Kourmanbek Bakiev

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Kourmanbek Bakiev
Illustration.
Fonctions
2e président de la République kirghize
25 mars 200515 avril 2010
(&&&&&&&&&&&018475 ans, 0 mois et 20 jours)
Élection 10 juillet 2005
Réélection 23 juillet 2009
Premier ministre Lui-même
Félix Koulov
Azim Issabekov
Almazbek Atambaïev
Iskenderbek Aidaralïev
Igor Tchoudinov
Daniar Oussenov
Prédécesseur Askar Akaïev
Successeur Roza Otounbaïeva (présidente du gouvernement provisoire)
Premier ministre kirghiz
(Par intérim)
24 mars 200515 août 2005
Président Lui-même
Prédécesseur Nikolaï Tanaiev
Successeur Félix Koulov
8e Premier ministre kirghiz
21 décembre 200022 mai 2002
Président Askar Akaïev
Prédécesseur Amangeldy Mouraliev
Successeur Nikolaï Tanaiev
Biographie
Nom de naissance Kourmanbek Salievitch Bakiev
Date de naissance 1er août 1949 (1949-08-01) (63 ans)
Lieu de naissance Masadan, RSS du Kirghizistan
Nationalité kirghize
Parti politique Ak Jol
Conjoint Tatiana Vassilievna Bakieva
Enfants Marat Bakiev
Maksim Bakiev
Diplômé de Université de Kouïbytchev

Kourmanbek Bakiev
Présidents de la République kirghize

Kourmanbek Salievitch Bakiev (en russe : Курманбек Салиевич Бакиев ; en kirghize : Курманбек Сали уулу Бакиев, Kurmanbek Sali Uulu Bakiev), né le 1er août 1949 à Masadan dans l'oblast d'Och, est l'ancien président kirghiz.

Sommaire

Biographie [modifier]

Kourmanbek Bakiev suit des études d'informatique à l'Université de Kouïbytchev (renommée depuis Samara). Il rentre en République socialiste soviétique de Kirghizie en 1979. Il obtient le poste de directeur dans une usine en 1985 et commence son ascension politique au sein du parti communiste de Kirghizie.

En 1997, il devient gouverneur de la province de Tchoui jusqu'à sa nomination au poste de Premier ministre le 22 décembre 2000. Suite à une répression sanglante en mai 2002 contre des manifestants, Bakiev démissionne de son poste de Premier ministre. Les circonstances de sa démission ne sont pas claires : s'agit-il d'une critique de la répression du président ou, au contraire, un limogeage déguisé par le président Askar Akaïev mécontent de la répression organisée par son premier ministre. Bakiev est remplacé au poste de Premier ministre par le vice-Premier ministre Nikolaï Tanaiev le 22 mai.

Président [modifier]

Après la révolution des Tulipes du 24 mars 2005, Bakiev s'empare des pleins pouvoirs : il est Premier ministre et président de la République par intérim. Il est nommé à ces fonctions le 24 mars par la chambre haute du Parlement kirghiz sortant. Le 28, il est confirmé par le nouveau Parlement issu des élections contestées de février-mars.

Sa légitimité constitutionnelle demeure longtemps incertaine. Dans un premier temps l'ancien président Askar Akaïev, réfugié en Russie, n'ayant pas démissionné, Bakiev est essentiellement reconnu des démocraties occidentales et de l'OSCE. Après la démission effective d'Akaïev le 3 avril, sa légitimité reste toutefois contestée au sein même de l'hétéroclite opposition kirghize, l'ancien vice-président Felix Koulov ayant annoncé sa candidature contre lui.

Bakiev a promis des élections générales libres et démocratiques pour le 26 juin 2005. Après plusieurs reports, l'élection présidentielle est prévue le 10 juillet. Bakiev, homme le plus riche du Kirghizstan et venant du Sud a fait un pacte avec l'ancien général du KGB et homme politique du Nord, Felix Koulov. Bakiev se présente comme président et Koulov obtiendra, en cas de victoire, le poste de premier ministre.

