Louis Cyr

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Louis Cyr

Description de l'image  CyrLouis.jpg.
Nom de naissance Cyprien-Noé Cyr
Alias
Samson canadien
Hercule moderne
Naissance 10 octobre 1863
Saint-Cyprien-de-Napierville
Décès 10 novembre 1912 (à 49 ans)
Montréal
Nationalité Canadian Red Ensign 1868-1921.svg Canada
Pays de résidence Canadian Red Ensign 1868-1921.svg Canada
Activité principale Homme fort
Distinctions
Champion Nord-Américain (1885)
Champion mondial (1892)[1]
Ascendants
Pierre Cyr &
Philomène Berger-Verronneau
Conjoint
Mélina Comtois
Descendants
Émiliana Cyr
1 fils mort en bas âge
Famille
17 frères et sœurs (7 morts avant l'âge adulte - 10 finalement)[réf. nécessaire]

Louis Cyr (baptisé Cyprien-Noé Cyr, à Saint-Cyprien-de-Napierville le 10 octobre 1863, et mort le 10 novembre 1912) est un célèbre homme fort canadien-français. Cyr n'a jamais refusé un défi et n'a jamais été défait dans son pays ou à l'étranger. Il acquiert sa renommée avant même que l'on tienne des registres sur son sport et avant même que l'haltérophilie ne soit intégrée aux Jeux olympiques.

Biographie

Jeunesse

Cyr est né à Saint-Cyprien-de-Napierville au Canada-Est (aujourd'hui le Québec). Ce serait vers l'âge de huit ans que Cyr démontre à ses parents le phénomène qu'il sera tout au long de sa vie. Un été son père envoie son fils chercher un veau du printemps manquant à l'appel. Cyprien Noé retrouve l'animal embourbé dans un fossé. La bête trop affaiblie, il l'arrache du piège de boue, le hisse sur ses épaules et s'en retourne vers la maison. Il « franchit tout d'une traite l'arpent et demi » et fait une entrée sensationnelle sous les yeux de ses parents ébahis[2].

À partir de l'âge de douze ans, Cyr travaille dans un camp de bûcherons pendant l'hiver et sur la ferme familiale le restant de l'année. Il impressionne ses compagnons de travail avec ses démonstrations de force brute.

En décembre 1878, la famille Cyr immigre à Lowell, dans le Massachusetts. Cyr, dont le véritable prénom est Cyprien-Noé, décide dorénavant de se faire appeler Louis ; ce prénom étant plus facile à prononcer en anglais. De nouveau, sa grande force lui assure la célébrité. À l'âge de seize ans, il pèse plus de 200 livres[3]. À 17 ans, il pèse 230 livres[4]. C'est à Lowell que Cyr voit pour la première fois des haltères qu'utilise Timothy Donovan. Ces haltères pèsent 150 livres, au maximum, et du dire de Louis Cyr, ce fut pour lui un jeu plutôt facile de les manipuler[4]. Donovan reconnaissant en lui le phénomène de la force, lui fait une offre d'affaire. Cyr accepte à condition qu'il ne touche pas aux haltères de Donovan. Cyr se fait couler dans une fonderie de Lowell, ses trois premiers « le plus lourd à 197 livres, le deuxième à 185 livres et le troisième à 156 livres[5] ».

Il rencontre à Lowell sa future femme, Mélina Comtois, dont la famille vient de Saint-Jean-de-Matha. La famille Comtois devant retourner au Québec, Louis fait de même deux mois plus tard[6].

L'étoile montante

Affiche de 1898

Il revient au Québec avec sa famille en 1882. Mélina et lui se marient la même année à Saint-Jean-de-Matha. N'ayant trouvé mieux, il travaille dans un camp de bûcherons durant l'hiver.

Au printemps 1883, il décide de retourner à Lowell avec sa femme, espérant profiter de sa renommée là-bas. Un certain MacSohmer l'approche et lui propose une tournée des provinces maritimes et du Québec. Si cette tournée profite à l'organisateur, Cyr n'y gagne rien et se fait flouer. Il commence alors à faire la tournée du Québec avec sa famille dans un spectacle qu'ils conçoivent eux-mêmes, qu'ils appellent « La Troupe Cyr ». Durant cette tournée, Cyr perd un fils décédé en bas âge (1885-1886)[Note 1]. La tournée ne dure que quelques mois.

