Île flottante

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Île flottante habitée par les Uros sur le lac Titicaca au Pérou.

Une île flottante est une île constituée d'amas de tourbe légère et/ou de roseaux accumulés en quantité suffisante pour former de grands radeaux, eux-mêmes plus ou moins végétalisés et parfois susceptibles de se déplacer au gré de l'eau.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans l'Antiquité, de tels radeaux naturels de végétation sont déjà observés :

« Quelques terrains tremblent sous les pas : par exemple, dans le territoire de Gabies, non loin de Rome, il y a environ deux cents jugères (50 hectares) qui tremblent sous les pas des chevaux; il en est de même dans le territoire de Réate. Quelques îles sont toujours flottantes dans le territoire de Cécube et dans celui de Réate, de Modène et de Statonie. Le lac Vadimon et les eaux Cutiliennes renferment une forêt épaisse qu'on ne voit jamais au même lieu le jour et la nuit. En Lydie, les îles appelées Calamines obéissent à l'impulsion non seulement des vents, mais même des crocs; elles furent, dans la guerre de Mithridate, le salut d'une foule de citoyens romains. Il y a aussi dans le Nymphaeum de petites îles appelées Saliaires, parce qu'elles se meuvent au bruit de la symphonie et des pieds, qui battent la mesure. Dans le lac de Tarquinie, qui est un des grands lacs d'Italie, il y a deux bois qui, sous le souffle des vents, prennent tantôt une figure triangulaire, tantôt une figure arrondie, jamais une figure carrée. »

— Pline l'Ancien, [1]

Les îles de roman[modifier | modifier le code]

  • Le roman antique du mythographe grec Évhémère (IVe siècle avant JC) inclut une île flottante, l'île de Délos, tirée par un bateau.
  • Thomas Artus (en 1605) place également ses Hermaphrodites (du roman de ce nom) sur une île flottante, sans doute symbolique.
  • L'île imaginaire de Délos réapparait dans le roman évhémériste de Desmarets (La Vérité des fables ou l'histoire des dieux de l'Antiquité, 1648), où elle couvre trois lieues de long et une lieue de large. Il lui fait faire le tour du monde[2].

Les vraies îles flottantes[modifier | modifier le code]

  • Claude Dausque, chroniqueur jésuite qui fut chanoine de Tournai (né à Saint-Omer en 1566, mort en 1644), consacra, en 1633, un traité entier (en latin) aux îles flottantes du marais audomarois près duquel il était né.
  • On observe encore en France de petites îles flottantes boisées, naturelles, dites levis et qui dérivent au gré du vent sur le lac de Grand-Lieu (Loire-Atlantique) ;
  • D'autres exemples naturels existent encore aussi en Estonie où des morceaux de berge du fleuve Narva sont arrachés par le courant. En Floride, dans les marais où on les juge généralement indésirables car pouvant s'opposer à la circulation des bateaux, on les appelle « Tussocks »[3] ;
  • Des scientifiques ont pu étudier en Guyane - lors de la mise en eau du barrage EDF de Petit-Saut - l'apparition de radeaux de végétation[4] associant des hélophytes (Ptéridophytes, Poacées et Cypéracées[4]) De tels radeaux pourraient jouer un rôle dans la dispersion de certaines espèces ou propagules.

Îles semi-naturelles[modifier | modifier le code]

Certains peuples construisent de telles îles de leurs mains :

  • Les Uros au Pérou, sur le lac Titicaca, où ils vivent de manière traditionnelle sur des îles flottantes composées de roseaux.
  • Au Cambodge, sur le Tonlé Sap, ce sont les Chams qui vivent dans des maisons sur pilotis et aménagent des champs sur des radeaux de jacinthe d'eau découpés avec de grandes scies. Ces jardins flottants recouverts de terre sont suffisamment étroits pour permettre la récolte depuis une embarcation et suffisamment robustes pour supporter le poids d'un homme.

Îles flottantes artificielles (semi-synthétiques)[modifier | modifier le code]

Construites avec des coussins flottants de matière synthétique pouvant être traversés par des racines[3], elles sont plus récentes.

Elles visent un effet décoratif, et/ou d'épuration de l'eau par rhizofiltration [5],[6] et/ou d'accueil d'espèces d'oiseaux ou autres[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre II, Chapitre 94-96Lire le texte en français et latin
  2. Dryhurst James. Évhémère ressuscité : La vérité des fables de Desmarest. In: Cahiers de l'Association internationale des études françaises, 1973, N°25. pp. 281-293.doi : 10.3406/caief.1973.1038url : Consulté le 05 novembre 2011
  3. a et b T.R. Headley & C.C. Tanner pour le Conseil régional d'Auckland, Application of Floating Wetlands for Enhanced Stormwater Treatment: A Review; Independent study undertaken by NIWA (National Institute of Water and Atmospheric research of New Zealand), Auckland Regional Council ; Technical Publication No. November 2006 ; PDF, 100 pages
  4. a et b Gérard Blake, Les radeaux de végétation de la retenue de Petit-Saut (Guyane) ; Hydroécol. Appl. (1997) Tome 9, pp. 195-211 DOI:10.1051/hydro:1997008 ; http://dx.doi.org/10.1051/hydro:1997008 (résumé)
  5. Boutwell, John and Hutchings, John, Bureau of Reclamation Technical Memorandum No. 8220-99-03, May 7, 1999, “Nutrient Update Research Using Vegated Floating Platforms, Las Vegas Wash Delta, Lake Mead National Recreation Area, Lake Mead, Nevada
  6. Stephen N. Zeller, Sr. Floating Islands - An Innovative Natural Treatment System for Enhanced Wastewater Treatment Through Lagoons ; Env. Consultant Brinjac Engineering, Inc. pdf, 4p
  7. Exemple d'Îles flottantes (Biohaven™)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ellery, K.; Ellery, W.N.; Rogers, K.H. & Walker, B.H. (1990). Formation, colonization and fate of floating sudds in the Maunachira river system of the Okavango Delta, Botswana, Aquatic Botany 38: 315-329.
  • Fager, L.F. & York, J.C. (1975). Floating islands for waterfowl in Arizona, Soil Conservation 41: 4-5.
  • Hoeger, S. (1988). Schwimmkampen: Germany's artificial floating islands, Journal of Soil & Water Conservation, 43(4): 304-306.
  • Hogg, E.H. & Wein, R.W. (1987). Growth dynamics of floating Typha mats: seasonal translocation and internal deposition of organic material, Oikos, 50(2): 197-205.
  • Hogg, E.H. & Wein, R.W. (1989a). The contribution of Typha components to floating mat buoyancy, