Marie Laveau

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La prêtresse vaudou Marie Laveau.

Marie Laveau (10 septembre 1801 - 16 juin 1881) est une créole et prêtresse vaudou renommée de La Nouvelle-Orléans en Louisiane.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses débuts[modifier | modifier le code]

La maison de Marie Laveau à La Nouvelle-Orléans.
Plaque en l'honneur de Marie Laveau

Marie Laveau est née libre dans le quartier historique du Vieux carré français de La Nouvelle-Orléans en Louisiane. Elle est la fille d'un planteur blanc et d'une femme noire affranchie.

Le 4 août 1819, elle épousa Jacques Paris, un homme noir affranchi comme elle, qui avait émigré d'Haïti. Leur certificat de mariage est conservé dans la cathédrale Saint-Louis de La Nouvelle-Orléans où ils se sont mariés sous la bénédiction du père capucin Antoine. Jacques Paris mourut en 1820 dans des circonstances inexpliquées. Marie Laveau a été un temps surnommée la veuve Paris. Il faisait partie de l'importante communauté d'immigrants haïtiens de La Nouvelle-Orléans, qui avaient fui la révolution haïtienne de 1804. Les nouveaux immigrants se composaient de planteurs blancs et de milliers d'esclaves ainsi que de gens de couleur libres. Ceux qui ont des origines africaines ont contribué à raviver le culte vaudou accompagné des rituels africains et des pratiques culturelles ancestrales dans la communauté noire de La Nouvelle-Orléans.

Après la mort de Jacques Paris, Marie Laveau devint coiffeuse à domicile chez les riches familles blanches. Elle prit un amant, Christophe Louis Dumesnil de Glapion, avec qui elle vécut jusqu'à sa mort en 1835. Ils auraient eu 15 enfants dont certains furent dénommés Paris du nom de son défunt mari et d'autres qui reçurent le nom de Glapion, notamment Marie Glapion, prêtresse vaudou également, et qui se fit appeler Marie Laveau comme sa mère après la mort de celle-ci et désignée par la suite sous le nom de Marie Laveau II.

Prêtresse vaudou[modifier | modifier le code]

Marie Laveau se lança dans la divination, l'occultisme et la magie. Elle eut un serpent qu'elle appela Zombi d'après le nom d'une divinité africaine. Les traditions orales faisaient partie de sa science occulte faite d'un mélange de croyance catholiques, de saints, d'esprits africains et de divers concepts africains. Ses pouvoirs magiques de divination étaient liés à son réseau d'informateurs qu'elle développa tout en travaillant comme coiffeuse chez ses clients (principalement blanc) chez qui elle a écouté attentivement leurs potins. Sa renommée fut importante et dépassa les limites de la Louisiane. Elle fut considérée comme une grande prêtresse et une Manbo vaudou. Elle fut surnommée la reine du vaudou. Elle était également propriétaire de "La maison Blanche", une maison close dans laquelle était organisées des cérémonies secrète.

Elle utilisa des pouvoirs magiques pour guérir, pour faire peur et pour hypnotiser. Elle distribua des gris-gris ou talismans qui agirent comme autant de remèdes miracles permettant de faire face à toutes sortes de situations.

Femme d'affaires[modifier | modifier le code]

Grande voyante et pieuse catholique, Marie Laveau fut aussi une redoutable femme d’affaires. Parmi ses relations d'affaires, elle fréquenta des personnalités louisianaises telles que Rosette Rochon, Jean Lafitte, le spéculateur immobilier Laurent Ursain Guesnon et le leader de la communauté noire Jean-Louis Dolliole.

Postérité[modifier | modifier le code]

Marie Laveau est morte le 16 juin 1881. Le lendemain, les journaux de La Nouvelle-Orléans annoncèrent que le corps décapité de Marie Laveau avait été découvert au sommet de la tour de sa propre maison. Elle fut enterrée au cimetière de Saint Louis No. 1 de La Nouvelle-Orléans.

Peu après sa mort, nombre de personnes furent persuadées d'avoir vu son fantôme rôder. Très vite le bruit courut que Marie Laveau n'était pas décédée. Mais la thèse la plus communément admise est que ce fut sa propre fille, Marie Glapion alias Marie Laveau II (1827 - 1895), qui prit la relève et se fit passer pour sa mère après sa mort en se faisant dénommer comme elle. Beaucoup ont cru à l'existence d'une seule femme, personnage mystique éternel accentuant le mystère vaudou. Elle demeure auprès de ses fidèles, la reine du vaudou (voodoo queen).

Le nom de Marie Laveau est étroitement lié à la diffusion du culte vaudou en Louisiane et plus généralement aux États-Unis.

Musique[modifier | modifier le code]

  • "Marie Laveau" est un enregistrement musical du jazzman Papa Celestin de 1954.
  • "Marie Laveau" est un blues instrumental de Henry Vestine, guitariste du groupe Canned Heat en 1968.
  • "Marie Laveau" est une chanson du pianiste et guitariste louisianais Dr. John.
  • "Marie Laveau" est un titre du compositeur américain Shel Silverstein et chanté par Bobby Bare.
  • Le groupe Redbone réalisa en 1971 le titre "Witch Queen Of New Orleans" en son honneur.
  • Le bluesman français Fred Chapelier lui rend un vibrant hommage sur son album "Electric Fingers" sorti en septembre 2012.
  • "Marie Laveau" est le titre d'une chanson de l'album "Nu là-bas" de l'artiste français Tété, sorti le 25 février 2013.

Séries - Films[modifier | modifier le code]

La boutique de Marie Laveau est également montrée dans le feuilleton Les Feux de l'amour, lors des épisodes tournés en Louisiane en 2010. Le personnage de Sharon Collins entre même se faire tirer les cartes à La Nouvelle-Orléans dans la maison de Marie Laveau; épisode diffusé aux Etats-Unis fin novembre 2010 et dès le 20 mai 2014 en France, sur TF1.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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