Marianne Grunberg-Manago

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Marianne Grunberg-Manago, née le à Pétrograd (aujourd'hui redevenue Saint-Pétersbourg), est une biologiste française qui a découvert des étapes clés de la traduction génétique. Première femme présidente de l'Académie des sciences, elle est décédée le à Paris[1], trois jours avant son 92e anniversaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Descendante du pédagogue Johann Heinrich Pestalozzi, elle émigre en France alors qu'elle a neuf mois.

Elle fait des études de biologie physico-chimique, commence dans la recherche au laboratoire de biologie marine de Roscoff, part en stage aux États-Unis, rejoint le laboratoire de biologie moléculaire de Severo Ochoa[2] en 1954, ce qui l'amènera à découvrir la polyribonucléotide nucléotidyltransférase, une enzyme qui va bouleverser la recherche sur l'hérédité en permettant une meilleure compréhension des mécanismes de réplication de l'acide désoxyribonucléique[3]. Cette découverte vaudra le Prix Nobel de physiologie ou médecine à son directeur de laboratoire Severo Ochoa.

Première femme à diriger l'Union internationale de biochimie, elle a également présidé l'Académie des sciences où elle a été élue en 1982. En 1990, elle a été élue à la National Academy of Sciences américaine.

Son travail et ses apports scientifiques[modifier | modifier le code]

Son œuvre scientifique, considérable, les responsabilités multiples qu'elle assuma, tant au plan national qu'international -et singulièrement européen- en font une des figures la plus marquante de la biologie. Les débuts de sa carrière scientifique, dans le laboratoire d'E. Aubel à l'Institut de Biologie physicochimique, dont elle deviendra cheffe de service en 1967, comportent des recherches sur le métabolisme microbien : effets de l'oxygène sur les microbes anaérobies et études de nombreux processus impliquant le transfert actif des ions phosphates, etc.

Toutefois, sa contribution la plus connue, réalisée en partie aux États-Unis, est la découverte d'une enzyme, la polynucléotide-phosphorylase, la première du genre à catalyser la synthèse in vitro de polymères apparentés aux acides ribonucléiques. Ces travaux d'une portée considérable allaient ouvrir de multiples voies à la physico-chimie des macromolécules et conduire au déchiffrement du code génétique.

Marianne Grunberg-Manago s'illustrera, par la suite, dans l'élucidation de nombreuses étapes de la traduction génétique ("initiation" des chaînes protéiques, rôle des ribosomes, interactions codons/anti-codons).

Directrice de recherche au CNRS, professeure associée à l'université Paris 7 (1977-1982) et à l'Université de Harvard (1977), elle était membre de l'EMBO (1964), de l'American Society of Biological Chemistry, et de nombreuses académies étrangères dont la National Academy of Sciences des États-Unis (1982), de l'Académie des sciences de Russie[4] et de la Société française de Biochimie et Biologie moléculaire. En 1985, elle est devenue présidente de l'Union internationale de biochimie et de biologie moléculaire. Le 1er janvier 1995, elle est devenue la première femme présidente de l'Académie des Sciences[5], pendant deux ans, succédant ainsi au physicien Jacques Friedel; notons que même Marie Curie s'est vu refuser cette distinction[6].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Membre de l’EMBO (1964)
  • Prix Charles-Léopold Mayer de l'Académie des Sciences (1966)
  • Membre étranger de l’American Society of Biological Chemists (1972)
  • Membre de la FASEB (Federation of American Societies for Experimental Biology)
  • Membre de la Société française de biochimie et de biologie moléculaire
  • Membre étranger de la Franklin Society (1995)
  • Membre de la Société espagnole de biologie moléculaire
  • Membre de la Société grecque de biologie moléculaire
  • Membre du Comité général de l'ICSU
  • Membre étranger de la New York Academy of Sciences (1977)
  • Membre étranger de l’American Academy of Arts and Sciences (1978)
  • Membre étranger de la National Academy of Sciences des États-Unis (1982)
  • Membre étranger honoraire de l’Académie des sciences de l’URSS (1988)
  • Membre de l’Academia Europea (1988)
  • Membre étranger honoraire de l’Académie des sciences de Russie (1991)
  • Membre étranger de l’Académie des sciences d’Ukraine (1991)
  • Commandeur de l'Ordre national du Mérite
  • Grand Officier de la Légion d'honneur en 2008

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Marianne GRUNBERG-MANAGO »
  2. Grunberg-Manago, M. (1997). "Severo Ochoa. 24 September 1905--1 November 1993: Elected For.Mem.R.S. 1965". Biographical Memoirs of Fellows of the Royal Society 43: 351–310. doi:10.1098/rsbm.1997.0020
  3. Grunberg-Manago, Marianne; Ortiz, P; Ochoa, S (April 1956). "Enzymic synthesis of polynucleotides. I. Polynucleotide phosphorylase of Azotobacter vinelandii.". Biochem Biophysica Acta 20 (1): 269–85. PMID 13315374
  4. « Académie des Sciences »,‎ (consulté le 27 septembre 2014)
  5. « First Lady », New Scientist, no 1949,‎ , p. 12
  6. Encyclopaedia Universalis, page 1987, volume 26, Paris, 2002

Lien externe[modifier | modifier le code]