Quintus Mucius Scævola (consul en -117)

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Quintus Mucius Scævola Augur (v. 159 av. J.-C. - 88 av. J.-C.) est un homme politique de la République romaine. Issu de la gens des Mucii, il est le fils de Quintus Mucius Scævola, ami et beau-fils de Laelius Sapiens et beau-père de l'orateur Lucius Licinius Crassus.

Juriste expérimenté et passionné, il s'intéresse à la justice civile.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Il s'intéresse à la culture grecque, et suit les conférences que Carnéade donne à Rome en 155. Par ailleurs, sa famille héberge le stoïcien Blossius (en) de Cumes, conseiller de Tiberius Gracchus. Il se marie en 140 avec Laelia, fille ainée de Gaius Laelius, un ami de Scipion Émilien[1], dont il a un fils et deux filles. L'une d'entre elles, Mucia, épouse l'orateur Lucius Licinius Crassus.

Il est augure avant 129, et conserve cette charge pendant plus de quarante ans, d'où son surnom[1].

Pour se changer l'esprit des activités du forum, il se délassait avec simplicité, en jouant à la balle, ou à des jeux de damier (calculi)[2].

Carrière publique[modifier | modifier le code]

Ses sympathies pour les Gracques puis plus tard pour Marius le situent dans la mouvance politique des populares, ce qui a pu le desservir auprès de l'aristocratie pour sa carrière politique[1].

En -128, il est tribun de la plèbe.

En -125, il est Édile.

En -120, il est préteur et administre l'Asie; il se déclare contre les réformes des Gracques.

Lors de son retour à Rome l'année suivante, il est accusé d'extorsion par Titus Albucius, probablement pour raisons personnelles, mais assure lui-même sa défense avec succès[3],[1].

En -117, il est élu au consulat pour un mandat sans grand relief[1].

Dans sa vieillesse, Scævola maintient son intérêt pour les affaires de Rome. Il enseigne sa connaissance juridique aux jeunes Romains, dont en -90 Cicéron et Atticus. Il écrit aussi des ouvrages de droit[4].

En -88, il donne asile au fils de Marius, qui avait épousé sa petite-fille Licinia[1]. Il défend Marius contre Sylla qui tentait de le faire désigner "ennemi du peuple", en déclarant qu'on ne pouvait nommer ainsi un homme qui avait sauvé Rome.

Il décède peu après, en 88 ou selon Combès en -87[1].

Cicéron rend hommage à son maître en le figurant comme protagoniste dans plusieurs de ses traités, le De oratore, le De Republica et le Laelius de Amicitia.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Combès 1971, p. XVII-XIX
  2. Valère Maxime, Faits et paroles méomoralbes, VIII, 11, 2
  3. Cicéron, Brutus, 102
  4. Bréguet 1980, p. 28

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cicéron (trad. Robert Combès), Laelius de Amiticia, Les Belles Lettres,‎ 1971
  • Cicéron (trad. Esther Breguet), La République, Les Belles Lettres,‎ 1980 (ISBN 2-251-01078-5)
  • Cicéron (trad. Esther Breguet, préf. Bernard Besnier), La République, suivi de Le Destin, Gallimard,‎ 1994 (ISBN 2-07-074013-7)