Jacques Friedel

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Jacques Friedel, né le 11 février 1921 dans le 6e arrondissement de Paris – mort le 27 août 2014[1], est un physicien français et professeur émérite à l'université Paris-Sud Orsay.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacques Friedel est l'arrière-petit-fils de Charles Friedel, minéralogiste et chimiste français, le petit-fils de Georges Friedel, minéralogiste français, et le fils d'Edmond Friedel[note 1] et descend de la famille des éditeurs Berger-Levrault. Il est le père de Paul Friedel.

Jacques Friedel rejoint Paris et le lycée Louis-le-Grand en 1937 à l'occasion de la nomination de son père en tant que sous-directeur de l'École nationale supérieure des mines de Paris. Après la classe de terminale section mathématiques élémentaires, il suit la classe de terminale section philosophie au lycée Henri-IV (1938-1939). Il étudie ensuite durant trois ans en classes préparatoires scientifiques à Bordeaux puis à Lyon et, après une année passée dans les Chantiers de la Jeunesse, une année de Service du travail obligatoire et son enrôlement dans la 2e division blindée, il étudie à l'École polytechnique de 1944 à 1946, puis, comme élève ingénieur des mines, à l'École nationale supérieure des mines de Paris de 1946 à 1948. Ingénieur des mines, il est affecté dans le cadre du « décret Suquet » au laboratoire de minéralogie de l'École. De 1949 à 1952 il prépare une thèse de doctorat à l'université de Bristol dans le laboratoire de Nevill Francis Mott. À son retour au laboratoire de minéralogie, on lui propose la direction du laboratoire, laissée vacante par le départ de son cousin Charles Crussard, proposition qu'il refuse, souhaitant s'engager dans une carrière universitaire. Il soutient une thèse de doctorat ès sciences physiques à l'université de Paris en 1954. Il devient en 1956 maître de conférences de physique pour le certificat PCB (1re année de médecine) à la faculté des sciences de l'université de Paris, en parallèle avec Jean Bricard. Il enseigne également dans le cadre du certificat d'études supérieures de 3e cycle de physique des solides à l'Institut Henri-Poincaré avec André Guinier et Pierre Aigrain.

Il rejoint le site de la faculté des sciences d'Orsay en 1959 comme professeur de physique des solides et y fonde le Laboratoire de physique des solides avec André Guinier et Raymond Castaing. Suivant les recommandations d'Anatole Abragam du CEA, il permet à Pierre-Gilles de Gennes d'obtenir une nouvelle maîtrise de conférences de physique des solides[2].

Il épouse à Bristol en juin 1952 Mary Winifred Horder, la sœur cadette de Ruth Eleanor Horder, elle-même épouse de Nevill Francis Mott.

Il a reçu la médaille d'or du CNRS en 1970[3] et le prix Holweck en 1964. Il a été élu membre titulaire de l'Académie des sciences le 17 janvier 1977 dont il fut le président pour la période 1993-1994[4]. Il est également l'un des rares français membre associé de la National Academy of Sciences américaine. Il est fait membre étranger de la Royal Society en 1988. Il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur le 12 juillet 2013[5].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Les dislocations (Paris, Gauthier Villars, 1956, 2nd ed. Dislocations, Pergamon, 1964)
  • Il a relaté l'histoire de la saga familiale dans Graine de mandarin[6].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Charles Friedel était le petit-fils de Louis Georges Duvernoy. Jacques Friedel est le père de Paul Friedel, directeur de la stratégie de la recherche à France Télécom. À travers six générations, il y a trois membres de l'Institut (et un correspondant), quatre polytechniciens, trois ingénieurs des mines et quatre membres de la famille ont habité à l'école des mines de Paris, boulevard Saint-Michel (Charles pendant 22 ans en qualité de conservateur des collections, Georges de sa naissance jusqu'à l'âge de 16 ans, Edmond de 1936 à 1964, et Jacques avec son père). En outre, Marguerite, sœur d'Edmond Friedel, avait épousé Louis Crussard, qui eut trois enfants polytechniciens dont Charles Crussard.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le physicien français Jacques Friedel est mort mercredi à 93 ans » sur lemonde.fr, 29 août 2014
  2. Hommage de Jacques Friedel à Pierre-Gilles de Gennes
  3. CNRS, « Liste des médaillés d'or du CNRS », sur http://www.cnrs.fr (consulté le 11 février 2014)
  4. Jacques Friedel sur le site academie-sciences.fr. Consulté le 5 avril 2008.
  5. Décret du 12 juillet 2013
  6. Éditions Odile-Jacob (1994).
  7. Archives nationales

Liens externes[modifier | modifier le code]