Vital Kamerhe

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Vital Kamerhe
Portrait de Vital Kamerhe en décembre 2010
Portrait de Vital Kamerhe en décembre 2010
Fonctions
Président de l'Union pour la nation congolaise
En fonction depuis le décembre 2010
Président de l'Assemblée nationale
Président Président national de l’UNC
Groupe politique Union pour la nation congolaise
Biographie
Nom de naissance Vital Kamerhe lwa Kanyiginyi Nkingi
Date de naissance (56 ans)
Lieu de naissance [Bukavu], (République démocratique du Congo)
Nationalité Congolais
Parti politique UNC
Diplômé de Faculté des sciences économiques de l’université de Kinshasa
Profession Économiste et Homme politique.

Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi, né le à Bukavu, est un économiste et homme politique de la République démocratique du Congo. Il a notamment été président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo.

Ancien secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) il devient le directeur de campagne du président Joseph Kabila lors des élections de 2006, avant de tomber en disgrâce en 2009. En décembre 2010, Vital Kamerhe lance son propre parti politique, l'Union pour la nation congolaise (UNC) et se porte candidat à l'élection présidentielle du 28 novembre 2011. Il remporte 7,74 % des suffrages et sa campagne est occultée par le duel entre le président sortant Joseph Kabila et son opposant Étienne Tshisekedi de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Vital Kamerhe a occupé divers postes dans plusieurs cabinets ministériels, dont ceux de Léon Kengo, Mushobekwa Kalimba wa Katana et du général Denis Kalume Numbi. Il fut nommé commissaire général adjoint du gouvernement (AFDL) chargé des relations avec la MONUC. Plus tard il devint titulaire en tant que commissaire général du gouvernement chargé du suivi du processus de paix dans la région des Grands Lacs. Il a occupé ce poste jusqu’à sa nomination comme ministre de la Presse et de l’Information dans le gouvernement de transition en 2003.

Vital Kamerhe est une personnalité marquante et controversée de la période débutant avec la deuxième guerre du Congo, en 1998, et des divers processus de « paix » subséquents ayant établi durablement une guerre de prédation à faible intensité à l'Est du Congo. Le résultat aura été la guerre la plus meurtrière depuis la deuxième guerre mondiale avec plus de 6 millions de victimes[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Vital Kamerhe est le fils de Constantin Kamerhe Kanyginyi et d’Alphonsine Nemberwa Mwankingi. Cette dernière est d’origine shi de Walungu dans la province du Sud-Kivu[2],[3],[4]. Vital Kamerhe est né à Bukavu le 4 mars 1959 dans la province du Kivu.

Le grand-père de Vital Kamerhe, « sieur Kanyginyi » pourrait être issu, comme le suggère l'étymologie de son nom, du clan royal des Banyiginya[5] au Rwanda. Lui et une bonne partie de sa famille sont demeurés au Rwanda, dans les environs du village de Shagasha[6] dans la préfecture de Cyangungu[7], partageant la frontière rwandaise avec le Sud-Kivu (Congo belge). Constantin, le père de Vital Kamerhe s'est retrouvé au Congo Belge et y a évolué notamment comme cadre de la Caisse générale d'épargne du Congo.

Vital Kamerhe est marié à Mamick Boji, une Mushi originaire du village de Ngueshe, secteur de Bulwi dans le territoire de Walungu au Sud-Kivu. Le couple a huit enfants et vit en Afrique du Sud.

Vital Kamerhe est un polyglotte qui maîtrise globalement les quatre langues nationales du Congo : le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba en plus de certaines langues étrangères[8].

