Marguerite d'Youville

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Sainte Marguerite d’Youville
Image illustrative de l'article Marguerite d'Youville
Portrait de Marguerite d'Youville par James Duncan
Marhuerite d'Youville, une combattante
Naissance 15 octobre 1701
Varennes, près de Montréal au Canada
Décès 23 décembre 1771  (à 70 ans)
Montréal (Canada)
Nom de naissance Marguerite de Lajemmerais
Nationalité CanadienneVarenne, Québec
Vénéré à Basilique Sainte-Anne de Varennes
Béatification 3 mai 1959
par Jean XXIII
Canonisation 9 décembre 1990
par Jean-Paul II
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 3 mai et 16 octobre au Canada

Sainte Marie-Marguerite d'Youville (née Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais), née le 15 octobre 1701 à Varennes, près de Montréal au Canada et décédée le 23 décembre 1771 à Montréal, est une religieuse catholique, fondatrice des Sœurs de la Charité de Montréal, communement appelées Sœurs Grises. Première personne née au Canada à être canonisée elle est liturgiquement commémorée le 3 mai (ou le 16 octobre, au Canada).

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie de famille[modifier | modifier le code]

Fille de Christophe Dufrost de Lajemmerais et de Marie-Renée de Varennes, elle naquit à Varennes, près de Montréal au Canada. Sa mère était la sœur de la Vérendrye, premier Canadien européen à voir les Rocheuses. Après avoir étudié avec les Ursulines à Québec, elle dut assumer les tâches ménagères dans la maison de sa mère devenue veuve. Marguerite projetait se marier avec Louis-Hector Piot de Langloiserie, le fils de la seigneuresse de l'Île Sainte-Thérèse. Cependant, le sort en voulut autrement. En 1719, sa mère se remaria avec William Sullilvan, un chirurgien irlandais reconnu pour son incompétence[1]. La petite noblesse française considéra ce mariage avec un étranger, roturier de surcroît, comme un mésalliance, ce qui força la famille de Langloiserie à rompre les fiançailles avec Marguerite. Cette dernière déménagea à Montréal en 1721, lorsque sa mère et son nouvel époux firent de même.

Elle se maria en 1722, dans la paroisse Notre-Dame[2], à François-Madeleine d’Youville (1700-1730), qui la traita avec indifférence, et la laissa veuve huit ans plus tard avec trois enfants et beaucoup de dettes. Elle fut obligée de travailler par elle-même pour pouvoir subvenir à ses besoins. Deux de ses fils atteignirent l'âge adulte : ils devinrent tous deux prêtres. Malgré sa pauvreté, elle aidait ceux qui étaient dans le besoin.

Ses six enfants[modifier | modifier le code]

  • Timothée Youville (1723-1723)
  • Joseph-François Youville de la Découverte (1724-1778)
  • Ursule Youville (1725-1726)
  • Marie-Louise Youville (1727-1727)
  • Charles-Marie-Magdeleine Youville Dufrost (ou Charles d'Youville Dufrost) (1729-1790)[3].
  • Ignace Youville (1731-1731)

Responsabilité de l'Hôpital[modifier | modifier le code]

Sanctuaire Marguerite d'Youville à Varennes
Mère d'Youville

Mère d'Youville avait une grande dévotion pour Dieu le Père, une dévotion qui serait l'élément marquant de sa vie. La Providence l'avait vraisemblablement destinée à soustraire de la dette et de la ruine l'hôpital, fondé en 1694 par M. Charon, puis géré par la confrérie portant son nom. Cette entreprise allait être le travail de fondation d'un nouvel institut religieux, les Sœurs de la Charité de Montréal (ou Sœurs Grises), qui fut, semble-t-il, destiné à fleurir sous la direction de Mère d'Youville.

Lorsque, en 1747, l'Hôpital Général lui fut confié, elle avait déjà, avec quelques sœurs vivant sous une règle provisoire, commencé à pratiquer les travaux corporels et spirituels de la miséricorde. Elle ouvrit l'hôpital aux soldats infirmes, aux personnes âgées, aux insensés, les incurables, aux enfants assistés et aux orphelins.

Lorsque, pour sauver l'Hôpital Général de Québec, l'intendant Bigot, avec l'appui de l'évêque Pontbriand, décida d'y transférer la propriété de l'hôpital de Montréal, Mère d'Youville se soumit. L'intervention du supérieur sulpicien, Cousturier, maintint les droits de Mère d'Youville. En 1755, Mgr Pontbriand confirma la règle de l'institut conçu par le Père Normant. Mère d'Youville assuma la dette entière de 49 000 livres et pour restaurer, reconstruire et soutenir l'établissement, fit admettre davantage d'épileptiques, de lépreux et de contagieux exclus de l'Hôtel-Dieu. Son revenu principal était dans la fabrication de vêtements pour les magasins royaux et pour les marchands des Pays d'en Haut.

Pendant la guerre de Sept Ans, il y avait tant de soldats britanniques traités, que l'une des ailes de l'hôpital était appelée la salle des Anglais. Mère d'Youville racheta au prix d'une rançon un soldat britannique, destiné à la torture, de la capture des Indiens et sauva de leur fureur plusieurs fugitifs, dont un qui, par gratitude, prévint plus tard le bombardement de l'hôpital construit en forteresse.

