Sensitive

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Mimosa pudica

Le Mimosa pudique ou Sensitive (Mimosa pudica) est une plante rampante de 10 à 40 cm de haut (pouvant atteindre dans la nature un peu plus d'un mètre), appartenant à la famille des Fabaceae (et anciennement aux Mimosaceae), originaire d'Amérique tropicale et largement naturalisée à travers le monde.

Elle est connue aux Antilles françaises sous les noms de Marie-honte ou Herbe mamzelle ou Honteuse femelle[1], à l'île Maurice et La Réunion sous le nom de Sensitive ou Trompe la mort, en Nouvelle-Calédonie sous le nom de Sensitive.

Description[modifier | modifier le code]

C'est une herbe à base ligneuse, à tiges herbacées grêles, rampantes ou ascendantes, épineuses, parfois grimpantes[2]. La plante se révèle très épineuse au stade adulte.

Le feuillage est normalement persistant, pourvu de feuilles alternes, composées et bipennées.

La feuille est typique avec son long pétiole (3-6 cm) portant à l'extrémité 2 paires de pennes (parfois 1 seule) très rapprochées et chacune de ces pennes comportant de 15 à 25 folioles de 6-10 mm de long, très irritables.

Ces feuilles alternes ont la particularité de se replier au moindre choc (le vent, la pluie, le toucher...), ce qu'en jargon botanique, il convient d'appeler thigmonastie. Il s'agit de l'un des mouvements les plus spectaculaires du règne végétal. Mimosa Pudica est une espèce nyctinastique qui ferme ses feuilles la nuit. On ne sait pas encore pourquoi cette espèce est nyctinastique, mais le phénomène commence à livrer ses secrets.

Ce mouvement de repli permet de se protéger des intempéries, des prédateurs herbivores... (un rameau replié sur lui-même est moins appétissant et les feuilles sont ainsi moins exposées aux éventuelles dégradations naturelles). Une fois le calme revenu, les feuilles reprennent leur port. Des cellules spécialisées « motrices » situées sur l'axe de la feuille et du pétiole (pulvinus) en sont responsables par un phénomène de migration d'eau (la cellule stimulée chasse l'eau engendrant le repli).

Les fleurs sont roses en pompons et globuleuses, suivies de gousses comprimées entre les graines et armées de longs poils raides.

Écologie[modifier | modifier le code]

La sensitive est probablement d'origine néotropicale. Elle s'est répandue maintenant partout sous les tropiques.

On la trouve dans les pelouses, friches et sur les bords de route. Elle peut infester toutes les cultures. C'est une espèce rudérale et arvale.

Elle est très commune aux Antilles françaises sur les sols frais à humides.

Composition[modifier | modifier le code]

Mimosa pudica se caractérise sur le plan phytochimique par la présence de tanins, stéroïdes, alcaloïdes, triterpènes et de glycosides de flavonoïdes (des C-glycoflavones)[3] . Parmi les alcaloïdes citons : la mimosine[4] (toxique), norépinéphrine, bufoténine, tryptamine. On a isolé aussi du bêta-sitostérol, du D-pinitol, de la crocétine et des tanins.

La présence de ces nombreux alcaloïdes rend cette plante potentiellement toxique.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Les Mayas connaissaient les vertus relaxantes et antidépressives des feuilles[4]. C'était une plante médico-magique pour les anciennes populations amérindiennes des Caraïbes.

Aux Antilles françaises, la racine est traditionnellement utilisée en décoction contre le mal de gorge et la coqueluche.

Elle est utilisée dans les systèmes médicaux traditionnels en Afrique, en Inde et en Chine.

Langage des fleurs[modifier | modifier le code]

La légende raconte que le berger Iphis poursuivait de ses ardeurs une belle nymphe. Près de succomber, la jeune fille appela à son secours le dieu Hymen qui la changea en sensitive pour échapper au berger trop entreprenant.

Culture[modifier | modifier le code]

Adventice des sols plats, profonds et humides, en région ayant plus de 1100 mm de pluies par an. Elle est de culture facile, se contentant d'un pot même de petite dimension, mais préférant la chaleur et le plein soleil (entre 16 et 24 °C pour la fourchette idéale) ainsi qu’une atmosphère humide. (à rentrer au chaud en hiver car ne supportant pas une température en dessous de 10 °C)

Sol

Dans un pot, même de petite dimension : 50 % terreau de feuilles, 50 % terre de bruyère ; ou 100 % terreau ; ou 70 % terreau, 30 % tourbe. Maintenir constamment humide et bien drainé.

Arrosage

Copieux en période chaude, beaucoup plus réduit en hiver. La Mimosa pudica doit pousser dans un environnement humide. C’est pour cela qu’il faut pulvériser de l’eau sur les feuilles au moins 2 fois par semaine. Pour les arrosages, une fois par semaine suffit, ne jamais laisser d’eau stagner dans les coupelles (risques de moisissure). Si l'humidité est trop faible ou si la plante manque d'eau, le feuillage peut tomber.

Semis

Imbiber les graines pendant une journée : mettre en pot de 6 cm de diamètre puis transférer quand la plante a pris un certain développement dans des pots de 15 cm. Couvrir éventuellement pour maintenir une humidité suffisante dans le pot.

Parasites

Références[modifier | modifier le code]

  1. en créole : Mari hont, zèb manzèl, hontèz fimèl
  2. Jacques Fournet, Flore illustrée des phanérogames de Guadeloupe et de Martinique, Gondwana editions, Cirad,‎ 2002
    Tome 1 : ISBN 2-87614-489-1 ; Tome 2 : ISBN 2-87614-492-1
  3. (en) E. NgoBum,D.L.Dawack, M.Schmutz, A.Rakotonirina, S.V.Rakotonirina, C.Portet, A.Jeker, H.-R.Olpe, P. Herrling, « Anticonvulsant activity of Mimosa pudica decoction », Fitoterapia, vol. 75,‎ 2004
  4. a et b Jean-Louis Longuefosse, Plantes médicinales caribéennes, tome 2, Editions Orphie,‎ 2008, 249 p.

Références externes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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