Scolarité[modifier | modifier le code]

Il commence ses études primaires à Bukavu puis à Goma dans la province du Kivu. Il les poursuit au Kasaï-Oriental à Ngandajika où il finira son école primaire. De 1973 à1975 il fréquente l'Institut Sadisana (ancien collège Saint-François-Xavier) à Kikwit Sacré-Cœur, dans la province du Bandundu[9]. Il est alors en troisième et quatrième scientifique, option Mathématiques-Physique. L'année suivante, la famille déménage à nouveau à Kananga (province du Kasaï-Occidental) pour une année avant de retourner au Kasaï-Oriental cette fois-ci à Mbuji-Mayi. Là, il obtient son diplôme d’État (diplôme de fin d'études secondaires) en 1980 à l'Institut Mulemba.

En 1980, il s'inscrit à l'université de Kinshasa. Il obtient un diplôme de licence en Sciences économiques en 1987. De 1987 à 1995, il est assistant chargé des cours à la faculté des Sciences économiques à l'Université de Kinshasa, sous la supervision du professeur Nyembo. Après 10 ans comme assistant, il fait ses premiers pas en politique à l’Union pour la démocratie et le progrès social en 1984.

Entrée en politique[modifier | modifier le code]

Kamerhe affirme avoir fait ses premiers pas politiques dans l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS ). Plusieurs sources[Lesquelles ?] affirment qu'il a milité avant dans le Front des jeunes mobutistes (FROJEMO) comme « informateur » pendant ses études au campus de Kinshasa.[réf. nécessaire] Cette version semble[évasif] corroborée par Vital Kamerhe lui-même. Lors d'une interview le 10 mai 2014, pour la première fois, il remonte son activisme politique à 1981 alors qu'il était en deuxième graduat[Quoi ?] mais se défend de l'avoir été sous la bannière du Mouvement populaire de la Révolution. En 1987, il évoque sa rencontre avec le maréchal Mobutu à Nsele, rencontre initiée par la Service d’action et de renseignements militaire, alors qu'en 1983 il rejoint les jeunes partisans de l'UDPS d'Étienne Tshisekedi[10].

À la fin de ses études, Vital Kamerhe rejoint les sphères mobutistes d'abord comme coordonnateur de la Cellule d’études de planification de l’Enseignement supérieur et universitaire de 1988 à 1989, puis comme conseiller économique et financier au Ministère des Mines et Énergie de 1989 à 1990. Le 24 avril 1990 marque la fin de la deuxième République. Vital Kamerhe se maintient dans le camp au pouvoir.

De 1991 à 1992,quatre premiers ministres se succédent au gouvernement zaïrois. Vital Kamerhe occupe quelques postes de manière plus ou moins éphémère selon la rapidité de succession des premiers ministres. Durant cette période, d'après les propres dires de Kamerhe[11] il abandonne son postnom (Lwa Kanyiginyi Nkingi) « pour des raisons médiatiques ». Il devient conseiller au ministère des Mines sous le gouvernement de Jean Nguza Karl-I-Bond en 1992. Toujours en 1992 il devient conseiller financier au ministère des Postes, Téléphones et Télécommunication, tout en assumant la fonction de directeur des études de la Chambre de commerce franco-zaïroise.

De 1990 à 1995, il assure la fonction de président de la Jeunesse de l'Union sacrée de l'opposition radicale et alliés (JUSORAL)[9]

Pendant cette période, il occupe plusieurs fonctions dans divers cabinets ministériels à un rythme aussi accéléré que lors des successions de gouvernements éphémères de 1991. En 1993 il est directeur du cabinet du ministère de l’Environnement, Tourisme et Conservation de la Nature (Le Zaïre a eu deux gouvernements en 1993 : celui de Faustin Birindwa, par l'ordonnance présidentielle du 2 avril 1993, et le gouvernement Tshisekedi remanié par le décret ministériel du 9 avril 1993). En 1994 il devient coordonnateur du Cabinet du Premier ministre Kengo Wa Dondo, dans le septième gouvernement de la transition de Mobutu (ordonnance du 6 juillet 1994). Enfin de 1994 à 1995 il est directeur de cabinet au ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire Mushobekwa Kalimba wa Katana au gouvernement remanié de Kengo wa Dondo[9].

