Hermann von Ihering

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ihering.
Hermann von Ihering.

Hermann von Ihering est un zoologiste allemand, ornithologue et malacologue, né le 9 octobre 1850 à Kiel et mort le 24 février 1930 à Büdingen (Hesse).

Il est le fils aîné de Rudolph von Ihering, juriste et professeur à l’université de Göttingen. Il étudie à Giessen, Leipzig et Berlin. À 18 ans, il suit son père, nommé à Vienne. Durant la guerre de 1870, il est enrôlé dans le 117e régiment de mousquetaires de Darmstadt et sert à Lazarette. Après l’obtention de son diplôme de médecine, il étudie la zoologie et la géologie, il obtient son doctorat en 1876. Il devient assistant à l’institut de zoologie de Göttingen, puis à Erlangen en 1876 et, enfin, à Leipzig en 1878 où il est privatdozent en zoologie.

En 1880[1], il part au Brésil pour un séjour qui durera trente ans. Ihering s’installe dans la colonie allemande de Rio Grande (Rio Grande do Sul)[1] à l’est de São Leopoldo. Il fait des récoltes de spécimens d’histoire naturelle, notamment des oiseaux pour le British Museum ainsi que pour le comte Hans von Berlepsch (1850-1915), des œufs pour Adolph Nehrkorn (1841-1916) et des araignées pour le comte Graf Eugen Von Keyserling (1833-1889). Il récolte également des mollusques d'eau douce dont plusieurs espèces nouvelles[1].

Après avoir pratiqué quelques années comme médecin puis avoir été l’éditeur d’un journal allemand de Porto Alegre, il devient, en 1883, voyageur naturaliste pour le compte du muséum national de Rio de Janeiro. Dix ans plus tard, en 1895 Ihering devient le directeur du Museu Paulista de l’État de São Paulo, une fonction qu’il va conserver vingt-trois ans. Il fait construire le jardin botanique et les locaux du muséum. Un différend avec le gouverneur (vraisemblablement lié au contexte politique de la première guerre mondiale[2], le Brésil déclarera la guerre à l'Allemagne le 26 Octobre 1917) le contraint à démissionner en 1916. En 1920, il retrouve un poste similaire au muséum de Florianópolis dans l’État de Santa Catarina. Il quitte le Brésil quatre ans plus tard et retourne en Allemagne. Il devient professeur honoraire à l’université de Göttingen et finit ses jours à Büdingen.

Ihering est l’auteur d’une œuvre importante : plus de 310 titres (dont une vingtaine consacrée à l’ornithologie et une trentaine à la malacologie[3]). Il est fait membre correspondant ou honoraire de plus de 30 académies et sociétés savantes à travers le monde. Cinq genres et plus de cent espèces lui ont été dédiés.

Son fils est le naturaliste Rodolpho von Ihering (1883-1939).

La malacologie[modifier | modifier le code]

Les travaux d'Hermann von Ihering font référence dans le domaine de la malacologie[3],[4], plusieurs espèces de gastropodes et de bivalves portent son nom (il a été le premier à les décrire) ou lui ont été dédiées (le second nom latin de l’appellation binominale de l'espèce dérive du nom Ihering) et une revue scientifique Iheringia, Série Zoologia (ISSN 0073-4721), éditée par le Muséum de Sciences Naturelles de la Fondation Zoo-Botanique de Rio Grande (Rio Grande do Sul, Brésil), porte son nom.

Durant son séjour au Brésil, Hermann von Ihering a étudié les mollusques d'eau douce, notamment les bivalves, principalement collectés dans le rio dos Sinos (entre Taquara et São Leopoldo) et ses affluents principaux comme le rio Paranhana[1]. Fondateur et premier directeur du Museu Paulista de l'Université de São Paulo, il y organise la collection de malacologie et publie plus de 35 articles scientifiques sur le sujet[3].

Les spécimen de mollusques d'eau douce qu'il a récoltés sont aujourd'hui présents dans les collections de plusieurs muséums d'histoire naturelle[1] : celle du Museu de Zoologia da Universidade de São Paulo (MZUSP) au Brésil, celle du Stuttgart Museum für Naturgeschichte (SMNS) en Allemagne, celle du Senckenberg Museum de Frankfurt am Main (SBMF) en Allemagne, celle du National Museum of Natural History de Washington (NMNH) aux Etats-Unis, celle du Natural History Museum de Londres (BMNH) au Royaume-Unis et celle du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris (MNHN) en France.

Espèces dédiées ou portant son nom[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Mansur, L. C. D., Pereira, D. 2006. Bivalves límnicos da bacia do rio dos Sinos, Rio Grande do Sul, Brasil (Bivalvia, Unionoida, Veneroida e Mytiloida). Revista Brasileira de Zoologia 23(4): 1123–1147.
  2. Pereira, D., Mansur, M. C. D., Duarte, L. D. S., de Oliveira, A. S., Pimpão, D. M., Callil, C. T., Ituarte, C., Parada, E., Peredo, S., Darrigran, G., Scarabino, F., Clavijo, C., Lara, G., Miyahira, I. C., Rodriguez, M. T. R., Lasso, C. 2013. Bivalve distribution in hydrographic regions in South America: historical overview and conservation. Hydrobiologia, ISSN 0018-8158, Springer Netherlands, 30 pp.
  3. a, b et c Vaz, J.F. 1986. Hermann von Ihering. Boletim Informativo da Sociedade Brasileira de Malacologia, São Paulo, (60):13-15.
  4. Parodiz, J.J. 1996. The taxa of fossil Mollusca introduced by Hermann von Ihering. Annals of Carnegie Museum, Pittsburgh, 65(3): 183-296.
  5. Ihering, H. von. 1907. Mollusques fossiles du Tertiare et du Crétacé supérieur de l'Argentine. Annals de Museo Nacional de Historia 3(7). Alsina (Buenos-Aires) 611 pp.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • Theodore Sherman Palmer (1930). Obituaries [Hermann von Ihering], The Auk, 47 (4) : 452-455. (ISSN 0004-8038)