Michel Baron

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Baron et Baron (acteur).
Michel Baron
(Portrait par François Courboin).

Michel Boyron, dit Michel Baron, est un comédien et auteur dramatique français, né le 8 octobre 1653 à Paris où il est mort le 22 décembre 1729. Ami de Molière et formé par lui, il est proche de Corneille et de Racine, il a joué pour eux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Il est le fils de deux comédiens célèbres en leur temps, Michel Boyron, dit "Baron" (1600-1655) et Jeanne Auzoult, dite "Mlle Baron" ou encore "la Baronne" (1625-1662), qui travaillèrent au théâtre du Marais, puis à celui de l'Hôtel de Bourgogne[1]. Orphelin, Michel Baron est confié en 1662 à des tuteurs résidant à Villejuif qui, d'après les souvenirs que Baron livre à Grimarest, dilapident son héritage et l'engagent en 1665 pour cinq ans dans une troupe d'enfants comédiens de province, "les petits comédiens de Monseigneur le Dauphin", dirigée par Mlle Raisin[2]. Après une tournée d'un an en Normandie, Mlle Raisin, proche de la ruine, rentre à Paris et fait appel à la générosité de Molière qui lui prête le théâtre du Palais-Royal pour trois représentations. La gazette de Robinet note le 22 février 1666[1] :

Cependant au Palais-Royal, / avec un plaisir sans égal, / on peut voir la troupe enfantine / qu’on nomme la troupe Dauphine / dont les acteurs à peine éclos / des plus vieux méritent le los /Sur tous, le fils de « la Baronne », / actrice si belle et si bonne, / dont la Parque a fait son butin, / a comme elle le beau destin / de charmer chacun sur la scène. / Quoiqu’il n’ait que douze ans à peine, / il sera quelques jours / fort propre aux rôles de l’amour.

L'enfant montre un talent précoce, Molière décide de le former. Il demande audience à Louis XIV qui, par lettre de cachet, l'autorise à l'enlever de chez Mlle Raisin[3]. D'après Grimarest, les relations entre l'enfant et Armande Béjart, femme de Molière sont mauvaises, au point de Mlle Molière lui donne un soufflet lors des répétitions de Mélicerte, où le jeune Baron tient le rôle de Myrtil. Après la présentation de Mélicerte à la Cour, le 02 décembre 1666, Baron, vexé, quitte Molière et retourne chez la Raisin.

Il sillonne les routes de province, parcourt le Languedoc, la Provence, puis quitte les "petits comédiens du Dauphin" en 1669, pour intégrer la troupe itinérante d'adultes des "comédiens du duc de Savoie"[4]. Molière lui fait parvenir à Dijon une lettre de cachet signée de Louis XIV, à Pâques 1670, lui ordonnant de rentrer à Paris et d'intégrer la Troupe de Roi, au Palais-Royal[5]. La Grange note dans son registre son arrivée et ajoute qu'il recevra une part des bénéfices, ce qui est exceptionnel, compte tenu de son jeune âge (il a seize ans et demi). Molière décide de l'héberger chez lui, dans sa maison d'Auteuil[5].

Baron joue très vite le Tartuffe et l'Avare, puis crée les rôles de Dorante dans le Bourgeois gentilhomme, Octave dans les Fourberies de Scapin, Domitien dans Tite et Bérénice de Pierre Corneille, d'Ariste dans les Femmes savantes et celui de l'Amour dans Psyché en 1671. Armande Béjart, Mlle Molière y joue le rôle de Psyché. C'est à l'occasion de ce spectacle qu'on lui prête une liaison avec l'actrice. Selon un pamphlet anonyme, "la Fausse Comédienne", paru en 1688, qui s'attachait à discréditer la veuve de Molière, Baron et Armande se plurent, puis se quittèrent. "Peu après, il retourna à ses maîtresses et elle à ses amants..." . Cette liaison est peu probable. Voici ce qu'en pense Bert Edward Young, biographe de Michel Baron : "Si l'on considère de près la situation de Michel Baron, une telle allégation exigerait que l'on admette une ingratitude et une perfidie sans pareille de sa part [ à l'égard de Molière] et une précocité dans la galanterie, enfin l'abandon de la haine entre lui et Mlle Molière, haine qui existait depuis son arrivée, et qui exista à toutes les époques sur lesquels nous avons des renseignements dignes de foi, et qui continua même après la mort de Molière."[1] Par ailleurs, à l'époque de Psyché, Baron est âgé d’à peine 17 ans et Armande en a 29.