Guerres du Congo et l'émergence de Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi[modifier | modifier le code]

Lorsque la première guerre du Congo se termine en 1997, Laurent-Désiré Kabila arrive au pouvoir soutenu par son parti, l'Alliance de forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL). Le régime est flanqué alliés rwandais et ougandais portés à bout des bras par les Anglo-saxons[12] et le Royaume de Belgique. En 1997, Vital Kamerhe passe de l’opposition à Mobutu à l'adhésion au régime de l'AFDL.[réf. nécessaire]

En 1997, le président Laurent-Désiré Kabila confie au général Denis Kalume Numbi la tâche de mettre en place le « Service national ». Cette structure paramilitaire rassemble des militaires et des civils, avec pour objectif la production agricole, la formation des jeunes aux métiers et une formation militaire de base. Vital Kamerhe est nommé Directeur administratif et financier dans son cabinet.

Au déclenchement de la deuxième guerre du Congo en août 1998, Vital Kamerhe fait connaissance de Joseph Kabila, lors de la défense de l'aéroport de Kinshasa. Depuis le 2 août, débarquée sur la côte atlantique, une coalition internationale tutsie (Rwanda, Ouganda, Burundi, Érythrée), sponsorisée par les États-Unis[13] et ses alliés occidentaux, maquillée en « rébellion » du Rassemblement congolais pour la démocratie tentait de capturer l'aéroport international de Kinshasa[14].

Peu après, au cours de la conférence de Victoria Falls au Zimbabwe, Laurent-Désiré Kabila remarque Vital Kamerhe. Il fait partie de la délégation du gouvernement lors des négociations pour l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka en juillet 1999 alors qu'il est directeur de cabinet adjoint au ministère de la Reconstruction. De retour au pays, au moment de la conclusion de l’accord de siège entre la RDC et l’Onu pour la mise sur pied de la Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc ) au début de l'année 2000, Vital Kamerhe devient le commissaire général adjoint au Commissariat général du gouvernement chargé des affaires de la Monuc pour les questions politiques, logistiques et Finances (2000-2002). Il est l'adjoint du professeur Ntwaremba Onfre (Bandundu), aux côtés de Vangu Mambweni ma Busana (Bas-Congo). Une lutte de leadership au sein de l'équipe dessert l'organisation et annihile l’action de cette structure qui avait pour mission de gérer les relations entre le gouvernement et la Monuc[réf. nécessaire].

Laurent-Désiré Kabila est assassiné janvier 2001 et Joseph Kabila accède à la présidence de la République. Le nouveau président amorce alors des démarches pour lancer des négociations avec les adversaires du Congo : le « Dialogue intercongolais ». Vital Kamerhe est nommé commissaire général du Gouvernement chargé du Suivi du Processus de Paix dans la Région des Grands-Lacs. Il occupe ainsi un poste stratégique en cette époque précise pendant que la deuxième guerre du Congo,un conflit régional qui à un certain moment a impliqué jusqu'à sept armées africaines s'enlise dans une guerre à faible intensité, centrée à l'est de la République. Elle n'en sera pas moins meurtrière, au fait elle deviendra la plus meurtrière depuis la deuxième guerre mondiale, le nombre de victimes dépassant les six millions[1].

Au terme du Dialogue intercongolais, Vital Kamerhe demande un nouveau poste. Il est nommé ministre de la Presse et de l'Information de la Transition de 2003 à 2004[15].

