Passerin indigo

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Passerina cyanea

Passerina cyanea

Description de cette image, également commentée ci-après

Dessin de Louis Agassiz Fuertes représentant
un mâle au dessus, une femelle en bas.

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Cardinalidae
Genre Passerina

Nom binominal

Passerina cyanea
(Linnaeus, 1766)

Synonymes

Statut de conservation UICN

( LC)
LC[1] : Préoccupation mineure

Le Passerin indigo (Passerina cyanea) est une espèce d'oiseaux de la famille des Cardinalidae. C'est un petit oiseau, long d'une douzaine de centimètres. Il présente un fort dimorphisme sexuel apparent au niveau de sa coloration, le mâle étant d'un bleu éclatant en été et de couleur brune pendant les mois d'hiver, tandis que la femelle est brune toute l'année. Le mâle affiche ce plumage aux couleurs vives pendant la saison de reproduction pour attirer une partenaire. La femelle se charge seule de la construction du nid et de l'incubation. Le régime alimentaire du Passerin indigo se compose principalement d'insectes pendant les mois d'été et de graines pendant les mois d'hiver.

Le Passerin indigo est migrateur, s'étalant du sud du Canada jusqu'au nord de la Floride pendant la saison de reproduction, et descendant en hiver dans le sud de la Floride et dans le nord de l'Amérique du Sud. Il migre souvent de nuit, en utilisant les étoiles pour s'orienter. Il vit sur les terres agricoles, les zones de broussailles et de bois ouverts. Le Passerin indigo est très proche du Passerin azuré (P. amoena) et s'hybride avec cette espèce là où leurs aires de répartition se chevauchent.

Sommaire

Description [modifier]

Le Passerin indigo est un oiseau chanteur de petite taille, mesurant 11,5 à 15 cm de long, avec une envergure de 18-23 cm[2],[3]. Il pèse de 11,2 à 21,4 g, avec une moyenne de 14,5 g[4]. Pendant la saison de reproduction, le mâle adulte a le plumage d'un bleu profond, avec une calotte plus sombre qui tend vers le violet, et des lores foncés[5]. Les ailes et la queue sont noires avec des bords bleus. En plumage d'automne et d'hiver, le mâle est semblable à la femelle, mais conserve souvent quelques plumes bleues. La femelle adulte est brun foncé sur les parties supérieures et d'un brun plus clair sur les parties inférieures. Ses bandes alaires sont indistinctes et elle est légèrement striée de sombre au-dessous[6]. L'oiseau immature ressemble à la femelle, mais les mâles peuvent avoir des touches de bleu sur la queue et sur les scapulaires, et des traits plus sombres sur le dessous. Le bec est court et conique. Chez la femelle adulte, le bec est marron clair teinté de bleu, et chez le mâle adulte la moitié supérieure est brun-noir tandis que la partie inférieure en bleu clair[7]. Les pattes et les doigts sont noirs ou gris[8].

Un mâle lors de la migration de printemps, à Quintana, Texas. Un mâle lors de la migration de printemps, à Quintana, Texas.
Un mâle lors de la migration de printemps, à Quintana, Texas.
Femelle à Quintana, Texas.


Écologie et comportement [modifier]

Communication [modifier]

Mâle chantant depuis un perchoir.

Le Passerin indigo communique vocalement et visuellement. Un fort tchip ! est émis par les deux sexes, et utilisé comme un signal d'alarme si un nid ou un poussin est menacé. Un zeeep aigu et bourdonnant est utilisé comme cri de contact lorsque le Passerin indigo est en vol[9]. Le chant de l'oiseau mâle est un sweet-sweet chew-chew sweet-sweet bourdonnant et aigu durant de deux à quatre secondes, et émis pour signaler son territoire à d'autres mâles et pour attirer les femelles. Chaque mâle a son propre chant complexe, qu'il chante depuis un perchoir élevé, comme un poteau, des fils ou le sommet d'un buisson[10]. Dans les zones où la répartition du Passerin azuré chevauche celle du Passerin indigo, les mâles des deux espèces défendent leur territoire face aux mâles de l'autre espèce[11].

Alimentation [modifier]

Le Passerin indigo cherche sa nourriture au sol ou dans les arbres et les arbustes[11]. En hiver, il se nourrit souvent en groupe avec d'autres membres de son espèce, mais se nourrit en solitaire durant la saison de reproduction[8]. Au cours de la saison de reproduction, il consomme des insectes (chenilles, criquets, araignées), de graines (graminées) et de baies. Les graines de graminées sont le pilier de son régime alimentaire pendant l'hiver, bien que les bourgeons et les insectes sont entrent dans son repas lorsqu'ils sont disponibles. Les jeunes sont dans un premier temps principalement nourris d'insectes, qui leur fournissent des protéines[11]. Le Passerin indigo ne boit pas fréquemment, obtenant généralement suffisamment d'eau à partir de son alimentation[8].

