Esteros del Iberá

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Réserve naturelle de l'Iberá
Image illustrative de l'article Esteros del Iberá
Esteros del Iberá
Catégorie UICN VI (zone de gestion de ressources protégées)
Identifiant 16890
Pays Drapeau de l’Argentine Argentine
Province Corrientes
Coordonnées 28° 06′ S 57° 06′ O / -28.1, -57.128° 06′ Sud 57° 06′ Ouest / -28.1, -57.1  
Superficie 12 000 km2
Création 1982

Géolocalisation sur la carte : Argentine

(Voir situation sur carte : Argentine)
Réserve naturelle de l'Iberá

Les Esteros del Iberá ou Étangs de l'Iberá (de la langue guaraníe Y vera, « eau brillante ») sont un vaste réseau de marécages et d'étangs qui s'étendent sur 15 000 à 25 000 km2 dans la province de Corrientes, au nord-est de l'Argentine. Seulement dépassés en extension par le Pantanal brésilien, ils forment la deuxième zone humide la plus grande du continent. Ils constituent un système hydrographique complexe — le macrosystème de l'Iberá, au sein duquel se développe un écosystème tropical extrêmement riche et diversifié.

Grâce à sa situation géographique et à son accès difficile, la zone possède une population animale riche et variée. La faune autochtone inclut de nombreuses espèces menacées pour lesquelles il s'agit d'un des derniers habitats restants. Parmi elles, citons le cerf des marais, le cerf des pampas, le carpincho ou capybara, le loup à crinière ou aguará guazú (Chrysocyon brachiurus), les caïmans overo (Caiman latirostris) et noir (Caiman yacare), l'anaconda curiyú (Eunectes notaeus) et la loutre de rivière sud-américaine (Lontra longicaudis), ainsi qu'une énorme variété d'oiseaux.

La flore locale exubérante comprend de nombreuses espèces aquatiques qui créent de véritables îles flottantes.

En 1982 une surface de 12 000 km2 fut attribuée comme Reserve Naturelle Provinciale par le parlement de la province, compétent en ces matières, et dont la réserve dépend actuellement. Les esteros del Iberá sont considérés comme une zone humide d'importance internationale aux termes de la Convention de Ramsar.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est nettement subtropical, présentant un hiver relativement sec et de fortes précipitations durant l'automne et le printemps. L'été est également humide et extrêmement chaud, avec des maxima qui dépassent les 45 °C. Les précipitations annuelles sont de l'ordre de 1 700 mm.

Un projet fou[modifier | modifier le code]

Dans la décennie 1970, un ambitieux projet lié à la retenue de Yacyretá à la frontière paraguayenne, pour promouvoir l'utilisation multiple du système de l'Iberá, prévoyait la construction d'un canal dans la zone de Zanja San Miguel, pour dévier les eaux de crue depuis le Río Paraná vers les étangs, les inondant et formant ainsi un énorme lac intérieur. L'idée folle consistait à dévier par après les eaux ainsi accumulées vers le Río Uruguay et la retenue de Salto Grande par le biais du Río Miriñay, afin d'optimiser le fonctionnement et la production d'énergie électrique dans la dite centrale.

Une autre partie de l'eau aurait été canalisée dans le Río Corriente, l'autre émissaire des étangs pour la restituer au Río Paraná, cédant ainsi l'eau dans les retenues du fameux projet Paraná Medio (Bonetto et al. 1988). Un des liens ci-dessous datant de ces années vous fera connaître les détails de cette folie. Un tel projet, eût-il été réalisé aurait dévasté les étangs de l'Iberá et des zones très étendues de la vallée du Río Paraná entre Corrientes y Santa Fe[1].

Faune[modifier | modifier le code]

La région des esteros constitue, d'après les études de l'administration des parcs nationaux, une éco-région différenciée au sein du biome du Chaco humide, en contact au nord et à l'ouest avec le biome dit de l' espinal.

Selon des études récentes, la présence de vertébrés terrestres englobe quelque 85 espèces de mammifères, 35 de reptiles et environ 45 amphibiens (Fraga: 2001). De plus on dénombre pas moins de 250 espèces d'oiseaux, parmi lesquels plus de 90 % sont natifs de la région.

La quasi-totalité de ces espèces ont des habitudes plus ou moins aquatiques.

Mammifères[modifier | modifier le code]

Les espèces du plus haut intérêt sont le cerf des marais (Blastoceros dichotomous, en guaraní pukú guazú) et le cerf des pampas (Ozotocerus bezoarticus, en guaraní guazú ti'í). Le premier, excellent nageur, se rencontre dans toute la région, vivant souvent sur des îles flottantes durant de longues périodes, ce qui rend son observation difficile sauf depuis des embarcations. Le second, de taille plus petite, est confiné aux zones de terre ferme. Les deux espèces sont considérées en danger et sont inscrites dans l'appendice I de la Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées de la Faune et de la Flore Sylvestres (CITES), qui interdit de manière absolue leur chasse et leur commerce.