Présidence de l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Le 31 mars 2002 à Kinshasa est fondé le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Le premier juillet 2004 le Secrétariat général du PPRD est confié à Vital Kamerhe avec comme objectif de lancer la campagne de Kabila pour les élections de 2006. Le vendredi 10 mars 2006, le lendemain de la promulgation de la loi électorale, Vital Kamerhe présente au public un livre, Pourquoi j’ai choisi Joseph Kabila, dans lequel il fait l'apologie de Kabila. Devant le peu de succès que récolte la campagne en faveur de Joseph Kabila dans toute la moitié ouest du pays, Vital Kamerhe mise sur son arrière-pays, au Kivu et la partie swahiliphone de la RDC. Il y installe également sa propre base comme candidat député dans cette partie du pays très affectée par les guerres et invasions rwandaises. À l'issue des élections, Vital Kamerhe est élu député de la circonscription de Bukavu au Sud-Kivu avec une écrasante majorité[réf. nécessaire].

En décembre 2006, il est élu président de l’Assemblée nationale du Congo-Kinshasa[16],[11]. Le 11 mai 2007, Léon Kengo Wa Dondo (né Léon Lubicz) se présente comme candidat indépendant au poste du président du sénat. Il bat, contre toute attente Léonard She Okitundu, candidat de l'AMP, la coalition majoritaire au pouvoir.

Après cette manœuvre, seul le gouvernement cédé à Antoine Gizenga du Parti lumumbiste unifié (Palu) lors de la formation de la coalition dirigeante échappe au clan d'ascendance rwandaise. Par contre ce gouvernement officiel est fortement affaibli par la mise en place, autour de la présidence, d'un gouvernement « parallèle »[17], avec des ministres ayant un pouvoir décisionnel plus élevé que ceux du Gouvernement officiel.

Une opération armée conjointe rwando-congolaise au Nord-Kivu contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) était prévue entre le 20 janvier et le 27 février 2009. Cette opération secrète du nom de code Umoja Wetu (en) (notre unité) était négociée par le président congolais Joseph Kabila et son homologue rwandais, Paul Kagame tous deux étant issus de l'armée patriotique Rwandaise, le groupe rebelle tutsi qui envahit le Rwanda de 1990 à 1994[18] à partir de l'Ouganda (phénomène des militaires sans frontières).

Vital Kamerhe déclara publiquement son opposition et critiqua le fait qu’une entrée au Congo de l’ex-armée ennemie n’ait pas été discutée au Parlement. Le président Kabila a souligné qu'il en avait néanmoins averti Kamerhe et considérait cette sortie publique comme déloyale et très délicate politiquement. Sous l'instigation de l'entourage de Joseph Kabila, le 24 février 2009, le vice-président de l'Assemblée nationale Christophe Lutundula et la questeur adjointe Brigitte Kalama présentent leur démission au bureau du secrétariat de l'Assemblée nationale. Acculé, Vital Kamerhe démissionne le 26 mars 2009[19],[17].

Controverses[modifier | modifier le code]

Identité et nationalité[modifier | modifier le code]

La question de la nationalité congolaise de Vital Kamerhe[20] :

  • Il affirme détenir un diplôme qui reprend son prénom Vital, obtenu à l'époque de la zairianisation pendant laquelle seuls les étrangers pouvaient s'inscrire à l'université avec un prénom d'origine européenne[11].
  • D'aucuns affirment[évasif] que la nationalité « rwandaise » est bien inscrite sur son diplôme, ce qui justifierait ainsi la présence de son prénom sur ce document. Elle lui aurait donné en plus droit à une bourse de la CEPGL (communauté économique des Pays des Grands Lacs), décernée par le gouvernement zaïrois de l'époque aux ressortissants du Rwanda et du Burundi.
  • De nombreuses personnes[évasif] indépendantes[interprétation personnelle] l'ayant côtoyé pendant sa scolarité affirment l'avoir connu porteur du postnom Rwakanyasigize, un nom qui n'a rien de la tribu shi dont l'homme se réclame aujourd'hui, ce qui serait par ailleurs conforme au système patrilinéaire adopté par les communautés de la contrée.

Kamerhe a essuyé maintes questions lourdes d'insinuations[interprétation personnelle]. Il y a répondu sans toujours persuader[interprétation personnelle][21] [22].