Toujours en 1883, Cyr se voit offrir un travail plus sédentaire, celui de policier à la ville de Sainte-Cunégonde, municipalité située sur l'île de Montréal (aujourd'hui partie de l'arrondissement du Sud-Ouest). Il occupe ce poste jusqu’en décembre 1885 puis repart en tournée avec une troupe d’athlètes mise sur pied par le Montréalais Gustave Lambert, lutteur, boxeur et leveur de poids. Sa fille, Émiliana Cyr, naît le 30 janvier 1887[7].

Il s'inscrit dans une compétition d'hommes forts en mars 1886[Note 2], à Québec, contre le champion canadien des hommes forts, David Michaud. Cyr l’emporte facilement en levant d’un bras un haltère de 218 livres (contre 158 livres pour Michaud) et en soulevant avec son dos 2 371 livres (contre 2 071 pour son adversaire). Le titre d’homme le plus fort du Canada revient dès lors à Cyr.

En 1888, il ouvre une taverne sur la rue Notre-Dame à Montréal, où il exécute quelques tours de force pour amuser les clients. Toutefois, c’est sur scène qu’il se sent le plus à l’aise et, après moins d’un an, il reprend ses tournées avec sa propre troupe, dont font partie, entre autres, sa femme et son frère Pierre. Il parcourt le Canada et les États-Unis. En 1890, il se joint à une troupe américaine et s’impose de plus en plus comme l’homme le plus fort du monde. À l’automne de l’année suivante, il part pour l’Europe, où il veut mettre ce dernier titre en jeu. Il se produit principalement en Angleterre, mais les grands champions n’osent l’affronter et lui concèdent son titre.

De retour au pays en mars 1892, Cyr et l’homme fort Horace Barré signent un contrat d’un an avec le cirque américain des Ringling Brothers. En 1894, les deux hommes mettent sur pied leur propre cirque, composé d’athlètes, de jongleurs, d’acrobates et d’hommes forts. Pendant cinq ans, le cirque se produit sur les scènes canadiennes et américaines.

Les dernières années

Toutefois, à compter de 1900, la santé de Cyr se détériore à cause de son embonpoint, de ses excès de table et de sa vie trop sédentaire. Atteint de la maladie de Bright, il doit se retirer prématurément de la compétition et de l’exhibition de tours de force. Il s’installe dans une ferme à Saint-Jean-de-Matha, où il reçoit ses amis, raconte ses exploits et, de temps à autre, se mesure à des compétiteurs qui veulent s’accaparer de son titre de champion, comme le géant Beaupré Édouard Beaupré en 1901. Le dernier en liste, Hector Décarie, que Cyr affronte au parc Sohmer à Montréal en février 1906, ne peut le lui ravir, mais Cyr, qui connaît ses limites et son état de santé précaire, en profite pour léguer lui-même son titre au jeune aspirant.

Cyr meurt d'une néphrite chronique le 10 novembre 1912 à Montréal dans la maison de sa fille et de son gendre, le docteur Zénon Maxime Aumont. Il est enterré le 14 à Saint-Jean-de-Matha, où son corps repose toujours.

Dès le lendemain de sa mort, les journaux diffusent la nouvelle. Le Soleil et La Presse, notamment, annoncent son décès à la une et consacrent, tout comme Le Devoir et La Patrie, plusieurs colonnes à sa biographie et à l’énumération de ses exploits. Le journaliste du Soleil souligne que « sa glorieuse carrière d’athlète [...] a contribué à jeter sur [la] race [canadienne-française] l’éclat d’une réputation de force et de vigueur physique peu commune ». Ses contemporains ont immortalisé leur héros par une statue fort imposante, maintenant propriété du Musée de la civilisation à Québec, et qui permet aux Québécois de ne pas oublier Louis Cyr, dont on dit encore que les exploits sont restés inégalés.

Sa réputation

Louis Cyr prêt à retenir les chevaux, 1891

Alors que certains des faits et accomplissements de Cyr ont été exagérés avec le temps, quelques-uns sont documentés et restent impressionnants.