Le 10 juillet, Bakiev se retrouve sans opposant majeur lors de l'élection et est élu au premier tour avec environ 88 % des voix. De multiples plaintes de fraude électorale sont recensées mais l'OSCE et les États-Unis ne devraient pas remettre en cause la victoire de Bakiev. Bakiev devient ainsi officiellement président du Kirghizstan.

Début novembre 2006, l'opposition kirghize manifeste sur la place centrale de Bichkek pour réclamer une réforme constitutionnelle réduisant les compétences du président. Elle réclame également de juguler la corruption et de rendre indépendante la compagnie de radiotélévision. Suite aux affrontements acharnés, les opposants et les fidèles du président Kourmanbek Bakiev sont finalement parvenus à un compromis sur la Constitution.

Début février 2009, il annonce la fermeture de la base aérienne de Manas, ouverte par les États-Unis en décembre 2001, et qui, située à 900 km à vol d'oiseau de l'Afghanistan, servait de hub aérien principal pour la guerre d'Afghanistan[1].

En juillet 2009, il est réélu président lors d'un scrutin où il obtient 76 % des voix, mais entâchée de fraudes et d'irrégularités, l'élection est jugée non-démocratique par l'OSCE et critiquée par l'Union européenne[2].

Politique intérieure [modifier]

Après son arrivée au pouvoir, Bakiev a vite déçu les espoirs réformistes nés de la révolution des Tulipes[3]. Il installe des proches au pouvoir, notamment dans les domaines des affaires étrangères et de l'économie[3], et fait des réformes anticonstitutionnelles, limitant notamment les libertés d'expression et de réunion[4], ou permettant à l'armée de participer aux opérations de maintien de l'ordre public[5]. Le pouvoir exerce aussi des pressions sur les médias[6]. Des privatisations de sites de productions d'énergie ont lieu de façon opaque[7], avec pour conséquence le doublement par deux des prix de l'électricité[3].

En janvier 2010, une taxe a été fixée par le gouvernement sur les appels téléphoniques cellulaires, dont le montant allait selon l'opposition directement dans les comptes d'un fond détenu par le fils du président Bakiev, Maxime Bakiev.

Tout cela contribue à l'impopularité de Bakiev auprès de la population. Sa politique extérieure est elle marquée par le jeu de balance entre Moscou et Washington, qui ont les deux des bases militaires dans le pays[3].

Révolte et départ du pouvoir [modifier]

Le 7 avril 2010, à la suite de l'emprisonnement de membres de l'opposition, une révolte populaire a lieu dans les rues de Bichkek. L'opposition prend d'assaut les bâtiments gouvernementaux, et se proclame comme nouveau gouvernement, à la place de Bakiev. Ce dernier était fortement accusé ces derniers mois de dérive autoritaire[8],[9].

D'abord réfugié dans le sud du pays pour tenter de rallier ses alliés, le gouvernement provisoire lève son immunité et menace de le faire arrêter[10]. Il démissionne une semaine plus tard, le 15 avril[11]. Il est possible qu'il ait accepté de démissionner en échange de garanties sur sa sécurité et celles de ses proches[12]. Il s'exilera au Kazakhstan[13] puis en Biélorussie, d'où il se rétractera et annoncera qu'il est toujours le « président élu du Kirghizistan »[14]. Il traitera le nouveau gouvernement provisoire de « bandits qui veulent s'emparer du pouvoir.»[14]

Finalement, le gouvernement provisoire demandera dès fin avril l'extradition de Bakiev[15], pour qu'il soit jugé pour les massacres commis par les forces de sécurité lors de la révolte, responsables de plus de 80 morts, mais la Biélorussie refusera catégoriquement cette demande[16]. Bakiev acquiert même la nationalité biélorusse par la suite[17].Amnesty International accusera Bakiev d'avoir autorisé le recours à la force contre les manifestants, lors de la révolte [18].

Son procès par contumace débutera à Bichkek en novembre 2010[19].

Références [modifier]

Article connexe [modifier]