Kourmanbek Bakiev

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Kourmanbek Bakiev
Illustration.
Fonctions
2e président de la République kirghize

(&&&&&&&&&&&018475 ans, 0 mois et 20 jours)
Élection
Réélection
Premier ministre Lui-même
Félix Koulov
Azim Issabekov
Almazbek Atambaïev
Iskenderbek Aidaralïev
Igor Tchoudinov
Daniar Oussenov
Prédécesseur Askar Akaïev
Successeur Roza Otounbaïeva (présidente du gouvernement provisoire)
Premier ministre kirghiz
(Par intérim)
Président Lui-même
Prédécesseur Nikolaï Tanaiev
Successeur Félix Koulov
8e Premier ministre kirghiz
Président Askar Akaïev
Prédécesseur Amangeldy Mouraliev
Successeur Nikolaï Tanaiev
Biographie
Nom de naissance Kourmanbek Salievitch Bakiev
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Masadan, RSS du Kirghizistan
Nationalité kirghize
Parti politique Ak Jol
Conjoint Tatiana Vassilievna Bakieva
Enfant(s) Marat Bakiev
Maksim Bakiev
Diplômé de Université de Kouïbytchev

Kourmanbek Bakiev
Présidents de la République kirghize

Kourmanbek Salievitch Bakiev (en russe : Курманбек Салиевич Бакиев ; en kirghize : Курманбек Сали уулу Бакиев, Kurmanbek Sali Uulu Bakiev), né le 1er août 1949 à Masadan dans l'oblast d'Och (république socialiste soviétique kirghize), est un ancien président du Kirghizistan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Kourmanbek Bakiev suit des études d'informatique à l'université de Kouïbytchev (renommée depuis Samara). Il rentre en République socialiste soviétique de Kirghizie en 1979. Il obtient le poste de directeur dans une usine en 1985 et commence son ascension politique au sein du parti communiste de Kirghizie.

En 1997, il devient gouverneur de la province de Tchouï jusqu'à sa nomination au poste de Premier ministre le . À la suite d'une répression sanglante en mai 2002 contre des manifestants, Bakiev démissionne de son poste de Premier ministre. Les circonstances de sa démission ne sont pas claires : s'agit-il d'une critique de la répression du président ou, au contraire, un limogeage déguisé par le président Askar Akaïev mécontent de la répression organisée par son Premier ministre. Bakiev est remplacé au poste de Premier ministre par le vice-Premier ministre Nikolaï Tanaïev (d'ethnie russe) le 22 mai.

Président[modifier | modifier le code]

Après la révolution des Tulipes du , Bakiev s'empare des pleins pouvoirs : il est Premier ministre et président de la République par intérim. Il est nommé à ces fonctions le 24 mars par la chambre haute du Parlement kirghiz sortant. Le 28, il est confirmé par le nouveau Parlement issu des élections contestées de février-mars.

Sa légitimité constitutionnelle demeure longtemps incertaine. Dans un premier temps l'ancien président Askar Akaïev, réfugié en Russie, n'ayant pas démissionné, Bakiev est essentiellement reconnu des démocraties occidentales et de l'OSCE. Après la démission effective d'Akaïev le 3 avril, sa légitimité reste toutefois contestée au sein même de l'hétéroclite opposition kirghize, l'ancien vice-président Felix Koulov ayant annoncé sa candidature contre lui.

Bakiev promet alors des élections générales libres et démocratiques pour le . Après plusieurs reports, l'élection présidentielle est prévue le 10 juillet. Bakiev, homme le plus riche du Kirghizistan et venant du Sud, fait un pacte avec l'ancien général du KGB et homme politique du Nord, Felix Koulov. Bakiev se présente comme président et Koulov obtiendra, en cas de victoire, le poste de Premier ministre.

Le 10 juillet, Bakiev se retrouve sans opposant majeur à l'élection et est élu au premier tour avec environ 88 % des voix. De multiples plaintes de fraude électorale sont recensées, mais l'OSCE et les États-Unis ne remettent pas en cause la victoire de Bakiev. Bakiev devient ainsi officiellement président du Kirghizistan.

Début novembre 2006, l'opposition kirghize manifeste sur la place centrale de Bichkek pour réclamer une réforme constitutionnelle réduisant les compétences du président. Elle réclame également de juguler la corruption et de rendre indépendante la compagnie de radiotélévision. Après des affrontements acharnés, les opposants et les fidèles du président Kourmanbek Bakiev parviennent finalement à un compromis sur la Constitution.

Début février 2009, il annonce la fermeture de la base aérienne de Manas, ouverte par les États-Unis en décembre 2001, et qui, située à 900 km à vol d'oiseau de l'Afghanistan, servait de base principale pour un pont aérien ravitaillant et appuyant les troupes américaines engagées dans la guerre d'Afghanistan[1].

En juillet 2009, il est réélu président après un scrutin où il obtient 76 % des voix, mais entâchée de fraudes et d'irrégularités, l'élection est jugée non-démocratique par l'OSCE et critiquée par l'Union européenne[2].

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Après son arrivée au pouvoir, Bakiev a vite déçu les espoirs réformistes nés de la révolution des Tulipes[3]. Il installe des proches au pouvoir, notamment dans les domaines des affaires étrangères et de l'économie[3], et fait des réformes anticonstitutionnelles, limitant notamment les libertés d'expression et de réunion[4], ou permettant à l'armée de participer aux opérations de maintien de l'ordre public[4]. Le pouvoir exerce aussi des pressions sur les médias[4]. Des privatisations de sites de productions d'énergie ont lieu de façon opaque[4], avec pour conséquence le doublement par deux des prix de l'électricité[3].

En , une taxe a été fixée par le gouvernement sur les appels téléphoniques cellulaires, dont le montant allait selon l'opposition directement dans les comptes d'un fond détenu par le fils du président Bakiev, Maxime Bakiev.

Tout cela contribue à l'impopularité de Bakiev auprès de la population. Sa politique extérieure est elle marquée par le jeu de balance entre Moscou et Washington, qui possèdent tous les deux des bases militaires dans le pays[3].

Révolte et départ du pouvoir[modifier | modifier le code]

Le , à la suite de l'emprisonnement de membres de l'opposition, une révolte populaire démarre dans les rues de Bichkek. L'opposition prend d'assaut les bâtiments gouvernementaux, et se proclame comme nouveau gouvernement, à la place de Bakiev. Ce dernier était fortement accusé ces derniers mois de dérive autoritaire[5],[6].

Bakiev se réfugie dans le sud du pays pour tenter de rallier des proches, mais le gouvernement provisoire lève son immunité et menace de le faire arrêter[7]. Il démissionne une semaine plus tard, le 15 avril[8]. Il est possible qu'il ait accepté de démissionner en échange de garanties sur sa sécurité et celles de ses proches[9]. Il s'exile au Kazakhstan[10] puis en Biélorussie, d'où il se rétracte et annonce qu'il est toujours le « président élu du Kirghizistan »[11]. Il traite alors le nouveau gouvernement provisoire de « bandits qui veulent s'emparer du pouvoir.»[11]

Finalement, le gouvernement provisoire demande fin avril l'extradition de Bakiev[12], pour qu'il soit jugé pour les massacres commis par les forces de sécurité pendant la révolte, responsables de plus de 80 morts, mais la Biélorussie rejette catégoriquement cette demande[13]. Bakiev acquiert même la nationalité biélorusse par la suite[14]. Amnesty International accuse Bakiev d'avoir autorisé le recours à la force contre les manifestants pendant la révolte [15].

Son procès par contumace débute à Bichkek en novembre 2010[16].

Références[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]