Luca Marenzio

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Luca MarenzioLuca Marentio

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Naissance 18 octobre 1553 ?
Coccaglio, Drapeau de l'Italie Italie
Décès 22 août 1599
Rome, Drapeau de l'Italie Italie
Activité principale compositeur

Luca Marenzio (Marentio), né à Coccaglio[1], près de Brescia, le 18 octobre 1553 et mort à Rome, le 22 août 1599[1]) était un compositeur italien de la fin de la Renaissance. Il était l'un des compositeurs de madrigaux les plus renommés.

Biographie[modifier | modifier le code]

Memorial de Luca Marenzio dans la basilique San Lorenzo à Lucina.

Après une formation précoce à Brescia et quelques années passées à Mantoue, Marenzio se rend à Rome, où il est employé par le cardinal Cristoforo Madruzzo en tant que chanteur[1]. Après la mort du cardinal, il sert à la cour du cardinal Luigi d'Este[2] dans laquelle il dirige un petit chœur de musiciens de cour, alors peu nombreux. À cette époque, il se fait une réputation en tant que compositeur grâce à son premier livre de madrigaux. L'affiliation à la cour du cardinal, malgré un salaire modique, lui permet de visiter des endroits comme Ferrare, ville alors connue pour ses expérimentations musicales. Cette visite lui permet aussi d'entendre le trio Concerto delle donne, notamment composé de la compositrice Tarquinia Molza. Vers 1581, les compositions de Marenzio sont de plus en plus connues, ce qui s'observe par un nombre élevé de rééditions de ses publications et par l'apparition de plus en plus fréquente de ses madrigaux dans les recueils collectifs.

L'année 1587 est marquée par l'arrivée de Marenzio à Florence où il est engagé au service de Ferdinand Ier de Médicis[2]. Cet emploi lui permet notamment de composer de la musique pour le mariage de son maître. En 1589, il revient à Rome, où il passe plusieurs années, excepté un voyage en Pologne de 1595 à 1596. Durant ce séjour, il est employé à la cour de Sigismond III de Pologne à Varsovie. Le voyage en Pologne a eu pour effet de ruiner sa santé définitivement, et Marenzio meurt à Rome le 22 août 1599, peu après son retour de Pologne. Sa sépulture se trouve à la basilique San Lorenzo in Lucina[3].

Œuvres musicales[modifier | modifier le code]

Quoique Marenzio ait aussi écrit des motets et des madrigaux spirituels (écrits sur des textes religieux), la plus grosse part de son œuvre consiste en ses très nombreuses pièces de musique profane, notamment ses madrigaux. Durant les deux décennies que dure sa carrière de compositeur, leur modèle, leur technique et leur tonalité évolue significativement. Marenzio a édité au moins quinze collections de musique, surtout des madrigaux, mais également des canzonettes et des villanelle (formes profanes a cappella ressemblant beaucoup aux madrigaux, mais habituellement plus légers dans le caractère).

Près de 500 compositions survivent. Stylistiquement, ses compositions révèlent une tendance croissante vers les tonalités sérieuses, mais à toutes les périodes il était capable leur donner un style changeant, parfois dans une seule phrase. Rarement sa musique paraît décousue, puisqu'il suit de près les textes des poésies qui sont chantées.

Pendant sa dernière décennie, il a non seulement écrit une musique plus sérieuse et encore plus sombre, mais a expérimenté le chromatisme d'une façon audacieuse, surpassée seulement par Gesualdo. Dans le madrigal O voi che sospirate a miglior note il a modulé complètement autour du cycle des quintes dans une expression simple, en utilisant des enharmonies dans les accords simples (par exemple, do # et ré b simultanés), impossible à chanter à moins d'observe une certaine approximation de gamme tempérée.

Encore plus caractéristique de son modèle, d'une manière qui définit le madrigal comme genre, est son utilisation du mot-peint : technique qui consiste à refléter dans la musique un mot, une expression, une implication ou un calembour spécifique sur ce qui est chanté. Un exemple évident serait de peindre le mot « angoisse » avec un accord dissonant suivi d'une résolution non satisfaite.

Influence[modifier | modifier le code]

Marenzio a influencé beaucoup de compositeurs, en Italie comme dans le reste de l'Europe. Par exemple, quand Nicholas Yonge a édité son Musique transalpine (originellement Musica transalpina) en 1588 en Angleterre (la première collection de madrigaux italiens à y être éditée), Marenzio y figure juste après Alfonso Ferrabosco l'aîné en nombre de madrigaux présents. Dans la deuxième collection de madrigaux italiens édités en Angleterre, Marenzio figure cette fois à la première place.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Article « Luca Marenzio », dans The New Grove Dictionary of Music and Musicians, éd. Stanley Sadie, 20 vol, Londres, Macmillan Publishers Ltd. 1980, (ISBN 1-56159-174-2)
  • Gustave Reese, Music in the Renaissance. New York, W.W. Norton et Co., 1954. (ISBN 0-393-09530-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 2, Les Hommes et leurs œuvres. L-Z, Bordas,‎ 1979, 1232 p. (ISBN 2-04-010726-6), p. 694
  2. a et b Dictionnaire de la musique : sous la direction de Marc Vignal, Larousse,‎ 2011, 1516 p. (ISBN 978-2-0358-6059-0), p. 863
  3. http://www.thefamouspeople.com/profiles/luca-marenzio-525.php