Jean Galtier-Boissière

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Jean Galtier-Boissière, né le 26 décembre 1891 à Paris, mort le 22 janvier 1966 est un écrivain, polémiste, journaliste français. Il est le fils de Emile-Marie Galtier-Boissière, médecin, et de Louise Ménard. Il est le neveu d'Emile-René Ménard, peintre, et le petit-neveu de Louis Ménard, écrivain.

Sommaire

[modifier] Biographie

A l'âge de sept ans il entre à l'École Alsacienne, où il côtoie les fils de la bourgeoisie protestante parisienne. Son goût pour le journalisme s'affirme déjà : vers 1901 il imprime quelques numéros de l'Écolier alsacien, huit pages recto-verso, vendus dix centimes. Bachelier en 1910, il s'inscrit en philosophie à la Sorbonne, assiste aux cours de Victor Delbos, Léon Brunschvicg, Emile Durkheim.

Il est incorporé dans l'armée en 1911 pour trois ans, mais il ne la quittera qu'en 1918. Il participe à la retraite de septembre 1914 puis à l'avancée de la Marne. Il laissera ses souvenirs de fantassin, marchant dans un sens puis dans l'autre sans comprendre ce qui se passe, dans son roman La fleur au fusil. Puis suit la longue période de la guerre enterrée.

Il créa dans les tranchées un journal, Le Crapouillot, d’orientation anarcho-pacifiste, qui commença par quelques feuilles ronéotypées et devint un journal majeur de l'après guerre. Pacifiste et homme de gauche, proche de Gaston Bergery, Galtier Boissière a de bon rapports avec la LICA[1].

Il collabora à un autre journal, le Canard enchaîné, lui apportant sa patte de polémiste. En désaccord avec l'influence des communistes dans ce journal il le quitta durant la guerre d'Espagne, à la suite d'un différend avec Pierre Bénard[2].

Pendant la seconde guerre mondiale , ses sympathie sont les Alliés, les gaullistes, les Juifs mais elles restent platoniques[3]. L'universitaire israélite Simon Epstein considère qu'après la seconde guerre mondiale, les écrits de Jean Galtier-Boissière, « observateur avisé des vies politique, sociale et littéraire » contribuèrent à maintenir la mémoire des parcours occultés de nombreuses personnalités.

En particulier, ses textes fourmillent de références sur les parcours des antiracistes devenus hitlériens, par exemple dans son dictionnaire des girouettes. Il règle en particulier ses comptes avec Le Canard enchaîné dont nombre de journalistes l’avaient accusé de tiédeur face au fascisme ont sympathisé avec la Collaboration : « Quelques années ont passé, la guerre est venue et j’ai refusé de faire reparaître le Crapouillot sous l’Occupation. Que sont devenus par contre les purs du Canard ? Si Pierre Bénard ne s’est pas mouillé, André Guérin est aujourd’hui le rédacteur en chef de L’Œuvre de Déat où il a retrouvé La Fouchardière, mis à la porte par Maréchal et l’objecteur de conscience René Gérin. Auguste Nardy, gérant du Canard, signe dans la même feuille des reportages du plus mauvais aloi. Pédro dessine à Je suis partout. Quant à Jules Rivet, le grand indépendant à lavallière, l’anar des anars, ce brave Jules qui pendant vingt ans a vitupéré la grande presse pourrie… il a un contrat au Petit parisien. Oh pas celui des infâmes capitalistes Dupuy, mais Le Petit Parisien des hitlériens Jeantet et Laubreaux, le plus emboché des journaux boches de Paris Journal[4],[5]. »

Dans son journal, dans son Dictionnaire des girouettes, dans ses mémoires, Jean Galtier-Boissière s'attache à rappeler les parcours et les évolutions de ses contemporains. Lui-même, pacifiste, gauchisant, antiraciste et antinazi, finira par être complaisant pour les écrits négationnistes de Paul Rassinier qui comme lui vient de la gauche pacifiste et par collaborer avec Henri Coston[6].

[modifier] Œuvres

  • En rase campagne
  • Un hiver à Souchez, 1917.
  • Le défilé des mutilés, huile sur toile, 1919.
  • Loin de la riflette, 1921.
  • La bonne vie, 1925.
  • La fleur au fusil, Éditions Baudinière, 1928.
  • La vie de garçon, Les éditions de France, 1930.
  • Mon journal pendant l'Occupation, La Jeune parque, 1944. (OCLC 7240636)
  • Mon journal depuis la Libération, La Jeune Parque, 1945.
  • La belle amour. Gründ, 1945, (OCLC 25250478).
  • Tradition de la trahison chez les maréchaux, suivie d'une vie de Philippe-Omer Pétain. Trémois, 1945, (OCLC 23414921).
  • Trois héros, La Jeune parque, 1947. (OCLC 58965573)
  • Mon journal dans la drôle de paix, La Jeune parque, 1947. (OCLC 2877633)
  • Mon journal dans la grande pagaïe, La Jeune parque, 1950. (OCLC 35593158)
  • Mémoires d'un parisien, La Table Ronde, tome 1 (1839-1919), 1960 ; tome 2 (1919-1938), 1961 ; tome 3 (1939-1960), 1963.(OCLC 6034001)
  • Le panier de crabes, dix ans de vie littéraire

[modifier] Lien externe

[modifier] Notes et références

  1. Le Droit de vivre, 14, 21, 28 novembre, 5, 12 décembre 1936.
  2. Lettre du 10 septembre 1936 à Maréchal, directeur du Canard Enchaîné : "Aujourd'hui, Le Canard abandonne sa traditionnelle ligne pacifiste pour devenir un organe de stricte observance moscoutaire. Je ne puis admettre ni l’écœurante attaque de Bénard contre Blum ni son apologie de la politique de prestige chère à feu Poincaré et aux maréchaux russes. Veuillez donc accepter ma démission." Cité dans : Galtier-Boissière, Mémoires d'un Parisien, Tome II, p. 309.
  3. Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, éd. Albin Michel, 2008, p. 287.
  4. Jean Galtier-Boissière, Journal 1940-1950, Paris quai Voltaire, 1992, p.86.
  5. Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, éd. Albin Michel, 2008, p. 289.
  6. Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, éd. Albin Michel, 2008, p. 290.
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