Géocaching

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
L'un des symboles les plus utilisés pour le Geocaching
Le contenu d'une « géocache » en Allemagne.

Le géocaching (ou geocaching) est un loisir qui consiste à utiliser la technique du géopositionnement par satellite (GPS) pour rechercher ou dissimuler un contenant (appelé « cache » ou « géocache ») dans divers endroits à travers le monde. Une géocache typique est constituée d’un petit contenant étanche et résistant comprenant un registre des visites et un ou plusieurs « trésors », généralement des bibelots sans valeur. Plus de deux millions de géocaches sont répertoriées dans 222 pays sur les différents sites web communautaires dédiés à ce loisir.

Historique[modifier | modifier le code]

Le géocaching n'était pas possible techniquement avant la désactivation de la disponibilité sélective (selective availability) du GPS le 1er mai 2000. La première cache localisée par GPS et documentée fut placée le 3 mai 2000 par Dave Ulmer, originaire de Beavercreek, dans l'Oregon. Les coordonnées furent publiées sur le groupe Usenet sci.geo.satellite-nav[1]. Dès le 6 mai 2000, la géocache avait déjà été trouvée deux fois (et journalisée une fois par Mike Teage, originaire de Vancouver, au Canada).

Ce type de chasse au trésor était à l'origine appelé par ses premiers participants GPS stash hunt, ou gpsstashing. Après une discussion dans le groupe gpsstash de eGroups (par la suite devenu Yahoo! Groups), Matt Stum suggéra geocaching à la place de stash (en français « butin », ou « planque »), qui pouvait avoir des connotations négatives[2].

En 2000, Jeremy Irish, Elias Alvord et Bryan Roth fondent à Seattle la société Groundspeak, qui gère notamment le site Geocaching.com, listant en février 2014 plus de 2 300 000 géocaches actives à travers le monde (un autre site de la société, Waymarking.com, répertorie les caches dites virtuelles ou caches webcams). Ce portail ainsi que d'autres sites dédiés au géocaching dans des pays spécifiques permettent aux participants de publier leurs trouvailles, leurs caches et d'organiser des rencontres. Geocaching.com permet également de suivre le progrès de certains objets d'une cache à une autre, et publie également des caches dont les coordonnées sont uniquement visibles à ses abonnés payants (caches dites "premium"). La grande majorité des caches sont cependant accessibles à des abonnés dits "basiques" (inscription gratuite). Un abonnement, d'une trentaine d'euros par an, permet de disposer d'options facilitant le jeu (téléchargement de grandes quantités de caches à injecter dans le GPS par exemple).

La popularisation et la démocratisation des récepteurs GPS portables depuis le milieu des années 2000, désormais vendus à des prix comparables à ceux des appareils photos numériques, a été essentielle à l'essor du géocaching.

Le passe-temps est pratiqué par de nombreux jeunes (parfois encadrés par un adulte dans le cadre d'une animation socioculturelle), mais aussi par des enthousiastes de la randonnée et des amoureux de la nature.

Dans les pays francophones, les participants sont généralement appelés des « géochercheurs » (ou « géo-chercheurs »), « géocacheurs » ou « géotrouveurs ». Il y aurait environ 6 000 000 de personnes pratiquant cette activité sur toute la planète.

Description[modifier | modifier le code]

Les participants enregistrent leur découverte sur un registre des visites (généralement un petit carnet appelé logbook) à l'intérieur de la géocache et/ou la partagent sur un site web communautaire dédié à ce loisir. Dans certains cas, les coordonnées à découvrir ne sont pas des caches, mais des marqueurs géographiques, comme ceux que diverses organisations gouvernementales ou scientifiques utilisent pour marquer latitudes et longitudes.

Les géochercheurs sont invités à prendre un objet de la cache à condition d'en laisser un en échange. Des petits jouets ou bibelots sans valeur constituent généralement le contenu d'une géocache typique. Certains y laissent aussi leur carte de visite, des pièces de monnaie ou billets correspondant à une faible somme et autres souvenirs. Les denrées alimentaires sont proscrites car pouvant attirer les animaux. Les objets laissés dans la cache ne doivent pas être dangereux ni illégaux (pas de munitions ou de canifs, par exemple). Une note explicative accompagne généralement la cache, décrivant le géocaching aux non-initiés et les invitant à laisser la cache en place et à participer à l'activité.

