Maraîche

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Lamna nasus

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Lamna nasus

Description de cette image, également commentée ci-après

Requin-taupe commun
ou maraîche

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Chondrichthyes
Sous-classe Elasmobranchii
Super-ordre Euselachii
Ordre Lamniformes
Famille Lamnidae
Genre Lamna

Nom binominal

Lamna nasus
(Bonnaterre, 1788)

Statut de conservation UICN

( VU )
VU A2bd+3d+4bd : Vulnérable

Répartition géographique

Description de l'image Lamna nasus distmap.png.


Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 12/06/2013

Le requin-taupe commun (Lamna nasus), également dit « veau de mer » ou « maraîche » ou encore « requin marsouin », est une espèce de requin de la famille des Lamnidae. Il peut atteindre 3,5 mètres de long et possède un museau pointu (rostre) et de grande fentes branchiales. Son dos est bleu-noir ou gris et son ventre blanchâtre.

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Confusion possible[modifier | modifier le code]

Dents de maraîche (mesurant moins de 1,5 cm).

Cette espèce est parfois confondue avec un autre lamnidé, le mako et le grand blanc

Les dents du requin-taupe - contrairement à celles du mako - sont ornées de deux denticules, disposés sur chaque côté de chaque dent.

C'est une espèce en forte régression qui semble localement menacée ou a disparu d'une partie de son aire potentielle de vie.

L'Europe vient d'établir un moratoire de sa pêche.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Ce requin littoral et épipélagique (0 à 370m) est absent des eaux équatoriales ; il préfère les eaux froides inférieures à 18 °C[1].

Principalement présent dans l'Atlantique nord, on le trouve aussi en Australie, au Brésil, au Chili[1].

Les migrations entre ouest et est Atlantique sont rares et les populations sont considérées comme distinctes. Rien n'atteste qu'il y ait des échanges génétiques entre les populations de l'hémisphère nord et sud, ces zones étant séparées par des mers tropicales[1].

Biologie et écologie[modifier | modifier le code]

Le requin-taupe commun est endotherme, il maintient sa température au-dessus de la température de l'eau[1].

Le plus vieux spécimen capturé est estimé à 26 ans[2].

La durée de vie maximum se situe entre 30 et 40 ans pour les populations de l'Atlantique nord, et pourrait atteindre 65 ans dans le Pacifique sud[2],[3].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Dans l'Atlantique nord, la maturité sexuelle des mâles est entre 6 et 11 ans et entre 12 et 18 ans pour les femelles[4],[5].

Dans le Pacifique sud-ouest, la maturité sexuelle des mâles est entre 8 et 11 ans et entre 15 et 18 ans pour les femelles[6],[3],[7].

Il est - comme tous les lamnidés - ovovivipare avec cannibalisme in utero[8].

La période de gestation est de 8 à 9 mois, et la femelle donne naissance en moyenne à 4 petits par portée[9].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Squelette d'un rostre (museau)
de maraîche, à symétrie presque triangulaire;
il est formé de différents types de cartilages,
servant de pare-choc et encastrant
certains organes sensoriels

Il se nourrit de harengs, de morues, de maquereaux, de roussettes, de merlans et d'autres poissons qui, pour la plupart sont plus petits que lui.
Actif quand il chasse, il se défend mal quand il est pris à l'hameçon (à l'inverse du mako).

Relations avec l'Homme[modifier | modifier le code]

On recense quelques rares attaques sur des hommes ou des bateaux [réf. nécessaire].

Le requin-taupe commun ne mord que pour se nourrir (pression de mâchoire d'à peine 2 kilos). Très irritable, il préfère charger pour se défendre. Sa vitesse non négligeable de 30 km/h, sa mâchoire très résistante lancée à cette allure peut briser la coque d'un petit bateau. On le soupçonne d'être à l'origine du naufrage de Le Croisé en l'an 2000 en Nouvelle-Zélande ; le petit chalutier retrouvé avec son équipage de quatre personnes en 2001 dans un atroce état (trou dans la coque et crânes de 2 personnes brisés, le capitaine avec un morceau de bois lui transperçant le corps Le quatrième marin n'a pas été retrouvé ; on soupçonnait le requin bleu et son obstination légendaire, mais en 2003 l'affaire s'est un peu éclaircie car cet endroit s'est révélé très fréquenté par les maraîches et les requins taureaux. On en a déduit que le maraîche était à l'origine du drame, et le requin taureau responsable de la disparition de la quatrième personne. On soupçonne un "banc", même si c'est rare pour ce genre de requin [réf. nécessaire].

