Léon l'Africain

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le personnage historique. Pour le roman, voir Léon l'Africain (roman). Pour les autres significations, voir l'Africain (homonymie).
Portrait supposé de Léon l'Africain (Sebastiano del Piombo, vers 1520).
Frontispice de l'édition anglaise (1600) de l'ouvrage de Léon l'Africain sur l'Afrique.

Hassan al-Wazzan, de son nom complet al-Hasan ibn Muhammad al-Zayyātī al-Fāsī al-Wazzān, (né à Grenade en Andalousie musulmane, vers 1490, mort à Tunis, après 1550[1]), dit Léon l’Africain, est un diplomate et explorateur d’Afrique du Nord du XVe-XVIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après la prise de Grenade en 1492 par les Rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon, la famille de Léon l'Africain se réfugie au Maroc dans la ville de Fès. Hassan y suit des études de théologie dans plusieurs madrasas de Fès et à la Quaraouiyine. Son oncle maternel initie sa vie de diplomate, en le conviant à l’accompagner lors d’une mission auprès du souverain de l’Empire Songhai, l’Askia Mohammed Touré. À l’âge de 20 ans, il s’engage définitivement sur les routes et la voie de la diplomatie, pour une vie entière de grand voyageur et de négociateur : ses missions politiques et commerciales le mènent à travers tout le Maroc : du Rif au Souss, des Doukkala au Tadla, du Tafilalet aux zones présahariennes… ainsi que dans tous les pays du Maghreb, de l'Arabie, de l’Afrique saharienne, à Constantinople et en Égypte.

En 1518, de retour du pèlerinage musulman à La Mecque, le navire sur lequel il se trouve est attaqué, et il est fait prisonnier par des « marins siciliens ». Il est en fait capturé par un chevalier de l’Ordre de Saint-Jean, Pedro di Bobadilla. Sans doute parce qu'il a quelques errements à se faire pardonner, celui-ci en fait présent au pape Léon X, qui l’adopte comme fils, le fait catéchiser puis baptiser sous ses propres noms, Jean Léon. Il devient alors Jean-Léon de Médicis, dit « Léon l’Africain ». Pendant son séjour en Italie, il s’initie à l’italien et au latin, et enseigne l’arabe à Bologne. Sur demande du pape, il écrit sa fameuse Cosmographia de Affrica, publiée à Venise sous le titre Description de l'Afrique. Cet ouvrage de référence, qui évite soigneusement de donner des informations à caractère militaire, est la seule source de renseignement sur la vie, les mœurs, les us et coutumes dans l'Afrique du XVIe siècle. C’est en particulier grâce à ce livre que Tombouctou devient une ville mythique dans l’imaginaire européen ; il est ainsi l’inspirateur de René Caillié parti à sa découverte. C'est aussi la Bible de tous les diplomates et explorateurs intéressés par l’Afrique.

Il n'existe aucune information fiable sur la date et le lieu de la mort de Léon l'Africain.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pour sa part, Encyclopædia Universalis donne pour dates « 1483 env.-env. 1555 », en signalant qu'il était originaire d'une famille de Grenade qui avait probablement émigré au Maroc vers 1492. Voir Léon l'Africain Al-Hasan Inb Muhammad Al-Fa'si, sur universalis.fr. Consulté le 12 février 2013.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amin Maalouf donne une biographie de Hassan al-Wazzan dans son roman Léon l’Africain
  • Le professeur Louis Massignon, célèbre orientaliste, a étudié les écrits de Léon l’Africain. L’ouvrage de Louis Massignon Le Maroc dans les premières années de XVIe siècle - Tableau géographique d’après Léon l’Africain, édité en 1906, longtemps introuvable, est en 2006 réédité par les soins de la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc[réf. souhaitée].
  • Zhiri, Oumelbanine, L’Afrique au miroir de l’Europe: fortunes de Jean-Léon l’Africain à la Renaissance, Coll. Travaux d’Humanisme et Renaissance, CCXLVII, Genève, Librairie Droz, 1991, 246p.
  • Rauchenberger, Dietrich, 1999. Johannes Leo der Africaner, Seine Beschreibung des Raumes zwischen Nil und Niger nach dem Urtext, Wiesbaden, Harrassowitz Verlag (biographie et édition partielle de ce qui pourrait être le manuscrit de la Cosmographia de Affrica, tel qu'il a été écrit sous la dictée de Léon l'Africain et redécouvert dans les années 1930)
  • Léon l’Africain. Un voyageur entre deux mondes de Natalie Zemon-Davis. Traduit par Dominique Peters, 2007 (Payot 476 pages).
  • Léon l'Africain, sous la direction de François Pouillon, Paris, Karthala, 2009, 400 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notice d'autorité de Léon l'Africain