Neal Cassady

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Neal Cassady (Salt Lake City, 8 février 1926 - San Miguel de Allende au Mexique, 4 février 1968) est un poète et écrivain américain, compagnon de route de Jack Kerouac sur lequel il a eu beaucoup d'influence[1]. Neal Cassady inspire à Kerouac le personnage de Dean Moriarty dans son livre Sur la route. Neal Cassady est une figure incontournable de la beat generation[2] mais aussi du mouvement psychédélique des années 1960.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Maude Jean Scheuer et de Neal Marshall Cassady, sa mère morte alors qu’il n’a que dix ans, il est élevé par son père alcoolique à Denver, Colorado. Très tôt, il connaît une vie de délinquance aux côtés de son père puis seul, et fréquente les maisons de correction. À 14 ans, il est arrêté une première fois pour vol à l'étalage, à 15 ans, pour vol de voiture ; puis en 1944, il purge une peine de onze mois de prison pour recel. C'est lors d'un séjour en maison de correction qu'il entretient une correspondance avec Hal Chase, un ami de Jack Kerouac et d'Allen Ginsberg.

En 1947, Neal se rend à New York en compagnie de LuAnne Henderson, une fille de seize ans épousée à sa sortie de prison en 1945, avec l'ambition d’apprendre la philosophie auprès d’Allen Ginsberg. Allen présente Neal à Jack Kerouac. Les trois jeunes gens partageront de longs moments ensemble où alcool, drogue et sexe feront bon ménage : cette période new-yorkaise se passe un an avant la période de Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leurs piscines. C'est durant cette époque que Neal vit une liaison homosexuelle avec Allen Ginsberg[3].

Pour Kerouac, Neal est un personnage flamboyant de liberté, de sauvagerie et de soif de vivre. À travers le personnage de Dean Moriarty, Kerouac le dépeint en jouisseur, affamé de femmes, de liberté et de voitures, possédant un certain magnétisme et perpétuellement à la recherche d'horizons nouveaux. Menteur, voleur, séducteur, Neal Cassady est le type idéal pour la route d'après Kerouac, car « né sur la route, dans une bagnole alors que ses parents traversaient Salt Lake City en 1926 pour gagner Los Angeles ». Neal Cassady est aussi doué d'une énergie inépuisable et de grandes capacités physiques puisqu'il bat à la course et en saut en hauteur Jack Kerouac, pourtant sportif de haut niveau en football américain.

Kerouac et Cassady feront plusieurs voyages à travers les États-Unis, parcourant de nombreuses villes et rencontrant de nombreuses personnes. Tout cela est en grande partie relaté dans Sur la route. Neal est un conducteur hors pair, et c'est sans encombre, torse nu et à pleine vitesse qu'il mènera Kerouac de Frisco (San Francisco) à New York et inversement allant de l'une à l'autre de ces deux villes sans faire la moindre pause, si ce n'est pour faire le plein. Mais au-delà du personnage même, c'est aussi la manière d'écrire de Neal qui influencera Kerouac pour son livre. Il écrit souvent des lettres dans un style spontané, instinctif, frénétique qui va largement inspirer le style de Kerouac.

En 1948, il épouse Carolyn Robinson, et s'installe dans un ranch à Monte Sereno en Californie, près de San Francisco. Alors qu'il semble rangé, il quitte soudainement sa femme et sa fille Cathleen-Joanne qui vient de naître, pour repartir sur la route en compagnie de son ex-femme LuAnne Henderson, avec qui il renoue, de Kerouac et d'Allen Ginsberg. Il retourne à son foyer tout aussi brutalement en janvier 1949, après avoir plaqué Jack Kerouac et LuAnne à San Francisco. Néanmoins, Neal Cassady ne se révèle pas un époux fidèle puisqu'il entretient une nouvelle relation avec Diane Hansen, une femme mariée en 1950. Malgré son travail à la Southern Pacific Railroad, il garde contact avec ses confrères beat même si au fil du temps leurs positions philosophiques divergent.

En 1958, Neal, arrêté pour possession de marijuana dans une boîte de nuit, est envoyé en prison. Il en ressort en 1960, mais le jugeant incapable d'honorer ses engagements familiaux, Carolyn demande le divorce en 1963. Il s'installe alors dans un appartement avec Allen Ginsberg et Charles Plymell.

C'est en 1962 qu'il rencontre Ken Kesey qui lui propose de tenir le volant du bus des Merry Pranksters pour un voyage hallucinatoire dans l'Amérique des années 1960 en pleine découverte de l'acide, drogue aux multiples visages. Toute cette période de sa vie a été relatée dans l'ouvrage de Tom Wolfe Acid test.

De 1967 à 1968, Neal Cassady voyage beaucoup et de manière frénétique entre Mexico et New York. Le 3 février 1968, il participe à une fête de mariage à San Miguel de Allende, et après la fête, tente de rejoindre la ville prochaine en suivant la voie ferrée. Il fait particulièrement froid, il pleut ce soir-là et Neal n'est vêtu que d'un jean et d'un tee-shirt. Il est retrouvé le lendemain matin dans un profond coma, emmené dans un hôpital où il décède quelques heures plus tard.

