Howl

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Howl (homonymie).

Howl est un poème d'Allen Ginsberg paru dans son recueil de poème de 1956 intitulé Howl and Other Poems. Ce poème est considéré comme l'une des œuvres majeures de la Beat Generation, avec Sur la route de Jack Kerouac (1957), Gasoline de Gregory Corso (1958) et Le Festin nu de William S. Burroughs (1959).

Genèse du poème et réception[modifier | modifier le code]

Howl a été écrit en 1955 pour être récité lors de la lecture publique à la Six gallery de San Francisco, mais il a ensuite été publié par le poète Lawrence Ferlinghetti chez City Lights Books. Le poème a été qualifié d'« obscène » et Ferlinghetti fut arrêté et inculpé pour sa publication. Le 3 octobre 1957, le juge Clayton W. Horn rendit un arrêt affirmant le contraire, ce qui permit à Howl de continuer à être diffusé et de devenir le poème le plus réputé de la Beat Generation[1].

Texte[modifier | modifier le code]

Howl

J’ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus, se traînant à l’aube dans les rues nègres à la recherche d’une furieuse piqûre,

initiés à tête d’ange brûlant pour la liaison céleste ancienne avec la dynamo étoilée dans la mécanique nocturne,

qui pauvreté et haillons, et œil creux et défoncés restèrent debout en fumant dans l’obscurité surnaturelle des chambres bon marché flottant par-dessus le sommet des villes en contemplant du jazz,

qui ont passé à travers des universités avec des yeux radieux froids hallucinant l’Arkansas et des tragédies à la Blake parmi les érudits de la guerre,

qui ont été expulsés des académies pour folie et pour publication d’odes obscènes sur les fenêtres du crâne,

qui se sont blottis en sous-vêtements dans des chambres pas rasés brûlant leur argent dans des corbeilles à papier et écoutant la Terreur à travers le mur,

qui furent arrêtés dans leurs barbes pubiennes en revenant de Laredo avec une ceinture de marijuana pour New York,

qui s’enchaînèrent sur les rames de métro pour le voyage sans fin de Battery au Bronx pleins de benzédrine, jusqu’à ce que le bruit des roues et des enfants les firent redescendre tremblants, débris de bouche et mornes cerveaux cognés toute brillance écoulée dans un éclairage lugubre de zoo,

qui parlèrent sans discontinuer pendant soixante-dix heures du parc à la piaule au bar à l'asile au musée au pont de Brooklyn, un bataillon perdu de platoniques maniaques du dialogues sautant les pentes en bas des escaliers de secours en bas des rebords de fenêtre en bas de l'Empire State hors de la Lune, blablateurs hurlant vomissant des murmures des faits des souvenirs des anecdotes des orgasmes visuels et des traumatismes des hôpitaux et des prisons et des guerres

(Extraits)

Postérité[modifier | modifier le code]

La chanson Spell de Patti Smith est un poème inspiré de Howl.

La période de la vie de Ginsberg durant laquelle il rédige Howl a fait l'objet d'un film biographique américain, Howl, de Rob Epstein et Jeffrey Friedman (scénario et réalisation), sorti en 2010, où Allen Ginsberg est incarné à l'écran par l'acteur James Franco. Ce film relate la saga judiciaire à propos du poème de Ginsberg qui en donne une brillante lecture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Morgan, Bill and Joyce Peters. Howl on Trial. (2006) p. xiii.