Reproduction [modifier]

Nid et ponte de Passerin indigo.

Les Passerin indigo sont généralement monogames, mais n'est pas toujours fidèles à leur partenaire. Dans la partie occidentale de leur aire de répartition, ils s'hybride avec le Passerin azuré. Le nid est construit dans un arbuste ou dans un arbre bas au feuillage dense, généralement de 30 cm à un mètre au-dessus du sol, mais plus rarement jusqu'à 9 m[11]. Le nid est constitué de feuilles, d'herbes, de tiges et de morceaux d'écorce, tapissé d'herbe tendre ou de poils et fixé par des toiles d'araignée. Il est construit par la femelle, qui s'occupe également seule des œufs[11]. La ponte compte de un à quatre œufs, habituellement trois à quatre. Les œufs sont blancs et le plus souvent sans marques, même si certains peuvent être tachés de brunâtre, avec une taille moyenne de 18,7 × 13,7 mm[12]. Le œufs sont couvés pendant 12 à 13 jours et les poussins sont nidicoles[3]. Les poussins quittent le nid 10 à 12 jours après l'éclosion. La plupart des couples élèvent deux couvées par an, et le mâle peut nourrir les jeunes à l'envol tandis que la femelle couve la ponte suivante[13].

Le Vacher à tête brune (Molothrus ater) peut parasiter les couvées de cette espèce[2]. Le Passerin indigo abandonne son nid si un œuf de vacher y apparaît avant qu'il n'ait pondu ses propres œufs, mais accepte l'œuf après cela. Les couples et les nids parasités ont un plus faible succès reproducteur. Les poussins du passerin éclosent, mais ont des taux de survie plus faible puisqu'ils entrent en concurrence avec le petit vacher pour être nourris par les parents[14].

Répartition et habitat [modifier]

Répartition du Passerin indigo sur le continent américain.
  •      Zones de reproduction
  •      Zone de migration
  •      Zones d'hivernage

Le Passerin indigo vit aux lisières des forêts broussailleuses, dans les forêts décidues ouvertes, dans les forêts secondaires, et sur les terres agricoles[15]. Ses zones de nidification s'étendent du sud du Canada jusqu'au Maine, au sud jusqu'au nord de la Floride et l'ouest du Texas, et vers l'ouest jusqu'au sud du Nevada. Les zones d'hivernage commencent dans le sud de la Floride et le centre du Mexique et s'étendent vers le sud à travers les Antilles et l'Amérique centrale jusqu'au nord de l'Amérique du Sud[3]. Il est erratique à Antigua-et-Barbuda, la Barbade, aux Antilles néerlandaises, en Équateur et à Saint-Pierre-et-Miquelon, ainsi qu'au Danemark, en Allemagne, en Islande, en Irlande, aux Pays-Bas, en Serbie et au Royaume-Uni[1]. On l'a enregistré en Europe en toutes saisons mais surtout en été, et certaines observations pourraient correspondre à des oiseaux échappés de captivité[5]. La migration a lieu en avril et mai, puis à nouveau en septembre et octobre. Le Passerin indigo migre souvent de nuit, s'aidant des étoiles pour se diriger[16]. En captivité, où il ne peut migrer, il subit une désorientation pendant ces mois s'il ne peut pas voir les étoiles depuis sa cage[3].

Taxinomie et systématique [modifier]

Le Passerin indigo fait partie de la famille des Cardinalidae, qui se compose de passereaux d'Amérique du Nord et du Sud, et est l'un des sept oiseaux du genre Passerina[17]. Il a été initialement été décrit en 1766 sous le protonyme de Tanagra cyanea par le naturaliste suédois Carl von Linné dans son ouvrage Systema Naturae. Le nom du genre actuel, Passerina, est dérivé du terme latin passer désignant les moineaux et autres petits oiseaux, tandis que la dénomination spécifique, cyanea, est le féminin du mot latin cyaneus qui signifie « cyan » ou « bleu foncé ». Aucune sous-espèce n'est distinguée[17],[18].

Le Passerin indigo est très proche du Passerin azuré (P. amoena), et s'hybride avec lui là où leurs aires de répartition se chevauchent, dans les Grandes Plaines[19]. Ils étaient considérés comme formant une super-espèce par l'Union américaine d'ornithologie (AOU) en 1983[20]. Le séquençage du gène du cytochrome b de membres du genre Passerina a cependant démontré que le Passerin indigo et le Passerin azuré ne sont pas des taxons frères. Le Passerin indigo est le frère de deux groupes frères, le groupe « bleu » (Passerin azuré et Guiraca bleu) et le groupe « peint » (Passerin à ventre rose, Passerin arc-en-ciel, Passerin varié et Passerin nonpareil). Cette étude génétique montre que ces espèces ont divergé entre 4,1 et 7,3 millions d'années. Cette date, compatible avec les preuves fossiles, coïncide avec un refroidissement de la fin du Miocène, qui a provoqué l'évolution d'une grande variété d'habitats dans les prairies de l'Ouest. L'évolution vers de plus petites tailles a peut-être permis aux passerins d'exploiter des graines de graminées comme source de nourriture[21].

