Pierre Michon Bourdelot

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Pierre Michon dit l'abbé Bourdelot est un médecin et anatomiste français, né en 1610 et mort en 1685[1]. Il était abbé de Macé[2],[3]. Libertin et libre-penseur, probablement athée, il est principalement connu comme l'animateur du cercle qui porte son nom.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bourdelot est « fils de Maximilien Michon, chirurgien établi à Sens et d'Anne Bourdelot, petite-fille de Marie Bourdelot, mère du célèbre Théodore de Bèze »[4],[5]. Élevé par ses oncles maternels, il prend le nom de sa mère, qui est aussi le leur. Il étudie à la Sorbonne en 1629 et fait le voyage de Rome, accompagnant François de Noailles, élève de Galilée[6].

De retour en 1638, il devient le médecin de la famille de Condé à Paris. La mort d'un oncle le fait héritier d'une riche bibliothèque de livres et de manuscrits[7]. Dans les années 1640, il organise un cercle (une « académie ») se réunissant deux fois par mois et fréquenté par des scientifiques, mais aussi des philosophes et des écrivains[8].

En 1652, après la Fronde, il est à Stockholm, appelé par Claude Saumaise ; il guérit la reine Christine de maux physiques et d'une dépression : sa cure consiste à la faire rire, y compris aux dépens d'autres savants de passage[9],[10],[11]. C'est à Stockholm que Bourdelot rédige son Catéchisme de l'athée — qu'il envoie au doyen des pasteurs de la ville[12] ; mais Bourdelot écrira aussi un Traité de l'existence de Dieu[13].

Son cercle reprend ses activités en 1664 et les poursuit de façon irrégulière pendant vingt ans, jusqu’en 1684. Parmi les membres éminents de l'académie : Joseph Guichard Duverney, Nicolas Sténon, Ole Borch, Reinier de Graaf, Jan Swammerdam.

Bourdelot passa la plus grande partie de sa vie rue Neuve-Saint-Lambert dans le quartier du Luxembourg[14]. Il avait voulu que ses livres soient légués à la faculté de médecine, mais les circonstances ne le permirent pas[15].

Liste partielle des publications[modifier | modifier le code]

Liste de publications[modifier | modifier le code]

  • Liste de data.bnf.fr avec liens vers des œuvres en ligne

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On trouve aussi 1684, par exemple data.bnf.fr.
  2. Ou « Massay » : François Bayle, Discours sur l'expérience et la raison.
  3. (la) Nicolai Stenonis epistolae et epistolae ad eum datae quas cum prooemio ac notis germanice scriptis edidit Gustav Scherz, Copenhague et Freiburg, Nordisk Forlag et Herder, t. 1, 1952, p. 11.
  4. Hazon et Bertrand, p. 124.
  5. data.bnf.fr.
  6. (en) http://brunelleschi.imss.fi.it/itineraries/biography/FrancoisDeNoailles.html.
  7. Voir le récit fait par Pintard, p. 351.
  8. Conversations.
  9. Garstein.
  10. Une de ses victimes a été Marcus Meibom, théoricien de la musique, mais très piètre musicien lui-même ; c'est ce que rapporte Charles Hutton, « Meibomius (Marcus) », dans Mathematical and philosophical dictionary, 1795, p. 787.
  11. La cure dure quatre semaines, après lesquelles Marie-Éléonore de Brandebourg, mère de la reine, et Magnus Gabriel De la Gardie lui montrent le chemin du retour. Christine écrira toutefois à la Faculté pour le louer et demandera pour lui un bénéfice à la reine de France : Hazon et Bertrand, p. 125.
  12. Jean-Pierre Bilski, Repères sur les constructions culturelles des sociétés et civilisations, Publibook, 2011, p. 392.
  13. Martine Groult, Systématique et iconographie du temps, 2004, p. 185 (ISBN 2862723126 et 9782862723129).
  14. Registres des insinuations du Châtelet de Paris (1671-1673) Y//224 folio 410, Notice n° 3484; date de l'acte : 16 juillet 1672.
  15. Hazon et Bertrand, p. 127.
  16. Lettre de Francesco Redi : Sopra alcune opposizioni fatte alle sue osservazioni intorno alle vipere, 1670 Wikisource.
  17. (en) « Bourdelot, Pierre Michon », dans Complete dictionary of scientific biography, 2008