Oryctérope du Cap

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Oryctérope du Cap

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Orycteropus afer

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Tubulidentata
Famille Orycteropodidae
Genre Orycteropus

Nom binominal

Orycteropus afer
(Pallas, 1766)

Répartition géographique

alt=Description de l'image Aardvark area.png.


Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 01/07/75

L'Oryctérope du Cap (Orycteropus afer), aussi appelé cochon de terre, est un mammifère fourmilier d'Afrique, qui joue un rôle écologique important en contrôlant l'extension des populations de termites.

Orycteropus afer est la seule espèce vivante du genre Orycteropus, unique membre de l'ordre des tubulidentés. Génétiquement parlant, l'oryctope est un fossile vivant, aux chromosomes hautement conservés. Mais il existe bien d'autres espèces éteintes dans ce genre.

Aspect[modifier | modifier le code]

Crâne d'oryctérope du Cap

Mesurant environ 1 à 1,30 m, de longueur, à l'âge adulte, il a une tête très allongée se terminant par un groin tubulaire, de grandes oreilles ressemblant à celles d'un âne. Sa tête est rattachée par un cou court à un corps massif et arqué. Il se termine par une queue pointue et musculeuse. C'est un ongulé. Cet animal est d'ailleurs appelé cochon de terre en raison de la forme de sa tête. Il pourrait aussi être comparé à un animal se situant entre le fourmilier, le cochon et le kangourou, en raison de la forme de sa queue. Malgré ces ressemblances, l'oryctérope constitue un ordre à part. Le poids d'un oryctérope est typiquement compris entre 60 et 80 kg. Son pelage est mince, et sa principale protection est sa peau épaisse.

Bien que ce soit un fourmilier, la mâchoire comporte quelques molaires.

Son nez contient plus de bulbes olfactifs que tout autre mammifère (9 bulbes, à comparer avec les 4 ou 5 bulbes des chiens)[1]. Le lobe olfactif de son cerveau est également très développé[2].

Ses pieds sont pourvus de quatre doigts en avant et cinq en arrière, armés de fortes griffes un peu aplaties et en forme de pelle, qui semble être un intermédiaire entre la griffe et le sabot, et lui permettant de creuser le sol ou de fouiller une termitière en un temps record.

Habitat[modifier | modifier le code]

Squelette d'oryctérope du Cap

On trouve l'oryctérope dans l'essentiel de l'Afrique subsaharienne, à l'exception des forêts vierges, cependant on l'observe peu car il est de mœurs nocturnes et passe le jour dans un terrier. La nuit venue, il parcourt plusieurs kilomètres à la recherche de termites. Il laisse traîner sa queue derrière lui en se déplaçant, ce qui laisse une piste caractéristique.

Il préfère les zones de savanes où le sol est meuble et où il est susceptible de trouver des termites et de l'eau en quantité suffisante. Il n'est en revanche pas présent dans les zones marécageuses, où il ne peut pas creuser.

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

L'oryctérope se nourrit essentiellement de fourmis et de termites, qu'il extrait des termitières à l'aide de ses griffes très puissantes et de sa longue langue enduite d'une salive collante. Il est également capable de repérer les processions de termites se déplaçant sur le sol à l'aide de son odorat très fin. Il peut avaler près de 50.000 termites en une nuit. Il se nourrit également de coléoptères et de leurs larves. Le seul fruit mangé par l'oryctérope est un concombre (Cucumis humifructus). Ce fruit très particulier qui pousse d’abord sur le sol puis sous terre est recherché par cet animal, qui est suffisamment fort pour ouvrir sa cosse très épaisse. Il est source d’hydratation pour l’oryctérope, qui disperse les graines dans ses excréments. La présence de ces fruits indique généralement celle des oryctéropes[3].

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

L'oryctérope du Cap peut vivre en captivité jusqu'à 23 ans. Ses principaux prédateurs sont le lion, le léopards, le python. Il est également apprécié par les humains pour sa viande. L'oryctérope peut fuir en creusant très rapidement un trou à l'aide de ses griffes.

L'oryctérope dans la culture[modifier | modifier le code]

  • Dans la série Tamanoir et Fourmi Rouge, le tamanoir est en réalité un oryctérope.
  • Le capitaine Haddock, personnage des Aventures de Tintin, utilise à deux reprises le mot oryctérope comme insulte, dans Tintin au pays de l'or noir et Tintin et les Picaros.
  • Alain Saint-Ogan crée un animal mythique dans "Zig et Puce et le professeur Médor" en 1941 : l'Oryctérope volant.
  • Dans la série « Cérébus » du canadien Dave Sim, le héros, Cérébus, est un oryctérope.
  • Dans Les Amis Ratons, Cyril Rictus, son fils Cédric et la petite amie de celui-ci sont des oryctéropes, bien que leurs aventures se déroulent dans un endroit qui connaît les hivers neigeux nord-américains et le hockey, et qu'ils vivent dans la « Forêt des sapins verts », bien loin de l'Afrique.
  • Dans le roman Volte-face (the Reversal en anglais) de Michael Connelly, la société de dépannage de la ville dans laquelle travaille Jason Jessup a pour nom « Les dépanneuses de l'Oryctérope » (Aardvark en anglais, nom d'origine néérlandaise signifiant "cochon de terre", ce qui lui permet de figurer dans les premières occurrences de l'annuaire du téléphone).
  • Au Québec, un groupe de musique punk/rock alternatif porte le nom de Groovy Aardvark et le titre de leur troisième album est Oryctérope.
  • Dans la série de jeux vidéo Heroes of Might & Magic, la semaine de l'oryctérope est une semaine où il ne se passe rien.
  • Dans la bande dessinée Bernard Lermite, de Martin Veyron, le héros est accompagné d'un Oryctérope qui a le don de déclencher des orages.
  • Dans la saga littéraire Les aventures de Jack Aubrey de Patrick O'Brian, l'oryctérope est un des sujets d'étude du docteur Maturin.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

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References[modifier | modifier le code]

  1. Merriam-Webster Dictionary Online (2010)
  2. Rahm 1990, p. 456
  3. Shoshani 2002, p. 618
  • Merriam-Webster Online Dictionary, « aardvark », sur Merriam-Webster Online Dictionary,‎ 2010 (consulté le 2013-11-18)
  • Urs Rahm, « Tubulidentates: Aardvark », dans Sybil P. Parker, Tubulidentates: Aardvark, vol. 4, New York, NY, McGraw-Hill Publishing Company,‎ 1990 [détail de l’édition] (ISBN 0-07-909508-9)
  • Jeheskel Shoshani, « Tubulidentata », dans Sarah Robertson, Tubulidentata, vol. 18: Svedberg, Theodor to Two-hybrid and Related Systems, London, UK, Nature Publishing Group,‎ 2002 [détail de l’édition] (ISBN 1-56159-274-9)

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