Marianne Grunberg-Manago

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Marianne Grunberg-Manago, née le 6 janvier 1921 à Saint-Pétersbourg, est une biologiste française. Elle est décédée le 3 janvier 2013 à Paris[1], trois jours avant son 92e anniversaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Descendante du pédagogue Johann Heinrich Pestalozzi elle émigre en France alors qu'elle a neuf mois.

Elle fait des études de biologie physico-chimique, commence dans la recherche au laboratoire de biologie marine de Roscoff, part en stage aux États-Unis, rejoint le laboratoire de biologie moléculaire de Severo Ochoa en 1954, ce qui l'amènera à découvrir la polyribonucléotide nucléotidyltransférase, une enzyme qui va bouleverser la recherche sur l'hérédité en permettant une meilleure compréhension des mécanismes de réplication de l'acide désoxyribonucléique. Cette découverte vaudra le Prix Nobel de physiologie ou médecine à son directeur de laboratoire Severo Ochoa.

Première femme à diriger l'Union internationale de biochimie, elle a également présidé l'Académie française des sciences où elle a été élue en 1982. En 1990, elle a été élue à la National Academy of Sciences américaine.

Décorée de la Légion d'honneur, elle a été élevée à la dignité de Grand Officier le 30 janvier 2008. Elle est également commandeur de l'ordre national du mérite.

Son travail et ses apports scientifiques[modifier | modifier le code]

Son œuvre scientifique, considérable, les responsabilités multiples qu'elle assuma, tant au plan national qu'international -et singulièrement européen- en font une des figures la plus marquante de la biologie. Les débuts de sa carrière scientifique, dans le laboratoire d'E. Aubel à l'Institut de Biologie physicochimique, dont elle deviendra Chef de service en 1967, comportent des recherches sur le métabolisme microbien : effets de l'oxygène sur les microbes anaérobies et études de nombreux processus impliquant le transfert actif des ions phosphates, etc.

Toutefois, sa contribution la plus connue, réalisée en partie aux États-Unis, est la découverte d'une enzyme, la polynucléotide-phosphorylase, la première du genre à catalyser la synthèse in vitro de polymères apparentés aux acides ribonucléiques. Ces travaux d'une portée considérable allaient ouvrir de multiples voies à la physico-chimie des macromolécules et conduire au déchiffrement du code génétique. Marianne Grunberg-Manago s'illustrera, par la suite, dans l'élucidation de nombreuses étapes de la traduction génétique ("initiation" des chaînes protéiques, rôle des ribosomes, interactions codons/anti-codons). Grand Officier de la Légion d'Honneur, directeur de recherche au CNRS, Professeur associé à l'Université Paris 7 (1977-1982) et à l'Université de Harvard (1977), elle était membre de l'EMBO (1964), de l'American Society of Biological Chemistry, de la Société française de Biochimie et Biologie moléculaire, et de nombreuses académies étrangères dont la National Academy of Sciences des États-Unis (1982), et de l'Académie des sciences de Russie[2].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Membre de l’EMBO (1964)
  • Prix Charles-Léopold Mayer (1966)
  • Membre étranger de l’American Society of Biological Chemists (1972)
  • Membre de la FASEB (Federation of American Societies for Experimental Biology)
  • Membre de la Société française de biochimie et de biologie moléculaire
  • Membre étranger de la Franklin Society (1995)
  • Membre de la Société espagnole de biologie moléculaire
  • Membre de la Société grecque de biologie moléculaire
  • Membre du Comité général de l'ICSU
  • Membre étranger de la New York Academy of Sciences (1977)
  • Membre étranger de l’American Academy of Arts and Sciences (1978)
  • Membre étranger de la National Academy of Sciences des États-Unis (1982)
  • Membre étranger honoraire de l’Académie des sciences de l’URSS (1988)
  • Membre de l’Academia Europea (1988)
  • Membre étranger honoraire de l’Académie des sciences de Russie (1991)
  • Membre étranger de l’Académie des sciences d’Ukraine (1991)
  • Grand Officier de la Légion d'honneur en 2008

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Marianne GRUNBERG-MANAGO »
  2. « Académie des Sciences »,‎ 27/09/2014 (consulté le 27/09/2014)