Pêche[modifier | modifier le code]

Il est très pêché, particulièrement en France (Bretagne), pour sa chair, ses ailerons et son huile.

Maraîche coupée transversalement dans une poissonnerie au Québec.

Sa chair rose a différents niveaux de tendreté. Elle est plus grasse dans la zone abdominale et moins tendre en allant vers la queue. Dans une coupe transversale (darne), on peut voir dans le muscle deux médaillons (symétriques) plus foncés, rouge vin, qui sont riches en sang, dont la saveur et la texture se rapprochent de celles du foie. Les cartilages articulant les nageoires sont utilisés pour les soupes et les vertèbres (cartilagineuses) sont réputés être de bons « os pour chiens ».

Le requin-taupe commun est vendu sous la désignation de veau de mer. Au Québec, il est généralement connu comme étant du requin et parfois, faussement, du mako.

Statut et protection de l'espèce[modifier | modifier le code]

Cette espèce a une large aire de répartition mais possède un faible taux de reproduction.
Compte tenu de sa haute valeur commerciale elle est activement recherchée, ce qui a abouti à une forte réduction des populations particulièrement de l'Atlantique.

L'Union internationale pour la conservation de la nature a mis le requin-taupe commun sur la Liste rouge de l'UICN et l'a évalué comme:

Mesure de protection ou de régulation des pêches[modifier | modifier le code]

Inscrit sur l'appendice III de la CITES depuis le 25 septembre 2012, il est inscrit en 2013 lors du CoP16 de la CITES à l'appendice II, permettant une régulation plus importante de son commerce international. Un délai de 18 mois est accordé aux membres pour résoudre les problèmes techniques et administratifs liés à sa protection. Il est inscrit sur l'appendice II de manière effective depuis le 14 septembre 2014[10].

Les États-Unis et le Canada ont entrepris de limiter les prises, ce qui pourrait améliorer la situation des populations des côtes américaines.[réf. nécessaire]

Dans l'Union européenne, sa pêche fait l'objet d'un moratoire depuis 2010 dans les eaux européennes. Il y est interdit de pêcher et débarquer des requin-taupe commun. Si des spécimens sont capturés accidentellement, ils doivent être relâchés en mer. En outre, les bateaux de pêche européens ont interdiction de pêcher le requin-taupe commun sur toutes les mers[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • FAO Species Catalogue for Fishery Purposes. No. 1, Vol. 2. Rome, FAO. 2001. p. 269.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « Lamna nasus (Porbeagle) », sur IUCN Red List
  2. a et b (en)Campana, S.E., L.J. Natanson and S. Myklevoll (2002). "Bomb dating and age determination of large pelagic sharks". Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences 59: 450–455.
  3. a et b (en)Francis, M.P.,Campana, S. E., and Jones, C. M. (2007). "Age under-estimation in New Zealand porbeagle sharks (Lamna nasus): is there an upper limit to ages that can be determined from shark vertebrae?". Marine and Freshwater Research 58: 10–23.
  4. (en)Jensen, C.F., L.J. Natanson, H.L. Pratt (Jr), N.E. Kohler and S.E. Campana (2002). "The reproductive biology of the porbeagle shark (Lamna nasus) in the western North Atlantic Ocean. Fishery Bulletin 100: 727–738.
  5. (en)Natanson, L.J., J.J. Mello and S.E. Campana (2002). "Validated age and growth of the porbeagle shark (Lamna nasus) in the western North Atlantic Ocean". Fishery Bulletin 100: 266–278.
  6. (en)Francis, M.P. and J.D. Stevens (2000). "Reproduction, embryonic development, and growth of the porbeagle shark, Lamna nasus, in the southwest Pacific Ocean". Fishery Bulletin 98: 41–63.
  7. (en)Francis, M.P. and C. Duffy (2005). "Length at maturity in three pelagic sharks (Lamna nasus, Isurus oxyrinchus, and Prionace glauca) from New Zealand". Fishery Bulletin 103: 489–500.
  8. (en) « Biology of sharks and rays », sur ReefQuest Centre for Shark Research
  9. (en) « Fact sheet for the 16th Meeting of the Conference of the Parties (CoP16) to the Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora (CITES) »
  10. (en) « History of CITES listing of sharks (Elasmobranchii) », sur CITES
  11. (en) « Fishermen warned as 'critically endangered' Porbeagle sharks landed », sur The Packet,‎