Si liaison il y eut, Molière ne lui tient pas rigueur, puisqu'il continue à l'héberger à Auteuil avec des attentions quasis paternelles[5] et à lui donner des rôles.

D'après Grimarest, Michel Baron assiste Molière à ses derniers moments. Le 17 février 1673, lors de la 4e représentation du Malade Imaginaire, Molière est si mal que Baron et Armande lui demandent de ne pas jouer. Molière est pris d'un malaise sur scène, après quoi, une fois la pièce terminée, il va se reposer dans la loge de Baron qui, le voyant plus mal encore, le raccompagne rue de Richelieu en chaise à porteurs. À peine mis au lit, Molière tousse et vomit du sang. Il demande alors à ce qu'on aille chercher sa femme. Le temps que Baron revienne avec Armande, restée au théâtre, Molière a rendu l'âme. C'est Baron, qui le lendemain, va annoncer la nouvelle au roi.

Lors de la réouverture du Palais-Royal la troupe joua le Misanthrope. Baron, malgré ses 19 ans, joue le rôle principal, Alceste,

Il épouse en 1675 sa partenaire de scène, Charlotte Lenoir de la Thorillière dite Mlle Baron (1661-1730), fille de, La Thorillière de la troupe de Molière. Leur fils, Étienne-Michel dit Baron fils (1676-1711), perpétuera la tradition.

Il quitte le théâtre à 39 ans seulement, en 1691, puis reparaît sur scène à l'âge de 67 ans, en 1720. Jouant autant la comédie que la tragédie.

Il a composé lui-même quelques comédies, la plus connue étant L'Homme à bonnes fortunes dont on a dit qu'il en était non seulement l'acteur et l'auteur principal, mais aussi le héros[6]. Il a aussi traduit L'Andrienne de Térence. Son théâtre a été imprimé pour la première fois deux volumes en 1730.

Il fut surnommé le « Roscius » de son siècle.

Généalogie[modifier | modifier le code]

  • André Baron dit Baron père (1600-1655), comédien au théâtre du Marais puis à l'Hôtel de Bourgogne. Il épouse en 1641 Jeanne Auzoult dite Mlle Baron (1625-1662), comédienne à l'Hôtel de Bourgogne.
    • Leur fils Michel (voir ci-dessus) épouse en 1675 Charlotte Lenoir de la Thorillière dite Mlle Baron [II] (1661-1730), fille du comédien La Thorillière de la troupe de Molière, comédienne au Palais-Royal puis à l'Hôtel de Bourgogne.
      • Leur fils Étienne-Michel, dit Baron fils (1676-1711), épouse en 1696 Catherine von der Beek, fille d'un directeur de spectacles aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent. À la mort de son mari, elle y exploite un privilège d'Opéra-Comique. Plusieurs de leurs enfants deviendront comédiens :
        • Jeanne-Catherine, née en 1699, qui s'illustre sous le nom de La Traverse.
        • Catherine-Charlotte (1701-1742) qui entre au Théâtre-Français en 1729. Elle épouse le comédien Jean de Brye, dit Desbrosses.
        • François, né en 1703.

Parmi les autres descendants :

  • François [II], dit Baron petit-fils, mort en 1778, fils d'un des deux frères d'Étienne (Charles ou François). Il débute en 1741 au Théâtre-Français.
    • Mlle Baron petite-fille débuta en 1767.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Michel Baron, acteur et auteur dramatique, Bert Edward Youg, ED. Fontemoing, 1905, p.31
  2. Vie de M. de Molière, Grimarest, 1705
  3. Mémoires sur Baron, Abbé d'Allainval, 1822
  4. La troupe du Roman comique dévoilée et les comédiens de campagne au XVIIe siècle, Henri Chardon, 1876.
  5. a, b et c Molière, Roger Duchêne, Fayard, 1998.
  6. Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch.Delagrave, 1876, p.227

Lien externe[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.