WikiLeaks[modifier | modifier le code]

Un câble diplomatique de William Garvelink (en), - ancien ambassadeur des États-Unis à Kinshasa - décrit à sa hiérarchie la lutte de pouvoir qui a eu lieu entre le président Joseph Kabila Kabange et Vital Kamerhe[23]. Dans ce câble secret daté du 2 mars 2009 et révélé par Wikileaks, le diplomate américain livre un portrait nuancé de Vital Kamerhe : « Sa réputation de leader modernisateur, démocrate et honnête ne correspond peut-être pas tout à fait à la réalité... Ses détracteurs l’ont même accusé (accusations que nous ne pouvons corroborer), d'attiser - pour des fins politiques - la flamme du conflit dans les provinces du Nord et Sud-Kivu(…) dans le but d’ affaiblir Kabila. Selon une source, il aurait même acheminé de l'argent au général renégat Laurent [Nkundabatware] dans son effort de déstabilisation de Kabila[24]. Que ces allégations soient vraies ou non[25], tous les diplomates occidentaux avec qui nous avons parlé s'accordent sur le constat que Kamerhe recourt fréquemment au mensonge pour s'assurer un gain politique.[...] Nos informateurs nous rapportent que son ambition aveugle de devenir un jour président a compromis son jugement... Il est soupçonné d'avoir bloqué des enquêtes sur les allégations de détournement de sommes considérables lors de sa présidence à l'Assemblée nationale »[23].

Les élections de 2011 sous le label de l'Union pour la nation congolaise (UNC)[modifier | modifier le code]

Concert pour la candidature de Vital Kamerhe aux présidentielles, novembre 2011

Le 18 avril 2009, Evariste Boshab succède à Vital Kamerhe à la présidence de l'Assemblée nationale. Le 14 décembre 2010, Vital Kamerhe démissionne du PPRD et de l'Assemblée nationale et présente au public son nouveau parti : l’Union pour la nation congolaise(UNC)[26].

Deux jours plus tard, il retourne vers sa base électorale au Kivu. Pour l'occasion, Vital Kamerhe déclare : « Je suis venu dire à la population de Goma que j’ai menti en 2006 »[27]. En dehors de son fief, une bonne partie de l'opinion publique et de l'opposition politique congolaise en général continuent de le percevoir comme un « faire-valoir » pour le président Kabila, en attendant son tour en 2016. Visiblement réfractaire à l'ouverture de l'espace économique du Congo à la Chine, Kamerhe préconise une nouvelle formule du commerce triangulaire sur l'Atlantique.[réf. nécessaire]

Le 5 avril 2011, Vital Kamerhe publie ses réflexions aux éditions Larcier[28]. Dans un message destiné à l'Occident, l'économiste plaide que la RDC a un rôle stratégique à jouer.

À l'issue du congrès de son parti tenu à Kinshasa, il est investi comme candidat à l'élection la présidentielle de 28 novembre 2011. En outre 447 candidats de l'UNC briguent les 500 sièges au parlement pour les élections législatives[29]. Le nouveau mode de scrutin pour la présidentielle ne comportant cependant qu'un seul tour, Vital Kamerhe prône l'union de l'opposition contre Joseph Kabila, sans pour autant annoncer son désistement. Le président de l'UDPS, Étienne Tshisekedi, refuse aussi de céder sa place[30].

La campagne électorale de 2011 est entièrement dominée par le duo Joseph Kabila, le président sortant d'un côté, et Étienne Tshisekedi de l'autre côté, occultant les autres candidats. Malgré cela, ni le mobutiste Léon Kengo, président du Sénat, ni Vital Kamerhe n'ont souhaité se ranger sous la bannière de Tshisekedi.

