L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat

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L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat

alt=Description de l'image Люмьер - Прыбыцце цягніка 1895.jpg.
Réalisation Louis Lumière
Sociétés de production Société Lumière
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Documentaire
Sortie 1896
Durée 50 secondes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat, ou L'Arrivée d'un train à La Ciotat, est un film français réalisé par Louis Lumière en 1895 et présenté pour la première fois en janvier 1896.

Contrairement à une idée reçue, le film n'est pas au programme des 10 films composant la projection du 28 décembre 1895, dans le Salon indien du Grand Café, place de l'Opéra à Paris[1].

Plaque commémorant le tournage du film, apposée en 1942 dans la gare de La Ciotat.
Plaque commémorant le tournage du film, apposée en 1942 dans la gare de La Ciotat.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film montre un train arrivant en gare de La Ciotat, ville proche de Marseille. La famille Lumière possédait une résidence à La Ciotat, ce qui explique le choix de cette gare plutôt que d'une autre.

Dans la ligne de fuite d'une voie ferrée, sur le quai, des voyageurs en habit du dimanche attendent. Un bagagiste s'approche. Au fond, une locomotive à vapeur apparaît, son image grossit. Ralentissant, elle disparaît à notre regard par la gauche. Les wagons s'immobilisent. Des voyageurs descendent, d'autres s'apprêtent à monter ou s'attardent sur le quai, les curieux regardent par les fenêtres des wagons.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Titre : L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat
  • Réalisation : Louis Lumière
  • Production : Société Lumière
  • Photographie : Louis Lumière
  • Durée : 50 secondes
  • Format : 35 mm à double jeu de perforations rondes Lumière par photogramme, noir et blanc
  • Pays : Drapeau de la France France

Analyse du film[modifier | modifier le code]

La tradition veut que lors de la projection, l'image d'un train qui se dirige vers lui ait terrifié le public, criant et se précipitant à l'arrière de la salle. Le journaliste Hellmuth Karasek rapporte dans Der Spiegel : « Ce court métrage a eu un impact particulièrement durable ; oui, il a provoqué la crainte, la terreur, et même la panique ... ».

Louis Lumière, photographe talentueux, a positionné sa caméra telle qu'elle puisse renforcer le côté spectaculaire de l'entrée d'un train en gare. Il aurait pu, plus pauvrement, filmer sur le côté, latéralement, à 90° de la voie (c'est ce que choisit Georges Méliès en 1904, dans Le Voyage à travers l'impossible). Mais il a préféré, par expérience de photographe, utiliser la diagonale du champ et la profondeur de champ (il était le premier à le faire), une expérience qu'il renouvelle pour d'autres sujets (La promenade des autruches par exemple), et que retiennent les cinéastes anglais et américains[2].

Certains historiens ont pensé que ce très court métrage de 50 secondes, dont il existe plusieurs versions (liées à l'usure prématurée du négatif originel utilisé pour le tirage des copies) contient (à lui tout seul) un florilège des différents cadrages du cinéma : plan d'ensemble, plan américain, plan rapproché, gros plan, et même un très gros plan. Mais il faut préciser que cette étonnante variété découle d'un concours de circonstances et non d'une recherche esthétique voulue par Louis Lumière. Les voyageurs qui descendent du train s'approchent par curiosité de ce drôle d'appareil photographique dont l'opérateur - bien connu des gens de La Ciotat - active une manivelle. Ils passent devant l'objectif et modifient obligatoirement la variété des cadres. Pourtant, il faut bien reconnaître que cette prise de vues est riche d'émotion, malgré son caractère non intentionnel, car elle est, sans le savoir, précurseur du plan subjectif, tel que l'Anglais George Albert Smith en découvrira le principe en 1900, avec son film La Loupe de grand-maman[3].

Séquelles du film et hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fac simile du programme de ce jour, sur le site de l'Institut Lumière
  2. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, « Grammaire du cinéma », Paris, Nouveau Monde éditions, 2010 (ISBN 978-2-84736-458-3) 588 pages, voir pages 101-102
  3. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, « Grammaire du cinéma », Paris, Nouveau Monde éditions, 2010 (ISBN 978-2-84736-458-3) 588 pages, voir pages 65-66

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]