Les contenants typiques sont généralement des boîtes en plastique de type Tupperware, des boîtes à munition, ou même simplement des petites boîtes métalliques à bonbons ou des capsules de film négatif reconverties en « microcaches ». Ces dernières sont les types de caches privilégiées pour le géocaching urbain, qui nécessite un camouflage plus habile et à l'épreuve des curieux que les caches en milieu rural.

Recherche de cache[modifier | modifier le code]

Geocache CZ 06.JPG
Ammoboxcamod.png
Exemples de conteneurs servant de géocaches : en haut, un bocal ; plus bas, une boîte de munition reconvertie en géocache, et ci-contre, l'un des contenants en plastique de la multi-cache « Loonse en Drunense Duinen a.k.a. Dutch Sahara »[3] aux Pays-Bas.

Les récepteurs GPS nécessaires à la pratique de ce passe-temps sont facilement disponibles chez les distributeurs d'électronique grand public, et certains possèdent désormais des fonctionnalités dédiées au géocaching. La popularisation de sites Web et logiciels d'information géographique comme Google Earth permet cependant aux participants démunis d'un récepteur GPS de localiser certaines caches en les situant au préalable sur une carte.

Plusieurs sites communautaires, généralement dédiés à un pays ou une région particuliers, permettent aux géochercheurs de localiser les caches situées autour d'une adresse physique, d'un code postal, de coordonnées géographiques ou d'une ville donnés.

Le géochercheur peut ensuite se rendre aux coordonnées publiées équipé de son récepteur GPS. Certaines caches sont accessibles en milieu urbain par n'importe quel piéton. D'autres nécessitent une randonnée[4], voire un peu d'escalade. Certaines nécessitent un accès par bateau ou une descente en rappel. D'autres nécessitent de résoudre une énigme afin d'obtenir les coordonnées finales de la cache. Certaines ne peuvent être trouvées que la nuit, faisant appel à des objets ou autocollants visibles à la lumière d'une torche électrique.

Une fois la cache trouvée, le géochercheur peut choisir de prendre et de laisser un objet dans le contenant. Il indique ensuite sa visite dans le registre inclus dans la cache, et replace cette dernière là où il l'a trouvée.

Création de cache[modifier | modifier le code]

Le code d'éthique des géochercheurs décourage les caches sur des terrains dont l'accès est défendu par les autorités ou par leur propriétaire, ainsi que les caches nécessitant d'être déterrées, ou dont la présence peut être nocive à l'environnement. Les géochercheurs ayant créé une cache sont responsables de leur entretien, et le code d'éthique exige que l'accord du propriétaire ou gestionnaire des lieux soit obtenu avant que les coordonnées de la cache ne soit rendues publiques si celle-ci est sur une propriété privée sans droit de passage public. Il peut arriver qu'une cache soit endommagée par les intempéries ou les animaux, vandalisée, ou simplement détruite lors de travaux d'entretien ou de construction.

Le défi du créateur de cache consiste à trouver un endroit que d'autres géochercheurs pourront trouver, mais que le reste des visiteurs (et les vandales potentiels) ne pourront pas facilement remarquer. La cache correspond en général à un endroit choisi par son créateur pour sa valeur géographique (la promenade à effectuer pour trouver la cache, ou la vue à partir de celle-ci), historique, culturelle, scientifique ou sentimentale.

Types de caches[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs types de caches :

  • Traditionnelle : les coordonnées publiées dans la description de la cache indiquent l'emplacement du « trésor ». Reste aux participants à trouver le contenant pour en signer le registre des visites.
  • Multiple (ou « multi-cache ») : les coordonnées publiées dans la description de la cache indiquent le point de départ de la piste menant au « trésor ». La piste est composée de plusieurs points de passage qui peuvent être autant de contenants à trouver pour connaître le point suivant ou d'indices à récolter sur un lieu précis permettant le calcul de l'étape suivante.
  • Mystère ou casse-tête : les coordonnées de la cache ne sont pas publiées mais peuvent être obtenues en résolvant une énigme (directement sur le terrain ou sur internet préalablement).
  • Cache boîte aux lettres et boîte aux lettres hybride : forme de chasse au trésor ancêtre du géocaching, utilisant des indices au lieu de coordonnées. La boîte aux lettres hybride est une évolution de la simple boîte aux lettres, peut être trouvée grâce à ses coordonnées géographiques, et le propriétaire en a fait une boîte aux lettres et une géocache.
  • Earthcache : endroit spécial que l’on peut visiter se rapportant à un lieu géographique ou « géo-scientifique » unique de notre planète. Ces types de caches proposent un ensemble d’informations culturelles et les détails pour trouver l'endroit (latitude et longitude). Les visiteurs peuvent voir comment la planète a été formée par des processus géologiques, comment sont contrôlées les ressources et comment les scientifiques recueillent des informations pour étudier la planète.
  • Event ou événement : les géocacheurs se donnent une date et un lieu pour se rencontrer, discuter du géocaching et faire des caches à plusieurs.
  • Mega event ou méga-événement : rassemblements de plus de 500 géochercheurs.
  • Giga event ou giga-événement : rassemblements de plus de 5000 géochercheurs.
  • Cache virtuelle : point d'intérêt dont la désignation de « cache » est usurpée, puisqu'il s'agit en général d'un lieu à l'intérêt scientifique, historique ou culturel. Les marqueurs géodésiques du National Geodetic Survey américain ou les plaques ou monuments marquant un lieu historique sont des exemples de caches virtuelles.
  • Cache webcam : autre exemple de « cache » qui n'en est pas vraiment une, puisqu'il s'agit ici de webcams publiques devant lesquelles les participants doivent se rendre afin de voir leur image capturée (la pratique nécessite généralement l'assistance d'un internaute complice qui doit capturer l'image du géo-chercheur sur le site de la webcam en question).
  • Cache Wherigo : il s'agit d'un type de cache spécifique où le géocacheur est lui-même l'acteur de sa recherche de trésor. En effet les déplacements du joueur déclenchent des actions à effectuer prévues par le créateur de la cache. Il faut être équipé d'un GPS ou d'un smartphone spécifique pour charger la cartouche.
Pirat Captain Kyro Travel Bug

Certaines caches peuvent receler un (ou plusieurs) travel bug (en français « objet voyageur »), généralement une figurine accompagnée d'une note de son propriétaire indiquant un objectif, par exemple une destination spécifique. Libre ensuite aux géochercheurs trouvant la cache de contribuer au progrès du travel bug, qui possède souvent un identifiant spécifique permettant de suivre son progrès dès que le géochercheur le saisit sur un site communautaire participant[5].

Geocoin utilisable et "trackable" sur le site www.geocaching.com

Un autre type d'objet populaire chez les géochercheurs est la « géomonnaie ». Certaines associations ou sociétés frappent des pièces sans valeur fiduciaire ou numismatique (« géopièces », appelées en anglais geocoins), ayant souvent un numéro de série unique, que leurs propriétaires incluent dans une cache et dont ils peuvent ensuite suivre le progrès dès qu'un autre géochercheur en saisit l'identifiant et les coordonnées sur un site Web associé.

Jargon[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup de hobbyistes et de sous-cultures, les géocacheurs ont leur propre jargon. Les non-initiés sont souvent désignés comme des « géomoldus » (en anglais muggles), une référence à la série littéraire Harry Potter (lorsqu'une cache est vandalisée, détruite ou volée par un non-initié, elle est désignée en anglais comme muggled). Les participants du géocaching utilisent, comme les internautes, de nombreux acronymes, comme par exemple TNLN (Took Nothing Left Nothing) et son pendant francophone « RPRL » (« Rien pris rien laissé »), une inscription souvent laissée sur les registres de visites et les pages Web correspondants à une cache, ainsi que TFTC (Thanks For The Cache), en français « MPLC » (« Merci pour la cache »), ou BYOP (Bring Your Own Pen, ou « Apportez votre propre crayon »).

L'acronyme FTF (« First To Find ») désigne quant à lui le premier trouveur d'une cache. Le pendant francophone est PAT (« Premier À Trouver »). À l'opposé, certains s'autoproclament FTL (« First To Lose ») lorsqu'ils sont les premiers à ne pas trouver la cache.

Plus anecdotique, YAPTIDKA (Yet Another Park That I Didn't Know About), en français « Encore un parc que je ne connaissais pas », en référence à un square ou un coin de verdure méconnu dans une grande ville.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Geocaching.com : principal site centralisant le Géocaching dans le monde, géré par la société américaine Groundspeak
  • Opencaching : site de recensement de géocaches, géré par la société Garmin
  • Geo-Map : site de référencement de géocaches en France

Articles connexes[modifier | modifier le code]