À l'issue du scrutin, Vital Kamerhe obtient 7,74 % des suffrages exprimées dans l'ensemble du pays. Il se joint à Tsishikedi pour contester la validité des résultats des élections pour le premier et la validité du processus électoral pour le second plongeant le pays dans une dangereuse spirale[interprétation personnelle] post-électorale[31]. La grande majorité de son électorat reste concentrée au Sud Kivu (42 %), et dans une moindre mesure au Nord-Kivu voisin (23 %). En outre, le parti réussit à faire élire 16 députés[32].

Crise post-électorale[modifier | modifier le code]

À l’annonce des résultats provisoires des élections présidentielles le 10 décembre 2011, dans une déclaration à l'AFP[33], Étienne Tshisekedi rejette les résultats de la Céni[34], et se « président élu de la République démocratique du Congo ». Vital Kamerhe rejette également « catégoriquement » ces résultats et reconnait la victoire de Tshisekedi.

Tirant les conséquences de son auto-proclamation comme nouveau président élu de la RDC, le candidat Étienne Tshisekedi refuse de recourir à la Cour suprême de justice pour contester le travail effectué par la CENI et ne modifie en rien son attitude de méfiance envers Vital Kamerhe. Encouragé par ce qui restait de l’opposition congolaise, le candidat Vital Kamerhe introduit une requête en annulation des élections en bonne et due forme auprès de la cour suprême de Justice[35] le lundi 12 décembre, en son nom personnel.

La Céni reconnaitra des irrégularités mais les résultats n’en sont pas pour autant invalidés[36]. La CSJ jugera la requête recevable mais non fondée[37] avant de procéder à la proclamation des résultats définitifs donnant Joseph Kabila vainqueur[38] .

Les candidats malheureux aux élections tenteront d'orienter la sortie de crise vers la formation d'un nième gouvernement de transition inclusif. Ainsi, lors des consultations pour la formation du nouveau gouvernement en mars 2012, Vital Kamerhe prônant désormais le dialogue ira rencontrer l’informateur Charles Mwando[39].

La rébellion du M23[modifier | modifier le code]

Début avril 2012, les militaires tutsis du CNDP intégrés à l’armée congolaise par les précédents accords intervenus le 23 mars 2009 fomentent une nouvelle « rébellion » au nom du « Mouvement du 23 mars » (date de la signature de l’accord), reprenant ce qui s'était passé en 1998 et les mêmes acteurs : la Communauté internationale pousse le président Kabila à arrêter le général rwandais Bosco Ntaganda intégré dans l'armée congolaise par les accords précédents. Un mandat d'arrêt de la cour pénale internationale pour crime de guerre pesait sur lui depuis 2006. Quelques centaines de soldats tutsi fidèles au général Ntaganda se mutinent sous ses ordres. Lorsqu'ils sont acculés par l'armée congolaise dans un réduit à un jet de pierre de la frontière Rwandaise, ce pays et l'Ouganda craignant la perte du contrôle de riches mines du Kivu, interviennent aux côtés des mutins.

C'est dans ces circonstances qu'après moult tractations, un gouvernement de technocrates avec à sa tête le Premier ministre Augustin Matata Ponyo est investi le 9 mai 2012. Les Bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat devaient fixer la désignation du porte-parole de l'opposition dans le mois en application des dispositions légales[40].

Vital Kamerhe se lance à la conquête de ce nouveau poste[41]. Malgré le mutisme et le cordon sécuritaire autour du président auto-proclamé Tshisekedi (UDPS) et l'emprisonnement de Jean Pierre Mbemba (MLC) à la Cour pénale internationale, le leader de l'UNC ne réussit pas à créer l'adhésion autour de sa personne comme porte-parole de l'opposition politique congolaise.

