactions médicamenteuses[modifier | modifier le code]

L'almotriptan et l'élétriptan sont métabolisés par le cytochrome P450[3]. Tout médicament agissant sur ce dernier est donc susceptible de modifier le taux sanguin du médicament. Le rizatriptan, le sumatriptan et le zolmitriptan doivent être utilisés à distance d'une prise d'inhibiteur de monoamine oxydase.

L'utilisation conjointe de triptans et d'un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine expose à un risque d'accident[3].

Efficacité[modifier | modifier le code]

Ils ne sont actifs que dans le traitement de la crise de migraine. Pour le traitement de fond sont indiqués certains beta-bloquants (métoprolol, propranolol), des dérivés ergotés (dihydroergotamine, méthysergide et d'autres antimigraineux (flunarizine, amitriptyline, indoramine, oxétorone, pizotifène et topiramate).

Le sumatriptan par voie sous-cutanée est la forme la plus efficace[1]. Il est, en outre, intéressant dans les formes migraineuses avec nausées importantes (empêchant, de par cela même, l'absorption d'un médicament par voie orale). Dans les formes orales, les triptans ont une efficacité comparable[8], même s'il existe des susceptibilités individuelles différentes. Ils restent inefficaces dans à peu près un tiers des crises migraineuses[8]. Le délai d'action est compris entre 20 et 60 minutes[1]. En cas d'échec, une deuxième dose peut parfois être administrée.

Par rapport aux autres antimigraineux, les triptans semblent être supérieurs aux dérivés de l'ergotamine[9] mais d'efficacité comparable aux antalgiques standard[10]. Ils sont très sensiblement plus chers que ces derniers. Dans les formes rebelles, ils peuvent être associées avec d'autres antimigraineux.


Recommandations[modifier | modifier le code]

La place des triptans varie suivant la société savante considérée. Ils sont considérés comme des médicaments de première intention dans les migraines sévères pour l’American Academy of Neurology (en)[11] et de seconde intention dans tous les cas pour l’American College of Physicians (en) et l’American Academy of Family Practice[12]. Pour l’European Federation of Neurological Societies, ils sont équivalents en termes de choix aux anti-inflammatoires non stéroïdiens[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Tfelt-Hansen P, De Vries P, Saxena PR, Triptans in migraine: a comparative review of pharmacology, pharmacokinetics and efficacy, Drugs, 2000;60:1259-1287
  2. Diagnostic et traitement de la migraine - Diagnostic et traitement de la migraine
  3. a, b, c et d (en) Loder E, Triptan therapy in migraine, N Eng J Med, 2010;363:63-70
  4. (en) Bartsch T, Knight YE, Goadsby PJ, Activation of 5-HT(1B/1D) receptor in the periaqueductal gray inhibits nociception, Ann Neurol, 2004;56:371-381
  5. (en) Nappi G, Sandrini G, Sances G, Tolerability of the triptans: clinical implications, Drug Saf, 2003;26:93-107
  6. (en) Dodick D, Lipton RB, Martin V et al. Consensus statement: cardiovascular safety profile of triptans (5-HT agonists) in the acute treatment of migraine, Headache, 2004;44:414-425
  7. (en) Welch KM, Mathew NT, Stone P et al. Tolerability of sumatriptan: clinical trials and post-marketing experience, Cephalalgia, 2000;20:687-695
  8. a et b (en) Ferrari MD, Goadsby PJ, Roon KI, Lipton RB, Triptans (serotonin, 5-HT1B/1D agonists) in migraine: detailed results and methods of a meta-analysis of 53 trials, Cephalalgia, 2002;22:633-658
  9. (en) Diener HC, Jansen JP, Reches A et al. Efficacy, tolerability and safety of oral eletriptan and ergotamine plus caffeine (Cafergot) in the acute treatment of migraine: a multicentre, randomised, double-blind, placebo-controlled comparison, Eur Neurol, 2002;47:99-107
  10. (en) Geraud G, Compagnon A, Rossi A, Zolmitriptan versus a combination of acetylsalicylic acid and metoclopramide in the acute oral treatment of migraine: a double-blind, randomised, three-attack study, Eur Neurol, 2002;47:88-98
  11. (en) Silberstein SD, Practice parameter: evidence-based guidelines for migraine headache (an evidence-based review): report of the Quality Standards Subcommittee of the American Academy of Neurology, Neurology, 2000;55:754-762
  12. (en) Snow V, Weiss K, Wall EM, Mottur-Pilson C, Pharmacologic management of acute attacks of migraine and prevention of migraine headache, Ann Intern Med, 2002;137:840-849
  13. (en) Evers S, Afra J, Frese A et al. EFNS guideline on the drug treatment of migraine -- revised report of an EFNS task force, Eur J Neurol, 2009;16:968-981