En raison du coût exorbitant des nécessités de la vie, dû à la corruption sans scrupule, son hôpital était lourdement endetté au moment de la Conquête. L'argent que lui devait le gouvernement français, 100 000 livres, s'appliquait au travail commencé par la fondatrice. En dépit de sa pauvreté, Mère d'Youville entreprit de sauver tous les enfants assistés, placés sous sa charitable responsabilité.

Lorsque le 18 mai 1765, l'hôpital général fut détruit par un incendie, complètement résignée à sa perte, elle s'agenouilla avec ses sœurs et récita le Te Deum. Grâce à la générosité des gens, elle put le reconstruire. Vers la même époque, Marguerite acheta la seigneurie de Châteauguay, qu'elle développa en y ajoutant un moulin[4]. Cette acquisition lui permit d'assurer l’approvisionnement en nourriture de ses pensionnaires.

Elle décéda dans une chambre de son hôpital le 23 décembre 1771, à l'âge de 70 ans. La fondatrice souffrait depuis la Toussaint d'une attaque de paralysie[5]. Thérèse Lemoine-Despins, une orpheline que Marguerite avait recueillie, lui succéda comme supérieure des Sœurs grises.

Postérité[modifier | modifier le code]

Sœurs de la Charité de Montréal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sœurs de la Charité de Montréal.

Dans son testament, Marguerite a demandé à ses sœurs de «[faire] en sorte que l’union la plus parfaite règne parmi [elles][6]». Grâce à cette unité, les Sœurs grises ont pu continuer d'étendre leur œuvre au Canada, mais aussi dans le reste du monde (Brésil, Colombie, par exemple). L’Accueil Bonneau, une institution qui aide les plus démunis de Montréal à se nourrir, se vêtir et se reprendre en main, est un bon exemple du dévouement de ces sœurs inspirées par l'œuvre de leur fondatrice Marguerite d'Youville.

Église Catholique[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative de Marguerite d'Youville à Varennes

Son institut s'est depuis répandu à travers le Canada et même aux États avoisinants. Le décret introduisant la cause de sa béatification, et lui permettant d'être appelée Vénérable, fut signé le 28 avril 1890.

Le pape Jean XXIII béatifia Marguerite le 3 mai 1959. Jean-Paul II la canonisa le 9 décembre 1990.

Canada[modifier | modifier le code]

La région de Varennes honore la mémoire de la première sainte canadienne de plusieurs façons. Les restes de Marguerite sont conservés depuis le 8 décembre 2010 dans la Basilique Sainte-Anne de Varennes, et une exposition consacrée à la fondatrice des Sœurs grises peut être visitée dans un bâtiment adjacent. Une municipalité régionale de comté et une circonscription provinciale portent aussi son nom. Une école secondaire de Montréal, l'école Marguerite De-Lajemmerais, porte aussi son nom. Une école primaire à Port-Cartier, sur la côte-Nord porte son nom : Mère d'Youville.

En 2003, elle est aussi devenue membre du Temple de la renommée médicale canadienne.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sanctuaire Sainte Marguerite d'Youville: http://fr.sanctuaireyouville.ca/sainte_marguerite_d_youville/marie_marguerite/vers_montreal
  2. Ferland-Angers, Albertine Mère d'Youville: Première fondatrice canadienne, Montréal: 1977, Centre Marguerite d'Youville. p.33
  3. En 1759, L'abbé Charles d'Youville Dufrost était curé de la paroisse St-Joseph-de-la-Pointe-Lévy de la seigneurie de Lauzon (aujourd'hui la ville de Lévis), lors de l'invasion des troupes du général James Wolfe dans la région de Québec. Dès le début du mois de juin 1759, le curé d'Youville Dufrost ira se réfugier, avec 287 paroissiens, dans la forêt de St-Henri-de-Lévis, apportant avec lui les registres et certains articles liturgiques de sa paroisse. Il sera finalement capturé avec ses paroissiens et détenu par les troupes du major John Dalling jusqu'en septembre. Pendant ce temps, les registres restèrent cachés dans un four à chaux, ce qui expliquerait les altérations et les lacunes des registres de cette période. Après un certain temps, le curé Charles d'Youville Dufrost finit par rentrer dans les bonnes grâces de James Murray (gouverneur) et la vie reprit son cours. Il est décédé à Boucherville le 17 mars 1790. Il fut aussi le premier biographe de sa mère.
  4. http://fr.sanctuaireyouville.ca/sainte_marguerite_d_youville/mere_d_youville/une_terrible_epreuve
  5. D'Youville Dufrost, Charles. Vie de Madame d'Youville Lévis: Éditions archives No1, Rééd 1930, p.48
  6. http://fr.sanctuaireyouville.ca/sainte_marguerite_d_youville/mere_d_youville/l_ultime_rencontre

Source[modifier | modifier le code]

  • Roy, J.-Edmond. Histoire de la Seigneurie de Lauzon, volume 1 à 5, Mercier et Cie, 1897 (réédité en 1984).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vie de Mme d’Youville, fondatrice des Sœurs de la Charité de Villemarie dans l’île de Montréal, en Canada, Étienne-Michel Faillon, 1852

Liens externes[modifier | modifier le code]