Étienne Tshisekedi

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Étienne Tshisekedi
Étienne Tshisekedi en 2000
Étienne Tshisekedi en 2000
Fonctions
18e Premier ministre zaïrois
2 avril 19979 avril 1997
(7 jours)
Président Mobutu Sese Seko
Prédécesseur Kengo wa Dondo
Successeur Likulia Bolongo
15e Premier ministre zaïrois
15 août 199218 mars 1993
(7 mois et 3 jours)
Président Mobutu Sese Seko
Prédécesseur Jean Nguza Karl-I-Bond
Successeur Faustin Birindwa
12e Premier ministre zaïrois
29 septembre 19911er novembre 1991
(1 mois et 3 jours)
Président Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za Banga
Prédécesseur Mulumba Lukoji
Successeur Bernardin Mungul Diaka
Biographie
Nom de naissance Étienne Tshisekedi wa Mulumba
Date de naissance 14 décembre 1932 (82 ans)
Lieu de naissance Kananga (Congo belge)
Nationalité congolaise
Parti politique Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS)
Diplômé de Université Lovanium (Léopoldville/Kinshasa)
Profession Inspecteur des finances

Étienne Tshisekedi
Premiers ministres zaïrois

Étienne Tshisekedi wa Mulumba, né à Kananga (anciennement Luluabourg) le 14 décembre 1932, est un homme politique de la République démocratique du Congo (RDC), ancien Premier ministre du Zaïre (nom de la RDC sous Mobutu) et président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Il est d'origine luba.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étienne Tshisekedi obtient son diplôme de docteur en droit à l'Université Lovanium de Kinshasa en 1961, devenant ainsi le premier diplômé en Droit du Congo. Déjà en 1960, il est membre du collège des Commissaires généraux, gouvernement provisoire mis en place par Joseph-Désiré Mobutu après un coup d'État, en tant qu’adjoint du commissaire à la Justice, Marcel Lihau.

Les historiens Jean Mpisi, Ludo de Witte et d'autres l'accusent d'avoir pris part à l'extradition de plusieurs lumumbistes (Pierre Léopold Elengesa, Jacques Fataki, Jean-Pierre Finant, Emmanuel Nzuzi, Jacques Lumbala, Christophe Muzungu, Joseph Mbuyi, Barthélémy Mujanayi, Camile Yangara) vers le Sud-Kasaï sécessionniste, mettant en avant une lettre publiée dans le journal La Nation en chantier au 18 janvier 1993 sous les ordres de Mobutu[1]. Cette lettre à Sa Majesté l’Empereur du Sud Kasaï « le Mulopwe » à Bakwanga[2],[3],[4], datée du 23 décembre 1960, est destinée à Albert Kalonji, et est, depuis 1993, copiée et recopiée dans les milieux congolais, sans qu'elle soit attestée ni contestée par Tshisekedi[5]. Néanmoins c'est Tshisekedi qui, fin septembre 1960, fut un des premiers à exiger des mesures fermes contre Lumumba[1]. Dans cette lettre, Tshisekedi exprime son contentement à propos de l'incarcération des « principaux lieutenants du crapaud » Patrice Lumumba, dit que son équipe « reste concentrée sur le sort à réserver à ses anciens collaborateurs pour empêcher la pérennisation de son œuvre de destruction », et extrade ces lumumbistes « aux fins de leur faire subir un châtiment exemplaire » et que « c’est de cette manière que nous serons utiles à la cause que vous défendez »[6],[1].

Entre 1961 et 1965, Étienne Tshisekedi est le recteur de l'École nationale de droit et d'administration (ENDA). Il participe au gouvernement congolais et devient ministre de l'Intérieur et des Affaires coutumières du président Joseph-Désiré Mobutu en 1965. Il prend part à la rédaction de la Constitution congolaise de 1967. Cette même année, au conclave de Nsele, Tshisekedi rédige, avec Mobutu, Justin Bomboko et Singa Udjuu, le manifeste de la Nsele, créant ainsi le Mouvement populaire de la Révolution[7]. Ce parti devient ensuite le parti unique. Le manifeste de la Nsele dans sa version originale prévoyait l'existence de deux partis politiques au Congo. Mobutu le modifiera unilatéralment en consacrant le monopartisme avant d'éloigner progressivement Tshisekedi à cause de l'intransigeance de ce dernier vis-à-vis du monolithisme ainsi amorcé.

