Syndrome de la femme blanche disparue

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Le syndrome de la femme blanche disparue (en anglais, « Missing white woman syndrome ») est un terme vernaculaire illustrant un biais médiatique sur les affaires, souvent des disparitions, concernant des jeunes et jolies femmes blanches de classe moyenne supérieure[1]. L'importance de la couverture médiatique de ces affaires peut être comparée à la couverture moindre d'affaires impliquant des hommes ou des femmes d'autres couleurs, classe économique ou beauté[2],[3],[4].

Un vecteur sociétal[modifier | modifier le code]

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Jaquette du magazine Weird Tales de juillet 1953. Le citoyen américain amateur de pulps est invité à protéger les demoiselles en détresse des griffes des aliens libidineux et communistes.

Cet effet se produisant pour l'essentiel dans le contexte des grands médias télévisuels en Amérique du Nord, on peut considérer qu'il s'attribue par une conception de la société civile selon le communautarisme: aux États-Unis, les WASPs sont les fondateurs du pays et le manque de femmes ressenti pendant l'expansion vers l'Ouest a été relayé dans les westerns mythiques des années cinquante, tournés à une période de retour au conservatisme dans les mœurs d'une société travaillée politiquement par l'influence du maccarthysme : la seule idée de s'en prendre à elles est donc une infamie ; par conséquence directe, le schéma implique de développer les moyens pour les protéger de toute menace, ce qui légitime implicitement les budgets alloués pour ces moyens sécuritaires.

Exemples[modifier | modifier le code]

Les personnes disparues suivantes ont été citées comme exemple du syndrome de la femme blanche disparue :

France[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Portugal[modifier | modifier le code]

Japon[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Guerre en Irak[modifier | modifier le code]

Le sauvetage de Jessica Lynch, mené par les forces spéciales U.S. en pleine couverture médiatique de l'Opération libération de l'Irak, fut décrié comme un show hollywoodien visant à atteindre l'opinion publique via le téléspectateur[20] en développant la thématique média de la demoiselle en détresse.
Cette photo émane des services de presse de l'USCENTCOM.

Les critiques ont montré le biais médiatique de la couverture de l'enlèvement du soldat Jessica Lynch par rapport aux soldats Shoshana Johnson (en) et Lori Piestewa (en). Les trois ont été attaquées ensemble le 23 mars 2003 lors de la guerre d'Irak. Piestewa meurt durant l'attaque alors que Lynch et Johnson sont blessées et enlevées. Lynch, une femme blonde, blanche et jeune reçoit plus l'attention des media que Johnson (femme noire et mère célibataire)[21],[22].

Lynch elle-même critique sévèrement la couverture médiatique disproportionnellement centrée sur elle et témoigne devant l'United States House Committee on Oversight and Government Reform (en):

I am still confused as to why they chose to lie and tried to make me a legend when the real heroics of my fellow soldiers that day were, in fact, legendary. People like Lori Piestewa and First Sergeant Dowdy who picked up fellow soldiers in harm's way. Or people like Patrick Miller and Sergeant Donald Walters who actually fought until the very end. The bottom line is the American people are capable of determining their own ideals of heroes and they don't need to be told elaborate tales[23]

« Je ne sais toujours pas pourquoi ils ont décidé de mentir et ont essayé de faire de moi une légende alors que ce qui était légendaire ce jour-là était l’héroïsme réel de mes compagnons d'armes. Des gens comme Lori Piestewa ou le sergent de première classe Dowdy qui ont récupéré des soldats en danger. Ou des gens comme Patrick Miller ou le sergent Donald Walters qui ont effectivement combattu jusqu'à la fin. Les Américains sont capables de déterminer leurs propres idéaux de héros et n'ont pas besoin qu'on leur raconte des histoires. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Eugene Robinson, « (White) Women We Love », The Washington Post,‎ 10 juin 2005 (lire en ligne)
  2. Diagnosing 'Missing White Woman Syndrome' Tom Foreman, CNN Correspondent, March 14, 2006, 'phrase invoked by Sheri Parks, a professor of American studies at the University of Maryland, College Park'
  3. (en) Eugene Robinson, « (White) Women We Love », The Washington Post,‎ June 10, 2005 (lire en ligne) :

    « 'choosing only young, white, middle-class women for the full damsel treatment' »

  4. (en) Kristal Brent Zook, « Have you seen her? While the families of the missing struggle to bring national attention to their lost loved ones, they sift through the clues and pray for a miracle », Essence,‎ juillet 2005 (lire en ligne) :

    « '"But missing Black women aren't featured as much", says Howard.' »

  5. (en) « Chris Jefferies and suspects under the spotlight », The Guardian,‎ 31 déc. 2010 (lire en ligne)
  6. (en) Steven Morris, « Joanna Yeates: How fate of 'ideal victim' captured nation's attention », The Guardian, London,‎ 31 décembre 2010 (lire en ligne)
  7. (en) Liz Kershaw, « Why isn't my friend's murder on TV, Mum? Ask the Night Stalker: Liz Kershaw questions media coverage », Daily Mail, London,‎ 28 mars 2011 (lire en ligne)
  8. (en) Evan Alan Wright, « Lucie Blackman: Death of a Hostess », Time world, Tokyo,‎ 14 mai 2001 (lire en ligne)
  9. (en) David McNeill, « International Media Scream 'Yellow Peril'. Race and sensationalism in coverage of Japan's Hawker, Blackman murders », The Asia Pacific Journal, JapanFocus.org,‎ 06/06/2006 (consulté le 20/03/2010)
  10. a, b, c et d “If you’re missing, it helps to be young, white and female”, MSNBC, 23 juillet 2004
  11. (en) Julie Mianecki, « Chandra Levy's killer sentenced to 60 years in prison », Los Angeles Times,‎ 11 février 2011 (lire en ligne)
  12. a, b, c et d “Spotlight skips cases of missing minorities”, USA Today, 2005
  13. "Defense Witnesses Testify", KSTU, 17 novembre 2010
  14. a et b [1] Memmott, Mark, "accused killer in controversial murder case goes on trial." USA Today, 30 mars 2006. Consulté le 2 janvier 2011
  15. “House panel passes 'Dru's Law' in sex offender bill”, USA Today, 2005
  16. a, b et c [2] Hutchison, Earl Ofari ""The terrible case of Mitrice Richardson" L.A Watts Times, 19 août 2010. Included this case as "missing white woman syndrome."
  17. (en) « Aruba Investigation Into Disappearance of American Teen Natalee Holloway Is Not Over », FOXNews.com,‎ 19/12/2007 (consulté le 06/11/2008)
  18. “Race Bias in Media Coverage of Missing Women?; Cheryl Hines Dishes on New Show”, Cable News Network, transcript, aired 17 mars 2006
  19. “Remembering Michelle”, Cable News Network, blog entry recaps In Session anchor Jami Floyd's commentary at opening of In Session's coverage of Gardner-Quinn murder trial
  20. pour en savoir plus, voir les articles sur le cinéma de sécurité nationale.
  21. (en) « A case of race? One POW acclaimed, another ignored », The Seattle Times,‎ 09/09/2003 (lire en ligne)
  22. (en) Osha Gray Davidson, « The Forgotten Soldier », Rolling Stone ALT mirror article,‎ 27 mai 2004 (consulté le 31/07/2007)
  23. (en) Testimony of Jessica Lynch, Committee on Oversight and Government Reform (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]