Flow (psychologie)

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Le flow, littéralement le flux en anglais, est l'état mental atteint par une personne lorsqu'elle est complètement immergée dans ce qu'elle fait, dans un état maximal de concentration. Cette personne éprouve alors un sentiment d'engagement total et de réussite. Ce concept, élaboré par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, a été repris dans des domaines variés et nombreux, du sport à la spiritualité en passant par l'éducation et la séduction[1]. Dans les versions françaises des textes de Csikszentmihalyi, on trouve indifféremment les termes de « flux », d’« expérience-flux », d’« expérience optimale » ou de « néguentropie psychique »[2].

Composants du flow[modifier | modifier le code]

Csikszentmihalyi a identifié les caractéristiques accompagnant et décrivant l'expérience du flow. Ce sont les suivantes :

  1. Objectifs clairs : les attentes et les règles régissant l'activité sont perçues correctement et les objectifs fixés sont atteignables avec les compétences de l'acteur
  2. Équilibre entre la difficulté de l'activité et les compétences de l'acteur (l'activité n'est ni trop facile ni trop difficile, elle constitue un défi motivant)
  3. L'activité est en soi source de satisfaction (elle n'est donc pas perçue comme une corvée)
  4. Haut degré de concentration sur un champ limité de conscience (hyperfocus)
  5. Une perte du sentiment de conscience de soi, disparition de la distance entre le sujet et l'objet
  6. Distorsion de la perception du temps
  7. Rétroaction directe et immédiate. Les réussites et difficultés au cours du processus sont immédiatement repérés et le comportement ajusté en fonction.
  8. Sensation de contrôle de soi et de l'environnement[3]

La réunion de tous ces phénomènes n'est pas nécessaire pour conduire au flow. Les 3 premiers décrivent des caractéristiques de l'activité propices au flow, les 5 derniers décrivent plutôt l'état de conscience modifié qu'implique le flow.

enfant peignant une maquette

Hypothèses concernant les dimensions du Flow[modifier | modifier le code]

Revisitant l’autotelisme, Csikszentmihalyi (2000) ainsi que Voelkl et Ellis (2002) ont présenté un nouveau modèle de compréhension du Flow en identifiant plusieurs éléments associés qu’ils ont classé en deux catégories : - les conditions d’apparition du Flow - les caractéristiques du Flow

Les conditions sont les circonstances qui sont supposées conduire au Flow (e.g., équilibre compétences/défi ; clarté des buts et feedback instantanés).

Les caractéristiques font référence aux effets et notamment aux perceptions liés à la nature empirique du phénomène lui-même (c’est-à-dire à ce que l’individu ressent lorsqu’il est en état de Flow, e.g., concentration sur l’action en cours, sens du contrôle, perte de conscience de soi).

Selon Demontrond & Gaudreau (2008), cette distinction est tout aussi importante pour la recherche car elle permet de différencier l’expérience subjective de Flow et les antécédents psychosociaux pouvant faciliter son apparition chez les individus. Ainsi, en étudiant ces conditions et caractéristiques, Ellis (2003, cité par Demontrond & Gaudreau, 2008) montre que l’équilibre entre les compétences personnelles et le défi à relever est sans doute une condition moins importante pour atteindre le Flow que ne le sont d’autres éléments (e.g., clarté des buts, feedback clairs).

Heutte & Fenouillet (2010) retiennent qu’il y aurait 4 dimensions du Flow :

- FlowD1  : Sentiment de maîtrise/contrôle de l'activité – absorption cognitive - On sait que l'activité est faisable, que les compétences sont en adéquation, il n'y a ni anxiété ni ennui (Csikszentmihalyi, 2004)

- FlowD2  : Perception altérée du temps - Hors de temps - Concentration totale sur le présent, on ne voit pas le temps passer (Csikszentmihalyi, 2004)

- FlowD3  : Absence de préoccupation à propos du soi - dilatation de l'ego - Perte de la conscience de soi - Sentiment de sérénité - pas de préoccupations à propos de soi-même, impression de sortir au-delà des limites de l'ego - après coup, sentiment d'avoir transcendé l'ego à tel point qu'on ne croyait pas cela possible (Csikszentmihalyi, 2004)

- FlowD4 : Sentiment de bien-être - activité autotélique - Motivation intrinsèque - ce qui produit le "Flow" devient une récompense en soi - Sentiment d'extase - impression d'être en dehors de la réalité quotidienne (Csikszentmihalyi, 2004)

Le cerveau en état de flow[modifier | modifier le code]

Les données récemment acquises sur les réseaux attentionnels renseignent sur l’activité d’un cerveau en état de flow, notamment celles s’intéressant à la notion surprenante d’attention « sans effort ».

