Surproduction

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La surproduction désigne généralement une production dépassant la demande des consommateurs, en particulier dans les secteurs où l'élasticité de la demande trop faible ne permet pas une augmentation rapide de la consommation. Elle est parfois accompagnée d'un phénomène de surexploitation des ressources (environnementales notamment).

Aspects économiques[modifier | modifier le code]

Dans le modèle économique classique ou de l'économie de marché, la surproduction est réputée entraîner une baisse des prix, la fermeture des centres de production les moins compétitifs (apurement du marché), une augmentation du chômage sectoriel et donc une baisse des salaires (si ceux-ci ne sont pas rigides à la baisse). Il s'ensuit une crise économique qui tendra à faire baisser la production jusqu'à ce qu'elle rejoigne la demande et permette ainsi le retour de la croissance.

Les économies modernes tentent d'éviter ces crises cycliques en instaurant des systèmes de régulation. La destruction ou taxation de la surproduction peut aussi être décidée, comme c'est le cas par exemple en Europe pour la surproduction agricole de beurre, lait, etc.

Le phénomène de surproduction intervient surtout dans les secteurs où l'élasticité de la demande est très faible, et où l'ajustement de l'offre est long et coûteux (par exemple, pour des installations industrielles lourdes).

Le cas de l'Agriculture[modifier | modifier le code]

L'agriculture en Europe est une victime récurrente de surproduction, en partie à cause de la Politique agricole commune (PAC), qui subventionne les exploitations non-rentables et encourageait l'agriculture intensive. La mécanisation et la disponibilité et l'utilisation d'engrais et pesticides peu coûteux, produits grâce à un pétrole bon marché a encouragé la surproduction, dans les années 1970/1980 notamment.

La crise de surproduction a précédé et caractérisé la Grande Dépression des années 1930, aux États-Unis et en Europe.

Karl Marx la considère comme cyclique et inhérente au système capitaliste[réf. souhaitée] : elle en serait à la fois une conséquence et une condition de développement.

Alternatives[modifier | modifier le code]

Les altermondialistes et tenant d'une décroissance de la consommation plaident pour des mécanismes de régulation et d'équité territoriale, sociale et intergénérationnelle afin d'éviter une régulation cyclique et subie des surproductions par les crises.

Les agrocarburants ont parfois été présentés comme l'un des moyens d'utiliser des déchets ou produits produits en excès par l'agriculture, mais cette solution a été à l'origine de polémiques (par exemple, en 2009, le secteur agroalimentaire du Royaume-Uni pourrait être victime du succès des agrocarburants ; selon l'union nationale des agriculteurs britanniques, ce succès pourrait conduire le pays à devoir à nouveau importer du blé, notamment car alors que la demande augmente pour les agrocarubants, la production baisse (recul des surfaces agricoles, appauvrissement et dégradation des sols.. ayant conduit par exemple à une baisse de -23 % de la production entre 2008 et 2009 où seulement 13,9 millions de tonnes ont pu être récoltées), alors que deux nouveaux projets devraient générer une demande supplémentaire de 2,3 millions de tonnes dans ce pays[1].

Article détaillé : agrocarburant.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Enerpress n° 9931, brève intitulée « L'essor des biocarburants va pousser la Grande-Bretagne à importer du blé »p 4