En 2012[modifier | modifier le code]

« Aucune opération militaire n’a porté des solutions escomptées sur le territoire congolais » : c’est la substance[42] du message de Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC). Dans une déclaration à la presse vendredi 5 octobre 2012 à Kinshasa, l’ancien président de l’Assemblée nationale recommande des solutions pacifiques et invite le président de la République à favoriser le « dialogue » national inclusif[43] de tous les Congolais autour des guerres à répétitions dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Depuis juin, le rapport préliminaire des experts de l'ONU sur le respect de l'embargo d'armes vers les groupes armés opérant au Congo montrait que la chaine de commandement des M23 remontait jusqu'à l'entourage immédiat du président rwandais Paul Kagamé du Rwanda que l'ambassadrice des États-Unis aux Nations Unis, Mme Susan Rice(parti démocrate) cherchait à défendre[44],[45].

En septembre 2012, le leader de l'UNC est parmi les invités étrangers à la convention démocrate pour l'investiture de Barack Obama comme candidat démocrate aux élections présidentielles américaines, convention qui s'est tenue à Charlotte (Caroline du Nord) du 3 au 6 septembre. Pendant son séjour, l'homme politique de l'opposition congolaise a pu échanger avec de nombreux leaders internationaux sur son plan de sortie de crise pour l'Est de la RDC. Parmi ses interlocuteurs, l'ancienne secrétaire d'État américaine Madeleine Albright de l'administration Clinton, mentor de Susan Rice sa sous-secrétaire d'État. Toutes deux sont accusées d'avoir joué un rôle lors des événements déclencheurs[46] de la deuxième guerre du Congo début août 1998.

De Charlotte en Caroline du Nord, Vital Kamerhe annonce le dévoilement prochain de son plan de sortie de crise[47]. Le plan laisse le peuple congolais perplexe et passe mal aux yeux de l'opinion publique congolaise[interprétation personnelle] dès lors que les rebelles voulaient pousser l'affront jusqu'à s'emparer de Goma, la capitale régionale de la zone occupée. Lassé par les pseudo-rébellions[48] le peuple se tourne vers le président Joseph Kabila et son gouvernement pour non seulement leur forcer la main à dénoncer clairement le militarisme des régimes rwando-ougandais[49], mais en plus prône, pour une première fois, la solution militaire malgré la mauvaise posture.

Le 19 novembre 2012, les rebelles appuyés directement par l'armée rwandaise, selon les experts de l'ONU[50], s'emparent de la ville de Goma malgré la présence des forces onusiennes de la Monusco. Les militaires congolais dont la majorité est issue des différentes rébellions[51] et intégrations des infiltrés de l'armée Rwandaise abandonnent la ville avant même l'arrivée des "rebelles", qui étaient leurs collègues quelques mois plus tôt!

Les événements semblent donner raison au leader de l'UNC.

« On veut nous faire croire qu’on va mettre des verrous qui vont éviter à la ville de tomber ? Il faut, entre deux maux, choisir le moindre », a ajouté Vital Kamerhe[25], le patron de l'UNC avant de joindre sa voix à celles de ceux qui[52], comme les rebelles[53], exigent des négociations directes d'égal à égal entre le gouvernement congolais et cette force négative portée à bout des bras par des parrains étrangers[54],[55].

En 2013[modifier | modifier le code]

Alors que le gouvernement congolais est engagé dans les négociations directes avec les rebelles à Kampala comme le préconisait Vital Kamerhe[25], ses alliés militaires au sein de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) menacent de plus en plus ouvertement d'intervenir[56] pour mettre un terme aux aventures guerrières du Rwanda et de l'Ouganda à l'est de la RDC devenu leur terrain de jeu depuis leur mise en déroute à l'ouest du pays en août 1998. Le spectre d'une nouvelle « guerre mondiale africaine » crée la panique et indispose plus d'un, surtout les anglo-saxons[57]. Alors que l'économie de guerre et de conquêtes fait partie de paradigme occidental, les initiatives contre les minerais du sang (Dodd-Frank Wallstreet reform and consumer protection act aux États-Unis) secouait l'establishment qui rendait l'holocauste[58] de l'est congolais rentable économiquement. Après quelques tergiversations, l'ONU est contraint d'organiser le 24 février 2013 à Addis-Abeba un sommet au cours duquel 11 pays africains souscrivent à un accord-cadre dans l'objectif de pacifier est de la République démocratique du Congo (RDC)[59]. Les signataires s’engagent « à ne pas tolérer ni porter assistance ou soutien à aucune forme de groupes armés » en RDC.