Parmi ceux-ci :

  • soulever (sur son dos) une plate-forme sur laquelle prennent place dix-huit hommes (1 967 kg) ;
  • soulever 250 kg avec le majeur de sa main droite ;
  • pousser un wagon sur un plan incliné ;
  • lever 124 kg au-dessus de sa tête avec sa main droite[1]. ;
  • à l'âge de dix-neuf ans, soulever de terre jusqu'aux épaules une pierre pesée officiellement à 514 livres ; cet exploit reste inégalé jusqu'à ce jour[8]

Il accomplit sa plus grande prouesse le 27 mai 1895 ; on rapporte qu'il est alors parvenu à supporter 1 967 kg sur son dos. Une autre de ses démonstrations très remarquées a lieu le 12 octobre 1891, à Montréal : à cette occasion, il retient quatre chevaux, disposés de telle manière que deux paires de chevaux exercent une traction dans des directions opposées. Il répète cet exploit pour sa rentrée à Londres en 1892, mais avec deux chevaux d'attelage du marquis de Queensberry. Ce dernier lui en aurait offert un.

Dans le film Louis Cyr : l'homme le plus fort du monde, Ben Weider dit que les records de Cyr demeurent « incontestés et incontestables ».

Records mondiaux

Tel que présenté dans le film Louis Cyr : l'homme le plus fort du monde

  • Croix de Fer : 97 3/4 livres de la main gauche et 88 livres de la main droite
  • Volée à une main : 188 1/2 livres
  • Développé à une main : 273 livres
  • Back Lift : 4337 livres
  • Levée à deux mains : 1897 livres

Distinctions

Monument à Louis Cyr par Robert Pelletier

Un district de Montréal est nommé Louis-Cyr en son honneur ; il se trouve dans le quartier Saint-Henri, qu'il a patrouillé en tant que policier. Le parc Louis-Cyr et le parc des Hommes-Forts sont tous deux érigés en sa mémoire, le dernier étant décoré de sa statue[9].

L'École Louis-Cyr est une école secondaire située à Napierville, ville natale de Louis Cyr.

Le 18 avril 2013, la municipalité de Saint-Cyprien-de-Napierville l'a identifié comme personnage historique[10].

En 2013, le film Louis Cyr : L'homme le plus fort du monde prend l'affiche.

Anecdotes

  • Il est à l'origine de la Loi du Square Chaboillez.
  • Louis Cyr est de descendance acadienne. Son ancêtre Jean Sire, de la région de Flandre en France, s'établit à Grand-Pré, en Acadie. C'est le petit-fils de Jean, Paul Sire, qui s'établira à l'Acadie, Haut-Richelieu, dans la tourmente du Grand dérangement. Louis Cyr est de la huitième génération de cette famille en Amérique du Nord.

Notes et références

Notes

  1. http://www.nosorigines.qc.ca/Genealogie_Canada_Children.aspx?genealogie=Joseph-Louis&pid=523493&lng=fr
  2. Certaines sources parlent de 1886. 1885 concorde toutefois avec la biographie de David Michaud.

Références

  1. a et b « Cyr, Louis », sur L'Encyclopédie canadienne
  2. La Presse, Les mémoires de Louis Cyr, op. cit. et Paul Ohl, Louis Cyr : Une épopée Légendaire, édition Libre Expression, p. 59
  3. Ohl, Paul, Louis Cyr : Une épopée légendaire, p. 80
  4. a et b La Presse, op. cit., édition du samedi 22 mars 1908
  5. Ohl, Paul, Louis Cyr : Une épopée légendaire, p. 80
  6. Ohl, Paul, Louis Cyr : Une épopée légendaire, p. 94
  7. « L'homme », sur Fortissimus
  8. http://www.louiscyr-lefilm.com/connaitre
  9. Robert Pelletier, sculpteur, Louis Cyr, vers la création d'un monument, Entretion avec Anne-Marie Sigouin, par Serge Fisette
  10. Ministère de la Culture et des Communications, « Cyr, Louis », sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté le 26 avril 2013)

Sources

  • Ben Weider, Louis Cyr, l'homme le plus fort du monde, 1976.
  • Paul Ohl, Louis Cyr : Une épopée légendaire, Montréal, Libre Expression, 2005, 632p.

Liens externes

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