Menaces et conservation [modifier]

Le Passerin indigo est considéré comme espèce de « préoccupation mineure » par l'Union internationale pour la conservation de la nature. Sa distribution couvre près de 5 900 000 km2 et sa population compte environ 28 000 000 individus. Les tendances démographiques n'ont pas été quantifiées, mais l'espèce ne semble pas approcher les seuils de déclin de population justifiant une mise à jour du statut de conservation, soit une baisse de plus de 30 % sur dix ans ou sur trois générations[1].

Annexes [modifier]

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Références taxinomiques [modifier]

Liens externes [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. a, b et c Union internationale pour la conservation de la nature
  2. a et b (en) John Kenneth Terres, The Audubon Society Encyclopedia of North American Birds, New York, Knopf, 1980 (ISBN 0-394-46651-9), p. 290 
  3. a, b, c et d (en) All About Birds, « Indigo Bunting », Cornell Lab of Ornithology. Consulté le 12 octobre 2012
  4. (en) John B. Dunning Jr., CRC Handbook of Avian Body Masses, CRC Press, 1992 (ISBN 978-0-8493-4258-5) 
  5. a et b (fr) Lars Svensson (trad. Guilhem Lesaffre et Benoît Paepegaey, ill. Killian Mullarney et Dan Zetterström), Le guide ornitho : Le guide le plus complet des oiseaux d'Europe, d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient : 900 espèces, Delachaux et Niestlé, coll. « Les Guides du Naturaliste », août 2010, 446 p. (ISBN 978-2-603-01695-4), p. 406-407 
  6. (en) Gregory Gough, « Indigo bunting Passerina cyanea », USGS Patuxent Wildlife Research Center, 2003. Consulté le 12 octobre 2012
  7. (en) Passerina cyanea, Audubon Society, 2003. Consulté le 12 octobre 2012
  8. a, b et c Animal Diversity Web
  9. (en) Lang Eliott, Know Your Bird Sounds, Stackpole Books, 2004 (ISBN 0-8117-2964-8) [lire en ligne], p. 23 
  10. (en) Kenneth Kaufman, Birds of North America, HMCo Field Guides, 2001 (ISBN 0-618-13219-8) [lire en ligne], p. 366 
  11. a, b, c, d et e (en) Kenneth Kaufman, Lives of North American Birds, HMCo Field Guides, 2001 (ISBN 0-618-15988-6) [lire en ligne], p. 569 
  12. (en) Hal H. Harrison, A Field Guide to Western Birds' Nests, HMCo Field Guides, 2001 (ISBN 0-618-16437-5) [lire en ligne], p. 231 
  13. (en) Charles Fergus, Wildlife of Pennsylvania and the Northeast, Stackpole Books, 2000 (ISBN 0-8117-2899-4) [lire en ligne], p. 316-317 
  14. (en) Paul A. Johnsgard, The Avian Brood Parasites: Deception at the Nest, Oxford, Oxford University Press, 1997 (ISBN 0-19-511042-0) [lire en ligne], p. 349 
  15. (en) Charles Gald Sibley et Burt Leavelle Monroe, Distribution and Taxonomy of Birds of the World, Yale University Press, 1991 (ISBN 0-300-04969-2) [lire en ligne], p. 775 
  16. (en) Stephen T. Emlen, « Migratory Orientation in the Indigo Bunting, Passerina cyanea - Part II: Mechanism of Celestial Orientation », The Auk, American Ornithologists' Union, vol. 84, no 4, octobre 1967, p. 463-489 [texte intégral] 
  17. a et b Congrès ornithologique international
  18. Alan P. Peterson
  19. (en) Roger S. Sharpe, W. Ross Silcock et Joel G. Jorgensen, Birds of Nebraska: Their Distribution and Temporal Occurrence, University of Nebraska Press, 2001, 520 p. (ISBN 0-8032-4289-1), p. 430 
  20. (en) Robert Wayne Campbell, The Birds of British Columbia, UBC Press, 2001 (ISBN 0-7748-0621-4), p. 184 
  21. (en) John Klicka, Adam J. Fry, Robert M. Zink et Christopher W. Thompson, « A Cytochrome-b Perspective on Passerina Bunting Relationships », The Auk, American Ornithologists' Union, vol. 118, no 3, juillet 2001, p. 610-623 [lien DOI]