L'ONU accepte la création au sein de sa force de maintien de paix (la Monusco) une brigade offensive des militaires issus des pays de la SADC avec sa propre structure de commandement[60]. On parle au début de la création d’une brigade offensive "neutre"[61] à déployer le long de la frontière entre le Rwanda et la RDC pour combattre les groupes armés. Une première dans l'histoire de l'ONU.

Le 18 mars 2013, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon annonce la nomination de l'Irlandaise Mary Robinson comme Envoyée spéciale pour la région des Grands Lacs en Afrique avec pour mission de jouer un rôle clef dans l'appui à la mise en œuvre, par ses signataires, de l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs d'Afrique[62].

Le vendredi 17 mai c'est au tour du lieutenant général brésilien Carlos Alberto dos Santos Cruz (pt) d'être nommé commandant des forces de la Monusco succédant au général indien Chander Prakash (en) qui a achevé son mandat le 31 mars 2013. Le 11 juin 2013, l'Allemand Martin Kobler (en) devient Chef de la mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO). Il remplacera en date du 13 août 2013[63] l’Américain Roger A. Meece (en), en poste de fin juillet 2010 au 30 juin 2013. Le mardi 18 juin, c'est au tour des États-Unis de remplacer R. Barrie Walkley (en) par Russ Feingold comme nouvel émissaire des États-Unis pour la région de Grands lacs[64].

L'accord d’Addis-Abeba demande également au gouvernement congolais d'entreprendre des réformes internes, à promouvoir les objectifs de la réconciliation, de tolérance et de démocratisation du pays. Vital Kamerhe et certains membres de l'opposition politique congolaise se faisant les alliés objectifs[65] des pseudo rebelles de M23, y lisent une crise de légitimité du pouvoir issu les élections controversées du 28 novembre 2011[66] , tout en se disant non concernés par les négociations de Kampala. Pour Vital Kamerhe, cet accord-cadre ouvre implicitement la voie à un dialogue national qui selon lui, devrait être inclusif et piloté par un médiateur international neutre[67].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en)« Counting deaths to save lives », sur Rescue.org
  2. Le Phare, 2007
  3. Christian Science Monitor, 13 décembre 2010
  4. Soudan, Jeune Afrique, 2007
  5. //books.google.com/books?id=zxBW0hMd9kEC&pg=PA123
  6. « Toute la vérité sur Vital Kamerhe (video stream 09:01) »,‎
  7. [PDF] Journal le SOFT no 768 page 4, daté du 26 mars 2002, paru dans une édition spéciale
  8. « Invité de l’Entretien de FRANCE 24, Vital Kamerhe »,‎
  9. a, b et c />, un conglomérat noyauté par Mobutu[réf. nécessaire]. Le JUSORAL se présente comme le front anti-Mobutu derrière Étienne Tshisekedi de l'UDPS, bien que Vital Kamerhe évolue à l'aile « modérée » de Léon Kengo wa Dondo, un personnage clef du régime mobutiste mué pour la circonstance en « opposant » au régime.
  10. « Pourquoi Vital Kamerhe, le président de l'UNC fait-il peur? (video stream 08:01) »,‎
  11. a, b et c « CSIS : Congo Event »,‎ Vital Kamerhe confirme son nom Vital Kamerhe Lwa Kkanyiginyi Nkingi utilisé à l’université, au CSIS, [00:57:20 à 01:00:57]
  12. US-Backed Destabilization of Central Africa
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]