Jean-Léonor Le Gallois de Grimarest

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Monsieur de Grimarest

Jean-Léonor Le Gallois, sieur de Grimarest, né en 1659, baptisé le 15 janvier 1676 à Bernières-sur-Mer, mort à Paris le , est un mathématicien, historien, maître de langue et de déclamation français, connu surtout pour avoir été, trente-deux ans après la mort de Molière, son premier véritable biographe[1].

En 1705, il fait paraître sa Vie de M. de Molière, qui sera la source de toutes les biographies écrites du XVIIIe jusqu'au milieu du XXe siècle. L'auteur prétend avoir, pour rédiger cette Vie, mené une véritable enquête et consulté notamment le comédien Michel Baron, Jean Racine, ainsi qu'Esprit-Madeleine Poquelin, seule enfant survivante de Molière.

Pourtant, dès l'année suivante, Nicolas Boileau, qui a bien connu Molière, dont il était l'ami, se montrera particulièrement sévère à l'égard de Grimarest :

Pour ce qui est de la vie de Molière, franchement ce n’est pas un Ouvrage qui mérite qu’on en parle. Il est fait par un homme qui ne savait rien de la vie de Molière, et il se trompe dans tout, ne sachant pas même les faits que tout le monde sait[2].

Et il est vrai que Grimarest n'a pas connu Molière et n'était pas présent lors de sa mort (il n'avait alors que 15 ans) et que ses deux principales sources ne pouvaient guère lui apprendre autre chose que les légendes qui avaient déjà commencé à se former sur Molière : Esprit-Madeleine avait sept ans à la mort de son père et elle avait passé les vingt années suivantes dans un couvent ; quant à Baron, il n'avait que vingt ans à la mort de Molière, et avait passé moins de trois ans dans la troupe. C'est pourquoi depuis le XXe siècle les chercheurs se montrent particulièrement prudents quant au contenu de cet ouvrage. L'un des derniers biographes de Molière[3] confronte systématiquement les récits de Grimarest aux faits établis par l'historiographie moliéresque depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, et montre chemin faisant que Boileau avait largement raison.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Commerce de lettres curieuses et savantes (1700).
  • La Vie de M. de Molière (1705)[4].
  • Les Campagnes de Charles XII, roi de Suède (4 volumes publiés de 1705 à 1711)[5].
  • Lettre critique à M. de *** sur le livre intitulé La Vie de M. de Molière (1706)[6].
  • Addition à la Vie de M. de Molière, contenant une réponse à la critique que l'on en a faite à Paris (1706)[7].
  • Traité du récitatif dans la lecture, dans l'action publique, dans la déclamation et dans le chant. Avec un traité des accents, de la quantité et de la ponctuation (1707)[8].
  • Traité sur la manière d'écrire des lettres et sur le cérémonial, avec un discours sur ce qu'on appelle usage dans la langue française (1709)[9].
  • Fonction des généraux ou l'art de conduire une armée, contenant la pratique des marches, campements et évolutions des armées, etc… par M. de Grimaret (sic) (La Haye, 1710).
  • Éclaircissements sur les principes de la langue française (1712)[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Si l'on met à part la courte préface à tonalité biographique qui ouvre la grande édition (posthume) des Œuvres de M. de Molière en 1682.
  2. Lettre CXVII, 12 mars 1706, dans Correspondance Boileau-Brossette, éd. Auguste Laverdet, Paris, J. Techener, 1858, p. 214.
  3. Roger Duchêne, Molière, Ed. Fayard, 1998.
  4. « Ma Vie de M. de Molière », sur Google Livres
  5. « Les Campagnes de Charles XII, tome premier », sur Google Livres
  6. « Lettre critique », sur Google Livres
  7. « Adition à la Vie de Monsieur de Molière », sur Google Livres
  8. « Traité du récitatif », sur Google Livres
  9. « Traité sur la manière d'écrire des lettres », sur Google Livres
  10. « Éclaircissemens sur les principes », sur Google Livres

Lien externe[modifier | modifier le code]