Les distracteurs de l’attention sont évalués par plusieurs systèmes cérébraux qui déterminent à chaque instant l’intérêt et l’importance de ce qui stimule les sens ou les pensées. Des structures telles que l’amygdale et l’hippocampe traitent ces caractéristiques de façon « rigide », en fonction du passé : ce que l’on a l’habitude de trouver intéressant (lire un magazine, surfer sur Internet) ou désagréable, voire dangereux, et donc important (un visage ayant l’air menaçant). D’autres aires, situées surtout dans le cortex préfrontal, utilisent des critères plus flexibles dépendant des buts que l’on se fixe pour l’avenir, proche ou lointain. Chaque système fixe en quelque sorte ses priorités, qui se contredisent souvent dans une lutte incessante pour le contrôle de l’attention ; cette lutte d’influence aboutit à ce que les psychologues nomment des « conflits motivationnels », c’est-à-dire des situations où le cerveau cherche à accomplir en même temps plusieurs objectifs contradictoires.

Sur le plan mental, on dit que deux processus cognitifs sont antagonistes lorsqu’ils mobilisent les mêmes régions cérébrales, en particulier le même réseau de l’attention. C’est pourquoi on ne peut pas réaliser (exactement) en même temps deux activités qui demandent d’être attentif. En conséquence, il n’est pas étonnant que l’état de flow, en tant qu’état d’attention sans effort, ni conflit ni stress, soit si recherché et valorisé[4].

La mesure du Flow[modifier | modifier le code]

Plusieurs outils d’autodescription ont été créés afin d’étudier les éléments de nature instable et les phénomènes subjectifs liés au Flow, tels que les entretiens qualitatifs, les questionnaires et la méthode d’échantillonnage des expériences (Experience Sampling Method - ESM) (Csikszentmihalyi & Larson, 1984; Csikszentmihalyi & LeFevre, 1989; Nakamura & Csikszentmihalyi, 2002; Scollon, Kim-Prieto, & Diener, 2003). Un grand nombre de chercheurs ont utilisé l’ESM. Cette méthode consiste à répondre à un court questionnaire lorsque la sonnerie d’un télé-avertisseur retentit. Malgré tout son intérêt, cette méthode est à la longue relativement contraignante pour les sujets : le caractère intrusif et le temps nécessaire à l’usage de l’ESM présente l’inconvénient majeur de risquer d’interrompre le Flow. C’est la raison pour laquelle l’élaboration d’échelles de mesure du Flow reste une question d’une vive actualité (Bakker, 2008; Ghani & Deshpande, 1994; Havlena & Holbrook, 1986; Jackson & Marsh, 1996; Jackson & Eklund, 2002; Novak, Hoffman, & Yung, 2000; Pearce, Ainley, & Howard, 2005; Webster, Trevino, & L. Ryan, 1993).

En Europe, c’est principalement Rheinberg (1987, 1996), puis Rheinberg et Vollmeyer (2001) qui étudient plus particulièrement les relations entre Flow et motivation, notamment via la conception d’une échelle courte de Flow en langue allemande (Flow-Kurzskala : FKS, Rheinberg et Vollmeyer, 2001). Vollmeyer et Rheinberg (2006) estiment que FKS est une échelle de mesure du Flow adaptable à de nombreux contextes.

En France, à la suite aux travaux de Jackson et Eklund (2002), une version française du FSS-2 a été validée (Demontrond-Behr, Gaudreau, Visioli, & Fournier, 2003; Fournier et al., 2007). Déro et Heutte (2008) ont élaboré une échelle en 13 items pour mesurer le Flow au travail (adaptée à l’usage des TIC).

