Néokeynésianisme

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Le néokeynésianisme est une école d'économie parmi les plus importantes. Son objectif est de réaliser la synthèse entre les néoclassiques et les idées de Keynes, dont le keynésianisme est inspiré. Les tenants de cette école, appelés néokeynésiens, sont cependant considérés comme proches des néoclassiques dont ils s'inspirent largement.

On donne plus généralement le nom d'« école de la synthèse ».

Il convient de ne pas confondre ce courant avec celui des nouveaux keynésiens et des post-keynésiens, qui se réclament de la méthode holiste de Keynes.

Controverse scolaire sur l’équilibre général[modifier | modifier le code]

L'école néokeynésienne se situe en deux temps, l'école néokeynésienne démarre dès la publication de John Hicks[1]. Hicks va modéliser les idées keynésiennes dans un cadre purement classique, ce qui vaudra à cette école de se trouver entre keynésiens et néoclassiques.
L'école va se scinder en deux branches complémentaires, la première branche est celle de John Hicks qui postulait que l'équilibre général était la règle, et que le déséquilibre était un cas exceptionnel de l'économie, cela suppose qu'il y a une force endogène qui ramène l'économie à l'équilibre général. Une seconde branche, apparue avec Robert Clower et Axel Leijonhufvud, va développer le fait que l'équilibre général est un cas d'école, et que le déséquilibre est la règle, selon ces auteurs, il est rare que l'offre soit strictement égale à la demande. De cette façon, la demande ou l'offre sera naturellement rationnée.

L'équilibre général walrasien, règle du système économique (1937)[modifier | modifier le code]

De grands noms de l'économie font partie de cette branche de l'école keynésienne. Ils considèrent l'équilibre général comme le cas normal de l'économie, et admettent des situations de déséquilibre possibles mais très rares qui mène à correction vers l'équilibre général qui est la règle.

La macroéconomie néokeynésienne[modifier | modifier le code]

John Hicks sera le premier de cette école, il va modéliser la pensée keynésienne en environnement classique via le célèbre IS-LM qui décrit l'impact de politiques budgétaires de demande sur le PIB. Auparavant, toutes politiques n'étaient que d'offre et étaient d'inspiration classique.
Paul Samuelson est probablement le plus grand macroéconomiste de cette école, il a en effet écrit un premier livre de macroéconomie qui a servi de base d'apprentissage pour les étudiants en économie. Ses travaux sont extrêmement larges: interprétation de la courbe de Phillips avec Robert Solow (chômage-inflation), formalisation de l'accélérateur keynésien, modèle en dotation factorielle pour expliquer le commerce international.

Ces théoriciens vont faire le lien entre fondements microéconomiques pour les agréger et former la macroéconomie moderne. L'IS-LM en est l'exemple. Leurs implications macroéconomiques influenceront les politiques de relance des années 1960 aux États-Unis avec la relance Kennedy.
Certains vont aussi étendre le modèle IS-LM pour le mettre à prix flexibles. D'autres comme Robert Mundell vont étendre l'IS-LM pour le mettre en économie ouverte. On pourra donc modéliser les impacts des politiques monétaires et budgétaires sur des variables externes comme le taux de change fixe ou flexible, les taux d'intérêts du monde etc. C'est le modèle de Mundell qui retrace tout cela.

La croissance[modifier | modifier le code]

Robert Solow a théorisé la croissance économique en créant son célèbre modèle de Solow qui retrace l'accumulation du capital par tête d'un pays jusqu'à un seuil, appelé équilibre stationnaire. Ce modèle est très ambigu, du fait qu'il est considéré comme le modèle universel néoclassique alors que Solow était officiellement néokeynésien.
Celui-ci s'oppose aux modèles keynésiens d'Harrod-Domar, et à ceux de croissance endogène. En effet, le modèle de Solow se base sur l'exogénéité de la croissance: celle-ci ne provient que de la hausse de la productivité des facteurs de production, les investissements de long terme comme le progrès technique, ou le capital humain ne sont pas pris en compte. L'innovation est considérée aussi comme une donnée exogène.

L'économie industrielle[modifier | modifier le code]

William Baumol va théoriser avec Baynes, et Stigler la théorie des marchés contestables. C'est un modèle économique qui étudie les industries de réseaux, tels que les télécoms ou l'aviation, qui conduit à une situation monopolistique du fait de couts fixes très élevés qui constituent une barrière à l'entrée.
Néanmoins, la concurrence potentielle exercée par les firmes désireuses de pénétrer un marché monopolistique va forcer la firme en monopole à maintenir ses prix suffisamment bas pour éviter l'entrée de concurrents.
Les conclusions de ce modèle ont conduit à la dérèglementation des industries de réseaux détenues par l'État. La privatisation des entreprises de chemin de fer, d'aviation, de télécommunications en sont la conséquence.

L'équilibre général avec rationnement (EGR)[modifier | modifier le code]

L’EGR est une nouvelle voie pour le keynésianisme. Il démarre dans les années 1970, développé par des Français. Le paradigme keynésien est remis en cause à cette époque :

  • Un chômage persistant commence à apparaître ;
  • Les politiques de relance sont inefficaces. Les modèles keynésiens considéraient qu'on ne pouvait avoir chômage et inflation en même temps. Pourtant, les chocs pétroliers se caractérisent pas une forte inflation et un fort chômage, et d'une croissance nulle, c'est la stagflation. On pense alors que les idées de Keynes ont vécu avec la École néoclassique (NEC) et les monétaristes. Néanmoins l’EGR est un nouvel espoir, elle développe deux idées importantes :
    • Le chômage n’est pas forcément volontaire, d’autant que quand le chômage devient très important, il n’est plus volontaire.
    • Les économies fonctionnent loin de l’équilibre, cette notion d’équilibre est alors remise en cause notamment l’équilibre de plein-emploi.

Des théoriciens vont expliquer comment des économies vont fonctionner loin de l’équilibre : c'est-à-dire expliquer le maintien durable du sous-emploi, alors que chez les néoclassiques l’équilibre revient instantanément sans coût (notion d'équilibre général). Les théoriciens de l’EGR, notamment Robert Clower (1965) et Axel Leijonhufvud (1967-68) vont alors reprendre les bases du système classique, mais vont différencier les offres et demandes effectuées par les agents et celles réalisées. Si les deux diffèrent on sera en situation de déséquilibre. Cette hypothèse d’un déséquilibre entre l’offre et la demande va créer alors un courant appelé théorie (néokeynésienne) du déséquilibre. Deux français vont la développer Edmond Malinvaud (1977) et J-P Bénassy (1976). Ils vont alors montrer que l’équilibre Walrasien est un cas particulier, un cas d’école et que généralement il y a déséquilibre.

Cette théorie a pour but de rassembler les keynésiens et les classiques autour d’une école. Ces deux Français ont donc créé une « économie à la française » (ou « french economics »).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "M. Keynes and The classics", 1937.

Article connexe[modifier | modifier le code]