Paradisier de Raggi

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Paradisier de Raggi

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Paradisaea raggiana

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Paradisaeidae
Genre Paradisaea

Nom binominal

Paradisaea raggiana
P.L. Sclater, 1873

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 01/07/75

Brillamment coloré et orné de plumes duveteuses rouge écarlate, le mâle du Paradisier de Raggi est un des représentants les plus spectaculaires de cette famille flamboyante. Les paradisiers mâles sont réputés pour leur plumage voyant mais aussi pour l'extraordinaire parade nuptiale qui attire et séduit les femelles. Comme la majorité des paradisiers, le paradisier de Raggi vit dans les forêts tropicales humides et les forêts d'altitude des îles de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Distribution[modifier | modifier le code]

Discontinue dans le sud-est et l’extrême sud-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

  • P. r. raggiana P. L. Sclater, 1873 : extrême sud-est (de la baie Cloudy à celle de Milne).
  • P. r. salvadorii Mayr & Rand, 1935 : en taches dans la province de Enga, région du mont Hagen et Hauts Plateaux du sud puis se prolongeant dans le sud-est jusqu’aux environs de Port Moresby.
  • P. r. intermedia De Vis, 1894 : régions de Wau et de la rivière Mambore.
  • P. r. granti North, 1906 : cette forme n’est pas reconnue par Frith & Frith (2009).
  • P. r. augustaevictoriae Cabanis, 1888 : régions de la rivière Ramu, Adelbert, Goroka, péninsule de Huon jusqu’à la rivière Waria.

Dénomination, historique[modifier | modifier le code]

Sclater, 1873, avait nommé cette espèce Paradisea raggiana en honneur à Francis Raggi. Elle avait été découverte à Orangerie Bay par des marins de la corvette Vettor Risani qui mit le cap pour assister les naturalistes Beccari et d’Albertis. Ce dernier envoya deux spécimens à Sclater avec la demande de la nommer en l’honneur de Raggi, un grand amateur d’oiseaux. Le paradisier de Raggi est également l’oiseau national de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (Ottaviani 2012).

Habitat[modifier | modifier le code]

Frith & Frith (2009) ont décrit une mosaïque d’habitats : forêts de basse altitude, de colline et de moyenne montagne, formations secondaires, lisières de forêts, jardins, boisements de casuarinas Casuarina et taillis en zones ouvertes déboisées.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Beehler (1983) a répertorié 81 individus se nourrissant sur Ficus sp., 75 sur Homalanthus novoguineensis (fruits à capsule) et 24 sur Gastonia spectabilis (baies), les 47 autres spécimens fréquentant d’autres plantes. Ottaviani (2012), a montré, photo à l’appui, que l’espèce consomme également des baies d’une araliacée du genre Polyscias.

Parade nuptiale[modifier | modifier le code]

Les mâles vivent en promiscuité et s’agrègent sur une zone de lek en occupant des perchoirs traditionnels. Les zones de lek, situées dans l’étage supérieur ou à la cime de la canopée de la forêt intérieure ou résiduelle, peuvent être utilisées pendant 10 à 20 ans. La plupart des leks comportent un grand arbre mais certains en comptent deux et abritent jusqu’à dix mâles adultes. La période des parades varie selon le secteur mais un pic a lieu de mai à août dans le parc national de Varirata et de juin à octobre dans la vallée de Wau. Le comportement nuptial des mâles est fondamentalement similaire à celui du paradisier grand-émeraude (parade de convergence, parade statique, séquence d’accouplement) avec quelques différences dans les mouvements, les postures et l’exhibition des plumes ornementales (Frith & Frith 2009).

Ottaviani (2012) a décrit une vidéo, du site Cornell Lab of ornithology, réalisée en décembre 2010 à Mendi dans la forêt Kiburu sur les Hauts Plateaux du sud par Edwin Scholes.. Un mâle se perche sur une branche oblique pour se pencher fortement en avant et exhiber son panache de plumes rouges. Dans cette posture, il imprime de brefs coups d’ailes et donne parfois des coups de bec sur la branche mais sans émettre le moindre cri.

Nidification[modifier | modifier le code]

La solide coupe est formée d’une assise de sarments de vignes et de feuilles mortes assemblées à des feuilles de palmiers. Elle est placée à environ quatre mètres dans la fourche d’un arbre de la forêt vers 400 m d’altitude. Elle contient deux œufs crème rosé striés longitudinalement de brun-rouge avec des sous-stries gris-violet (Gilliard 1969). Frith & Frith (2009) ajoutent que le revêtement intérieur ressemble à du crin de cheval mais dont il s’agit probablement de fibres d’un champignon. La période d’incubation portant sur une seule ponte est de 18 jours en milieu naturel et de 20 jours en captivité. La période d’élevage des jeunes au nid est de 17 à 20 jours sur trois cas d’élevage en captivité. À l’éclosion, les poussins sont nus et roses puis la peau devient foncée.

Statut, conservation[modifier | modifier le code]

BirdLife International (2011) qualifie l’espèce de « préoccupation mineure » car elle vit sur un assez vaste territoire et présente des effectifs stables sans menace notable. En 2002, sur le Crater Mountain Wildlife Management Area, à une altitude de 430 m à 650 m, la densité moyenne était estimée à 16,3 individus par km2 en forêt primaire, 14,7 individus par km2 dans d’anciens jardins, 20,9 individus dans de nouveaux jardins et, à une altitude de 650 m à 930 m, elle était évaluée à 42,7 individus en forêt primaire, 70,3 individus dans d’anciens jardins et 70,8 dans de nouveaux jardins.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Beehler, B. M. (1983). Frugivory and polygamy in Birds of Paradise. The Auk 100: 1-12.
  • Frith, C. B. & Frith, D. W. (2009). Family Paradisaeidae (Birds of Paradise). In del Hoyo, J. Elliott, A. & Christie, D. Handbook of the Birds of the World. Bush-shrikes to Old World Sparrows. Volume 14. pp. 404-459. Lynx Edicions, Barcelona.
  • Gilliard, E. T. (1969). Birds of paradise and Bowerbirds. Weidenfeld & Nicolson, New York.
  • Ottaviani, M. (2012). Les Oiseaux de Paradis – Histoire Naturelle et photographies, 320 pages. Editions Prin, France.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) À la découverte du monde sauvage, International Masters Publishers BV/IMP.