Paradisier de Keraudren

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Paradisier de Keraudren

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Phonygammus keraudrenii

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Paradisaeidae

Genre

Phonygammus
Lesson & Garnot, 1826

Nom binominal

Phonygammus keraudrenii
Lesson & Garnot, 1826

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 01/07/75

Le Paradisier de Keraudren (Phonygammus keraudrenii anciennement Manucodia keraudrenii) est une espèce de passereaux appartenant à la famille des Paradisaeidae.

Distribution[modifier | modifier le code]

Espèce largement répandue à travers la Nouvelle-Guinée et quelques îles voisines mais dans une distribution discontinue, en taches plus ou moins importantes, et correspondant globalement aux différentes sous-espèces. Une sous-espèce est également présente dans la péninsule du Cap York et dans deux îles adjacentes en Australie.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

  • P. k. keraudrenii (Lesson & Garnot, 1826) : ouest de la Nouvelle-Guinée : Vogelkop (ouest des monts Tamrau et monts Arfak), ouest des monts Fakfak, monts Weyland.
  • P. k. jamesii (Sharpe, 1877) : sud de la Nouvelle-Guinée, au sud d’une ligne reliant la rivière Mimika à l’ouest et Port Moresby à l’est, avec les îles Boigu et Saibai dans le détroit de Torrès.
  • P. k. neumanni (Reichenow, 1918) : centre-nord-est de la Nouvelle-Guinée (monts Bewani et Torricelli, Lordberg, Schrader, rivières Sepik, Jimi et Baiyer).
  • P. k. adelberti (Gilliard & LeCroy, 1967) : nord-est de la Nouvelle-Guinée (monts Adelbert).
  • P. k. aruensis (Cracraft, 1992) : îles Aru (Wokam, Kobroor, Trangan).
  • P. k. diamondi (Cracraft, 1992) : est de la Nouvelle-Guinée (Okapa, Kassam Pass, nord des montagnes Kratke). Cracraft (1992) a décrit ces deux dernières formes comme espèces propres.
  • P. k. purpureoviolaceus (A. B. Meyer, 1885) : est de la Nouvelle-Guinée (Kuper, aire de Wau et monts Owen Stanley).
  • P. k. hunsteini (Sharpe, 1882) : archipel d’Entrecasteaux (îles Fergusson, Goodenough, Normanby).
  • P. k. mayri (Greenway, 1942) : nord-est (Morobe). Cette forme n’est pas reconnue par Frith & Frith (2009).
  • P. k. gouldii (G. R. Gray, 1859) : extrême nord et est de la péninsule du Cap York avec les îles adjacentes Albany et Mai, Australie (Ottaviani 2012).

Dénomination[modifier | modifier le code]

Lesson & Garnot, 1826, avaient originellement nommé cette espèce Barita Keraudrenii en honneur à Pierre F. Keraudren, Inspecteur Général du service médical de la Marine Française et ont instauré le genre Phonygammus qui tire sa racine du grec (phone : voix et gamma : gamme).

Habitat[modifier | modifier le code]

Son milieu de prédilection est la forêt intérieure et les épais buissons où il garde le couvert végétal. Il apparaît plus rarement à la lisière des forêts, dans les clairières ou les jardins.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Il recherche activement insectes, baies et fruits, avec une préférence pour les figues (Frith & Frith 2009). Ottaviani (2012) confirme la consommation de Ficus destruens et répertorie une autre plante, photo à l’appui, une sapotacée du genre Palaquium.

Mœurs[modifier | modifier le code]

Il fréquente la couronne des grands arbres, souvent en couples, en groupes ou même avec d’autres oiseaux. Il est généralement difficile à observer et plus souvent entendu que vu. Son camail de plumes effilées n’est distinctif qu’à proximité. Malgré son mode de vie effacé, il est d’une nature plutôt curieuse, si bien que de nombreux piégeurs l’ont collecté en grands nombres par simple imitation de son cri (Gilliard 1969).

Voix[modifier | modifier le code]

Le terme anglais « Trumpet Manucode » provient de la résonance particulière de son cri. Le nom indigène « caloo-caloo » n’est autre que la transcription phonétique de son cri.

Parade nuptiale[modifier | modifier le code]

Pendant la parade, qui se passe généralement sur une grosse branche horizontale à une dizaine de mètres de hauteur, le mâle (que l’on identifie à sa plus grande taille), se tourne vers la femelle et abaisse fortement le corps contre le perchoir. Puis il se relève légèrement, déploie les ailes, gonfle les plumes du corps et lance un kraughhhhh puissant, discordant et étiré. Puis il affine son plumage et replie les ailes. Enfin, il se rapproche de la femelle qui, le plus souvent, s’envole vers une autre branche où elle est immédiatement rejointe jusqu’à ce que l’accouplement ait lieu (Gilliard 1969). La parade nuptiale n’avait jusqu’alors jamais été photographiée mais Ottaviani (2012), grâce à un cliché unique de Philippe Verbelen, a pu combler cette lacune.

Nidification[modifier | modifier le code]

Le nid de ramilles et de sarments de vigne sauvage est fixé dans une enfourchure bien dissimulée dans les frondaisons jusqu’à 20 m de hauteur. Il contient deux œufs rosé pâle striés et tachés de brun-rouge, de gris et de gris-violet (Gilliard 1969).

Statut[modifier | modifier le code]

L’espèce est peu commune et sporadique dans les îles Aru, également sporadique en Nouvelle-Guinée avec des populations isolées sur la côte nord. La population australienne, en raison d’une limitation de son habitat, est très disséminée (Frith & Frith 2009).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frith, C. B. & Frith, D. W. (2009). Family Paradisaeidae (Birds of Paradise). In del Hoyo, J. Elliott, A. & Christie, D. Handbook of the Birds of the World. Bush-shrikes to Old World Sparrows. Volume 14. pp. 404-459. Lynx Edicions, Barcelona.
  • Gilliard, E. T. (1969). Birds of paradise and Bowerbirds. Weidenfeld & Nicolson, New York.
  • Ottaviani, M. (2012). Les Oiseaux de Paradis – Histoire Naturelle et photographies, 320 pages. Editions Prin, France.

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