Constatant qu'il n’existait pas de version française de l’échelle courte de Flow (FKS, Rheinberg & all., 2003) et que d’autre part, une analyse comparative mettait en évidence le déséquilibre de l’ensemble des échelles (et tout particulièrement les échelles « courtes ») car elles ne prenaient pas vraiment en compte toutes les dimensions du flow (elles mesurent surtout l’absorption cognitive), Heutte & Fenouillet (2010) construisent l’échelle Flow4D16 par l'agrégation de quatre sous échelles :

  • FlowD1 : l’absorption cognitive ;
  • FlowD2 : La perception altérée du temps ;
  • FlowD3 : la dilation de l’ego ;
  • FlowD4 : le bien-être.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'état mental du flow fut ainsi nommé car durant les entrevues de Csikszentmihalyi en 1975, de nombreuses personnes rencontrées décrivirent leur expérience comme un courant d'eau les transportant[3].

Flow de groupe[modifier | modifier le code]

Csikszentmihalyi suggère plusieurs façons de travailler collectivement pour que chaque membre d'un groupe atteigne l'état de flux. Les caractéristiques de ce type de travail sont notamment :

  • Un espace pour un travail créatif : des chaises, des tableaux à punaises, des schémas mais pas de tables : le travail se fait principalement debout et en se déplaçant
  • Une séance de travail organisée : des schémas pour les informations de départ, des diagrammes de flux, un résumé du projet, un peu de folie (la folie a sa place ici aussi), un endroit sûr (ici, tout peut être dit à voix haute et pas seulement pensé), un mur affichant les résultats, des sujets ouverts
  • un travail organisé en parallèle
  • Le groupe est concentré sur les mêmes buts
  • Le travail sur des arrangements spatiaux (dessin, peinture, sculpture, menuiserie, modélisme, etc),
  • Progrès sur les buts existants (prototypage)
  • Augmentation de l'efficacité au travers de la visualisation
  • La modélisation préalable de l'activité (visualisation et prototype)
  • l'existence de différences entre les participants est vue comme une opportunité pour l'activité (et non comme un obstacle)

Applications[modifier | modifier le code]

Applications suggérées par Csikszentmihalyi vs autres pratiques autres pratiquants[modifier | modifier le code]

Il est bon de noter que seul Csikszentmihalyi a publié des suggestions pour améliorer l'environnement dans lequel se déroule l'activité, pour qu'il soit plus propice à l'expérience du flow.

Les personnes ayant repris le concept de flow à sa suite ont plus mis l'accent sur l'utilité du concept de flow pour le développement de la personne elle-même, par exemple par la spiritualité, l'amélioration des performances, et le développement personnel en général. Des réutilisations du concept de flow ont été faites dans des milieux aussi divers que les affaires économiques[5], l'improvisation musicale, la préparation sportive[6], le stand-up[7], et les communautés de séduction, souvent en association avec d'autres concepts comme celui d'inner game.

Education[modifier | modifier le code]

En éducation, le concept de sur-apprentissage semble un facteur important de cette technique, dans laquelle Csikszentmihalyi[8] énonce que le sur-apprentissage permet à l'esprit de se concentrer sur la visualisation du résultat désiré comme une action unique et intégrée, et non comme un ensemble d'actions.


Autotélique : épicurien de la connaissance ? (Heutte, 2007, 2010)[modifier | modifier le code]

Selon Csikszentmihalyi (2005), comme l"individu autotélique n’a pas un grand besoin de possession, de distractions, de confort, de pouvoir ou de célébrité, car presque tout ce qu’il fait l’enrichit intérieurement, il est généralement très apprécié de ses pairs. Comme il expérimente le flow dans son travail, sa vie familiale, ses relations avec les autres, dans des activités banales de la vie quotidienne et même quand il est seul et inactif, il est moins dépendant des récompenses extérieures qui motivent les autres à se satisfaire d’un quotidien routinier, vide de sens. Il est plus autonome, plus indépendant, parce qu’on ne le manipule pas facilement à coup de menaces ou de récompenses extérieures. En même temps, il est plus impliqué dans tout ce qui l’entoure parce qu’il est pleinement investi dans le courant de la vie. Son énergie psychique paraît inépuisable, il est plus attentif, remarque plus de détails, s’intéresse volontiers à quelque chose sans en attendre de récompense immédiate. Il a une attitude joyeuse de curiosité, une volonté de comprendre, de résoudre des problèmes. Mais il a aussi un intérêt désintéressé : son attention est dénuée d’ambition et d’objectifs personnels pour forcer la chance d’appréhender la réalité selon ses propres termes. Comme ils sont moins préoccupés d’eux-mêmes, ils investissent plus d’énergie psychique dans leur rapport à la vie. Les individus créatifs sont généralement autotéliques et c’est parce qu’ils disposent d’un surplus d’énergie psychique à investir dans des choses apparemment triviales qu’ils font des découvertes. (Csikszentmihalyi, 2005).