En 1980, le président de l'Assemblée nationale, Kalume, meurt. Mobutu nomme Nzondomio Adokpelingbo au lieu de son remplaçant légal, Tshisekedi. En décembre 1980, Tshisekedi et d'autres parlementaires rédigent une lettre ouverte à Mobutu, la Lettre des 13 parlementaires[7].

En 1982, Tshisekedi participe à la fondation de l'UDPS. Suite à cela, il est plusieurs fois emprisonné et subit une oppression avec les autres fondateurs, certains trouvent même la mort.

Tshisekedi comme candidat de l'UDPS (Bukavu, RDC, novembre 2011)

Tshisekedi accède une première fois au poste de Premier ministre du président Mobutu entre le 29 septembre et le 1er novembre 1991.

Lors de la période d'instabilité politique au début des années 1990, le Zaïre met en place une Conférence nationale souveraine chargée de redresser le pays. Ce forum national élit Tshisekedi Premier ministre le 15 août 1992.

Un des principaux opposants du pays, Tshisekedi ne peut mener à bien sa mission de remise sur pied du pays : les occidentaux lui préfèrent Kengo wa Dondo et Mobutu le hait. À l'encontre des résolutions de la Conférence nationale, Mobutu démet Tshisekedi de son poste de Premier ministre le 5 février 1993.

En 1997, Mobutu, malade, n'exerce plus le pouvoir et les troupes de Laurent-Désiré Kabila s'approchent de la capitale. Pendant cette période de vide politique à Kinshasa, Tshisekedi redevient Premier ministre du 2 au 9 avril 1997.

En mars 1998, la commission congolaise qui prépare une nouvelle constitution a fait savoir que Tshisekedi était déchu de ses droits politiques pour son rôle dans la mort de Patrice Lumumba en 1960 et 1961[6].

En 2003 Tshisekedi refuse d'entrer dans le gouvernement de transition. Il est depuis 1997 avec l'UDPS à la tête d'un mouvement d'opposition non violent, ayant été à diverses reprises l'instigateur de manifestations, et à l'origine du boycott, avec peu de succès, du référendum du 18 décembre 2005 sur la constitution d'une Troisième République.

Le 23 décembre 2011, Étienne Tshisekedi, qui s'est auto-proclamé président de la République démocratique du Congo, a prêté serment depuis sa résidence de Limete, à l'issue d'une élection présidentielle truffée d'« irrégularités » selon plusieurs organismes locaux et internationaux ayant participé en tant que témoins à ce scrutin.

En mars 2012, plusieurs partis politiques dont l’Union pour la Démocratie et le Progrès social, la Démocratie chrétienne (DC) et le G14, des associations de la société civile, des autorités traditionnelles et des associations de jeunes se regroupent en une plateforme, la Majorité présidentielle populaire[8].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean Mpisi, Antoine Gizenga: le combat de l'héritier de P. Lumumba, HARMATTAN, Paris, 2008, 273-274p. (ISBN 978-2296049147)
  2. La Nation en chantier, Kinshasa, 18 janvier 1993
  3. Liste des personnes ayant participé à l'arrestation et l'assassinat de Lumumba
  4. La lettre criminelle de Tshisekedi à Albert Kalonji.
  5. Wamu Oyatambwe, De Mobutu à Kabila : avatars d'une passation inopinée, éditions L'Harmattan, 1999, p. 83. (ISBN 9782738473400)
  6. a et b Ludo de Witte, L'assassinat de Lumumba, Karthala, , 2000, 354-355p. (ISBN 978-2845860063)
  7. a et b Société et homme politique zaïrois, Éditions du GEAPO, Centres d'échanges pour la démocratie et le développement.
  8. « RDC: l'opposant Tshisekedi fonde la “Majorité présidentielle populaire” », La Libre, 18 avril 2012