D'habitudes timides et donc difficiles à observer, l' aguará guazú ou loup à crinière (Chrysocyon brachiurus), un canidé autochtone de grande taille, l'ocelot ou chat once (Leopardus pardalis), un félin prédateur de la taille d'un loup et d'aspect similaire au jaguar, et le gato montés ou chat de geoffroy (Oncifelis geoffroyi), sont également strictement protégés par le CITES. Au contraire, il est assez facile de rencontrer le carpincho ou capybara (Hydrochoerus hydrochaeris) et la loutre de rivière sud-américaine (Lontra longicaudis), très malmenée auparavant.

Reptiles et amphibiens[modifier | modifier le code]

Les espèces de reptiles incluent les caïmans yacaré negro (Caiman yacare) et yacaré overo (Caiman latirostris) assez omniprésents. Les deux espèces peuvent dépasser les deux mètres de longueur, bien que les exemplaires de grande taille soient assez rares, ceci à cause de l'intense braconnage qui régnait avant la création du parc. Les deux espèces ont proliféré depuis avec facilité et on peut désormais les observer facilement.

Diverses espèces de serpents sont présents. Parmi ceux-ci, il faut noter le très venimeux et redoutable yarará grande ou víbora de la cruz (Bothrops alternatus), le crotale ou serpent à sonnette cascabelle (Crotalus durissus terrificus), et le serpent de corail (Micrurus fulvius, en plus des inoffensifs cobras d'eau (Hydrodynastes gigas, en guaraní ñacaniná), le faux yarará (Pseudotomodon trigonatus, un dipsadidae) et l'anaconda curiyú (Eunectes notaeus).

On y trouve aussi quantité de tortues et de lézards qui complètent le panorama ; parmi ceux-ci l'iguane overa (Tupinambis teguixin).

À quoi s'ajoutent de nombreuses espèces d'amphibiens de toutes tailles.

Oiseaux[modifier | modifier le code]

Les oiseaux méritent une mention spéciale. En plus des espèces exclusives de la région, comme l'oiseau campana (Procnias nudicollis, en guaraní guyrá pong), on trouve en abondance le grand toucan, le nandou, diverses espèces de rapaces, des hérons, des cigognes et d'innombrables palmipèdes et échassiers.

Poissons[modifier | modifier le code]

Suite à la diminution des caïmans durant les décennies passées, le nombre de palometas ou pirañas (Serrasalmus) a augmenté de manière très notable, supplantant d'autres espèces autochtones comme le dorado (Salminus maxillosus), le sábalo (prochilodus platensis) et la raie d'eau douce (Potamotrygon brachyurus). La partie sud des étangs est une zone très importante. Elle est en effet étroitement connectée avec les rivières défluentes vers le Río Paraná, et est un lieu de frai très important pour une bonne partie de l'ichtyofaune de la région. On estime qu'il y a une centaine d'espèces de poissons dans ce secteur, dont l'inventaire est encore en cours.

Flore[modifier | modifier le code]

La végétation aquatique est luxuriante et couvre des étendues importantes. Le jacinthe d'eau ou camalote (eichhornia, en guaraní aguapé) est le genre le plus fréquent et forme généralement la base des îles flottantes embalsados, associé avec l' irupé (victoria cruziana), une magnifique espèce dont les exemplaires peuvent atteindre deux mètres de diamètre et donnent une fleur énorme et impressionnante. L'ortie aquatique (cabomba australis), la canne (scirpus californicus) et le lys complètent le répertoire de la zone inondée.

Sur ces îles flottantes se déposent de la terre et des semences emmenées par le vent. La densité et la résistance de leur base est suffisante pour que croissent des espèces de terre ferme, des arbustes et même des arbres. Le ceibo, le curupí, le guayabo ou goyavier, le flamboyant bleu ou jacaranda, le tabebuia ou lapacho, le laurier, le belombra ou ombú, le saule, l'enterolobium contortisiliquum ou timbó et l'astronium balansae ou urunday sont les espèces les plus typiques, avec les palmiers trithrinax campestris ou caranday mésopotamien, syagrus romanzoffiana ou pindó et yatay ou boutia argentin.

Dans la région sud des lagunes, de denses formations de "caroubiers" ou algarrobos prosopis nigra et d' espinillo (acacia caven) apparaissent sur ces îles.

Photographies[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Information générale et touristique sur l'Iberá: (en Français aussi) Source : Analyse très critique contre le barrage de Yacyretá par la Fundación Vida Silvestre Argentina

Notes et références[modifier | modifier le code]