Si apprendre est rarement une partie de plaisir, comprendre (être compris/se faire comprendre) peut être totalement jubilatoire (Heutte, 2007): d’ailleurs tous ceux qui ont ressenti un jour ce violent sentiment savent qu’il l’a été encore plus fort, au moment où ils ont pu le partager avec d’autres, et qu’ils ont pu constater qu’ils étaient compris. La réaction physiologique peut d’ailleurs être si forte, comme un long frisson qui part du bas du dos pour dresser les cheveux sur la tête, qu’au moment où ils le ressentent, ils ont l’impression d’être transporté, « comme sur un petit nuage », parfois ému aux larmes, et en même temps, paradoxalement, ils ont tout simplement le sentiment d’être (Csiksentmihalyi, 2004, 2005).

C’est vraisemblablement ce qui fait du métier d’enseignant un des plus beaux métiers du monde, ou en tout cas, un des plus enthousiasmants pour ceux qui ont le bonheur de vivre régulièrement cette expérience optimale. Si les enseignants qui connaissent le flow sont souvent débordants d’activité, ne comptant jamais leurs heures, toujours prêts à innover ou s’impliquer dans un nouveau projet, c’est tout simplement parce qu’ils cherchent en permanence n’importe quelle occasion de recréer les conditions qui vont leur permettre de le ressentir à nouveau. Comme ils ont une meilleure santé émotionnelle (Amherdt, 2004), ils sont dans des dispositions qui les rendent souvent beaucoup plus créatifs que leurs collègues. Ils innovent parfois sans même s’en rendre compte, presque malgré eux. Selon Csikszentmihalyi (2006), l’engagement dans un processus créatif donne la sensation de vivre plus intensément, permet de ressentir un « sentiment de plénitude que nous attendons de la vie et qui nous est si peu souvent offert. Seuls la sexualité, les sports, la musique et l’extase religieuse [...] nous confèrent un sentiment aussi profond d’appartenance à un tout plus vaste que nous-mêmes. » (Csiksentmihalyi, 2006).

Ainsi, pouvons-nous considérer que certains se régalent du savoir, de la connaissance et surtout de la compréhension (du plaisir de s’apercevoir que l’on comprend) dans un rapport presque charnel au savoir (Heutte, 2010) !

Parmi tous les boulimiques du savoir, nous admettrons (poétiquement) que l’épicurien de la connaissance se régale aussi (et peut-être encore davantage) du partage et de la construction de connaissances avec d’autres. Ainsi, au croisement du « gai savoir » (Pineau, 2009) et du « jamais sans les autres » (Carré, 2005), comprendre, comme d’autres plaisirs, serait ainsi encore plus jouissif à plusieurs (Heutte, 2010)…

L'échelle Flow4D16 (Heutte & Fenouillet, 2010) est tout particulièrement conçue pour la mesure du Flow en contexte éducatif.

Flow4D16 est formé de quatre sous-échelles (comprenant quatre items chacune) évaluant : - FlowD1 : l’absorption cognitive ; - FlowD2 : la perception altérée du temps ; - FlowD3 : la dilation de l’ego ; - FlowD4 : le bien-être.


Musique[modifier | modifier le code]

Les musiciens, et plus spécialement les solistes lors d'une improvisation, peuvent expérimenter un état similaire lorsqu'ils jouent de leur instrument.

Sports[modifier | modifier le code]

Le concept d'"être dans la zone" durant une performance athlétique correspond à la description du flux de Csíkszentmihályi. Les théories et les applications s'y rapportant et leurs liens avec les atouts et gains de performances sportives sont étudiés dans la psychologie du sport [9]

Les travaux de Timothy Gallwey sur le "jeu intérieur" requis dans des sports tels que le golf et le tennis décrivent le coaching mental et les attitudes requises pour atteindre "la zone" et internaliser la complète maîtrise du sport[10].

Roy Palmer suggère qu'être "dans la zone" peut aussi influencer les combinaisons de mouvements en intégrant au mieux les réflexes conscients et inconscients, ce qui améliore la coordination. Beaucoup d'athlètes décrivent le caractère naturel et "sans efforts" de leurs performances lorsqu'ils réussissent leurs meilleurs temps ou scores connus.

