Bullionisme

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Le bullionisme est un courant de pensée économique du XVIe siècle reposant sur la conviction que les métaux précieux et donc la quantité d’or détenue sont la richesse par excellence en raison de leur caractère impérissable[1]. Il préconise d'empêcher par tous moyens l'or et l'argent entrés dans le pays de sortir des frontières. Le bullionisme a été la matrice primitive du mercantilisme.

Il fut appliqué en particulier en Espagne sous Charles Quint et Philippe II. Dès les premières années qui ont suivi la découverte de l'Amérique, l'Espagne a importé de l'or en provenance des Antilles. Puis, à partir du milieu du XVIe siècle, l'argent, originaire du Pérou, abonda. L'arrivée des métaux précieux a été l'une des causes de l'âge d'or espagnol lors de la Renaissance[2].

Le terme bullionisme provient du mot anglais bullion, qui signifie « lingot ».

Critique[modifier | modifier le code]

Adam Smith dénie à l'or et à l'argent leur fonction de mesure de la richesse :
« La double fonction que remplit l’Argent, comme instrument de commerce et comme mesure des valeurs, a naturellement livré cette idée populaire que l’Argent fait la richesse, ou que la richesse consiste dans l’abondance de l’or et de l’argent […]. On raisonne de la même manière à l’égard d’un pays. Un pays riche est celui qui abonde en argent, et le moyen le plus simple d’enrichir le sien, c’est d’y entasser l’or et l’argent […]. Du fait du succès croissant de ces idées, les différentes nations d’Europe se sont appliquées, quoique sans beaucoup de succès, à chercher tous les moyens possibles d’accumuler l’or et l’argent. L’Espagne et le Portugal, possesseurs des principales mines qui fournissent ces métaux à l’Europe, en ont prohibé l’exportation sous les peines les plus graves, ou l’ont assujettie à des droits énormes. Cette même prohibition a fait longtemps partie de la politique de la plupart des nations de l’Europe. On la trouve même là où l’on devrait le moins s’y attendre, dans quelques anciens actes du parlement d’Écosse, qui défendent, sous de fortes peines, de transporter l’or et l’argent hors du royaume. La même politique a aussi été mise en place en France et en Angleterre » (1776 La Richesse des Nations, livre IV, chapitre I).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire d'Économie et des Sciences Sociales, CD Echaudemaison, Nathan Paris 1993
  2. Louis Baudin (mort en 1964), Précis d'histoire des doctrines économiques, pp. 27 à 29 sur le site de l'association 1901 Institut Coppet.

Voir aussi[modifier | modifier le code]