Les causes de sa mort restent incertaines. Certains convives affirmèrent que Neal Cassady avait consommé de fortes doses de Secobarbital, un puissant barbiturique qui peut rapidement mener à l'overdose. Le froid est aussi cité comme étant une cause de son décès tout comme (selon sa femme Carolyn) une déficience rénale.

Quelques semaines avant sa mort, il rencontra Bukowski, à qui il avait demandé d'écrire « le chapitre final », ce que ce dernier fit en lui consacrant un texte dans le Journal d'un vieux dégueulasse.

Cassady avait commencé une autobiographie, dont seule une ébauche put paraître de façon posthume en 1971 : The first third (publié en français en 1998 sous le titre de Première Jeunesse).

Un film basé sur sa vie et intitulé Neal Cassady est sorti en octobre 2007 aux États-Unis. Le roman "Ballast" de Jean-Jacques Bonvin est également directement inspiré par le personnage de Neal Cassady. Les éditions Finitude publient en 2014 "Un truc très beau qui contient tout", le premier volume de la correspondance inédite de Neal Cassady (1944-1950), traduite par Fanny Wallendorf.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (en) : Pull My Daisy (1951, recueil de poésie) écrit avec Jack Kerouac.
  • (en) : The First Third, 1951, roman autobiographique ;
    • (en) : The First Third & Other Writings, City Lights, San Francisco, 1971, 157 p., (LCCN 74088229) ;
    • (fr) : Première jeunesse (traduit de l'américain par Gérard Guégan), éditions Flammarion, Paris, 1998, 309 p., (ISBN 2-08-067482-X), (notice BnF no FRBNF36999938z). — Réédition en collection de poche : éditions 10/18, coll. « Domaine étranger » no 3193, Paris, 2000, 309 p., (ISBN 2-264-02952-8), (notice BnF no FRBNF37107642s).
  • (en) : As Ever : the Collected Correspondence of Allen Ginsberg and Neal Cassady (avec une préface de Caroline Cassady, une introduction de Barry Gifford, éditeur scientifique du texte, et une postface d'Allen Ginsberg), Creative Arts book, Berkeley, 1977, vi + 227 p., (ISBN 0-916870-08-1), (notice BnF no FRBNF35363103v).
  • (en) : Grace Beats Karma : Letters From Prison, 1958-60, Blast Books, New York, 1993, xiii + 223 p., (ISBN 0-922233-08-X), (notice BnF no FRBNF36683276d). — Recueil de poésie et de correspondance.
  • (en) : Neal Cassady : Collected Letters : 1944-1967 (édité par Dave Moore, avec une introduction de Caroline Cassady), Penguin Group, New York, 2004, xxii + 490 p., (ISBN 0-1420-0217-8), (notice BnF no FRBNF392595178). — Lettres et essais.
    • (fr) : "Un truc très beau qui contient tout - Correspondance inédite 1944-1950", traduit de l'américain par Fanny Wallendorf, Éditions Finitude, 2014.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) : Carolyn Cassady, Heart Beat : My Life With Jack and Neal, Creative Arts Book Co., Berkeley, 1976, 93 p., (ISBN 0916870030), (LCCN 76012732).
  • (en) : William Plummer, `The Holy Goof : A Biography of Neal Cassady, éditions Prentice-Hall, Englewood Cliffs, 1981, 162 p. + 16 p. de planches illustrées, (ISBN 0133926052), (notice BnF no FRBNF81005144).
  • (en) : Carolyn Cassady, Off the Road : My Years With Cassady, Kerouac, and Ginsberg, W. Morrow, New York, 1990, 436 p. + 16 p. de planches illustrées, (ISBN 0688088910), (LCCN 90005588) ;
    • (fr) : Sur ma route : ma vie avec Neal Cassady, Jack Kerouac, Allen Ginsberg et les autres (traduit de l'anglais par Martine Véron), éditions Denoël, coll. « Et d'ailleurs », Päris, 2000, 555 p. + 8 p. de planches illustrées, (ISBN 2-207-24863-1), (notice BnF no FRBNF37112085d). Réédition en collection de poche : éditions 10/18, coll. « Domaine étranger » no 3442, Paris, 2002, (ISBN 2-264-03429-7), (notice BnF no FRBNF388256918).
  • (fr) : Un truc très beau qui contient tout - Correspondance inédite 1944-1950, traduit de l'américain par Fanny Wallendorf, Éditions Finitude, 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kerouac était fasciné par un jeune homme au corps d'athlète, un escroc suicidaire qui rêvait de devenir poète et qui devint son double, son frère, sa muse : Neal Cassidy. Jean-Luc Douin, « VISIONS DE CODY de Jack Kerouac », Le Monde,‎ 7 février 1997
  2. Nathalie Crom, « Un truc très beau qui contient tout », Télérama,‎ 1er mars 2014
  3. racontée dans la version non remaniée de Sur la route

Liens externes[modifier | modifier le code]