Le légendaire joueur de football Pelé décrit son experience d'"être dans la zone" ainsi : "J'ai ressenti comme un etrange calme...une sorte d'euphorie. J'ai eu l'impression de pouvoir courir une journée entière sans fatigue, de pouvoir dribbler à travers toutes leurs équipes ou à travers tous, que je pouvais presque leur passer à travers physiquement."[4]

Un autre exemple a été donné par le pilote de Formule 1 Ayrton Senna, qui, durant les qualifications du grand prix de Monaco 1988, a déclaré avoir l'impression de piloter la voiture au-delà de ses limites. "J'étais déjà en pole position, [...] et je continuais. Tout à coup j'avais deux secondes d'avance sur tout le monde, même sur mon binôme qui avait la même voiture. Et tout à coup j'ai réalisé que je ne conduisais plus la voiture consciemment. Je la conduisait comme instinctivement, mais j'étais dans une autre dimension. J'étais comme dans un tunnel. Pas seulement dans le tunnel sous l'hôtel : tout le circuit était un tunnel. Je continuais et continuais, encore et encore et encore et encore. J'avais largement dépassé la limite mais j'étais toujours capable de trouver plus."

Souvent lors de rediffusions sportives, un commentateur utilise la metaphore d'une action pour qualifier une autre action. Par exemple, "ce gars est un faiseur de home run" (action du baseball) lors d'une puissante percée et remontée de terrain durant un match de football américain. Phil Simms, longtemps quart-arrière dans la NFL a déclaré quelque chose de similaire lors d'une interview sur sa performance au SuperBowl : "C'est ma performance préférée de ma carrière, parce que c'est tout ce que je voulais être en tant que joueur. Je voulais être fort, faire de puissants tirs, être imperméable à la pression, sans m'inquiéter des résultats. C'est vraiment comme être debout devant un tee au golf et il y a des arbres de chaque côté et de l'eau, et vous vous lancez simplement genre "Je vais la balancer en plein milieu" Et rien d'autre ne traverse votre esprit".

C'est exactement ce que Csikszentmihalyi veut dire concernant le "flux". Simms était "imperméable à la pression, ne s'inquiétait pas des résultats". C'est l'exemple parfait de la performance optimale et de l'utilisation de talents. Un bon quart-arrière a la meilleure performance de sa vie lors du plus gros match de sa vie. Quand les challenges et les aptitudes sont simultanément plus hauts que la moyenne, une experience largement positive émerge[11]. Simms a réussi 22 lancers sur 25 tentatives sur 268 verges et beaucoup de gens pensent que c'était le meilleur jeu de quart-arrière vu lors d'un SuperBowl, ultime et plus importante rencontre des championnats de football américain. Il avait une concentration maximum.

Csikszentmihalyi et Jeremy Hunter rapportent que la concentration est un élément vital pour s'impliquer totalement dans le présent. Ainsi il faut se concentrer pour atteindre l'état de flux. De même un sens du contrôle est nécessaire. Le contrôle, toutefois, paraît alors à la fois naturel (sans-effort) et maîtrisant. Le contrôle et la concentration sont aussi accompagnés d'une transcendance de l'état normal de perception. Un des aspects de cette transcendace est la perte de la conscience de soi[12].

Dit simplement, le but d'un athlète est si intense et si élevé dans le jeu, qu'ils deviennent instoppables (le but et l'athlète).

Religion et spiritualité[modifier | modifier le code]

Csíkszentmihályi fut probablement le premier à décrire le concept de flow dans la psychologie occidentale, mais comme il le reconnaît lui-même il n'est pas le premier à décrire le concept de flow ou à en développer des applications.

Les pratiquants de religions orientales, comme le bouddhisme et le taoïsme, ont placé la discipline de dépassement de la dualité entre objet et sujet au centre du développement spirituel. Ils ont développé un ensemble vaste et détaillé de théories pour surmonter cette opposition, ils ont testé et affiné leur pratique de pensée spirituelle à cette fin, à l'opposé de la science moderne occidentale dont la rigueur est fondé sur une distinction rigoureuse entre l'objet et l'expérimentateur.

La phrase "ne faire qu'un avec ses pensées" est une métaphore du concept de flow. Les pratiquants du bouddhisme zen appliquent des principes similaires au flow pour maîtriser leur art, en particulier l'aikido, le kendo, et l'ikebana.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Certains designers de jeux vidéo intègrent les principes du flow dans leur réalisation[13]. C'est notamment le cas du jeu éponyme flOw.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Citations du livre de 1990 de Csíkszentmihályi's à propos du flow sur Google Scholar
  2. version française de "Mieux vivre", traduite par Claude-Christine Farny, en 2005
  3. a et b (en) Mihály Csíkszentmihályi, Beyond Boredom and Anxiety, San Francisco, CA, Jossey-Bass,‎ 1975, 1e éd. (ISBN 978-0-87589-261-0)
  4. « "Vers un état de plénitude" - L'Essentiel Cerveau & Psycho n°14, mai-juillet 2013 ».
  5. [1]
  6. [2]
  7. [3]
  8. (en) Mihály Csíkszentmihályi, Flow: The Psychology of Optimal Experience', New York, Harper and Row,‎ 1990, 1e éd., poche (ISBN 978-0-06-092043-2, LCCN 89045645)
  9. (en) Janet A Young, Michelle D Pain, « The Zone: Evidence of a Universal Phenomenon for Athletes Across Sports » (consulté le 8 mai 2008)
  10. (en) Timothy Galwey, Inner Tennis - Playing the Game,‎ 1976
  11. Csikszentmihalyi, Mihaly (1988) Optimal Experience Psychological Studies of Flow in Consciousness. Cambridge, NY: Cambridge University Press. 323.
  12. Hunter, Jeremy and Csikszentmihalyi (2000)”The Phenomenology of Body-Mind: The Contrasting Cases of Flow in Sports and Contemplation. Anthropology of Consciousness, Vol. 11 No. 3-4 p 15.
  13. Chen, J. (2008) Flow in Games. Extracted 05/16/2008 from http://www.jenovachen.com/flowingames/introduction.htm

Notations[modifier | modifier le code]

  • Csíkszentmihályi, Mihály (1996). Creativity: Flow and the Psychology of Discovery and Invention. New York: Harper Perennial. (ISBN 0-06092-820-4)
  • Csíkszentmihályi, Mihály (1998). Finding Flow: The Psychology of Engagement With Everyday Life. Basic Books. (ISBN 0-46502-411-4) (a popular exposition emphasizing technique)
  • Csíkszentmihályi, Mihály (2003). Good Business: Leadership, Flow, and the Making of Meaning. New York: Penguin Books. (ISBN 0-14200-409-X)
  • Demontrond, P., & Gaudreau, P. (2008). Le concept de "flow" ou "état psychologique optimal": État de la question appliquée au sport. Staps, 79(1), 9-21..
  • Demontrond-Behr, P., Gaudreau, P., Visioli, J., & Fournier, J. (2003). Mesurer l’expérience optimale de flow en contexte sportif: Vers une traduction française du Flow State Scale-2. Communication affichée au congrès de l’ACAPS, Toulouse.
  • Heutte, Jean (2010) Mise en évidence du flow perçu par des étudiants au cours d’un travail collectif via les réseaux numériques : Homo sapiens retiolus est-il un épicurien de la connaissance ? Actes du 26e congrès de l’association internationale de pédagogie universitaire (AIPU) « Réformes et changements pédagogiques dans l’enseignement supérieur » (Rabat, 17-21 mai 2010)
  • Heutte, Jean & Fenouillet, Fabien (2010) Propositions pour une mesure de l’expérience optimale (état de Flow) en contexte éducatif. Actes du 8e Congrès international d’actualité de la recherche en éducation et en formation (AREF) 2010, Genève (Suisse), 13 - 16 septembre 2010
  • Jackson, Susan A. & Csíkszentmihályi, Mihály (1999). Flow in Sports: The Keys to Optimal Experiences and Performances. Champaign, Illinois: Human Kinetics Publishers. (ISBN 0-88011-876-8)
  • Joy Egbert, « A Study of Flow Theory in the Foreign Language Classroom », The Modern Language Journal, vol. 87, no 4,‎ 2003
  • Mainemelis, « When the Muse Takes It All: A Model for the Experience of Timelessness in Organizations », The Academy of Management Review, vol. 26, no 4,‎ 2001, p. 548-565.
  • Lawrence Shainberg, « FINDING 'THE ZONE' », New York Times Magazine,‎ 1989 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]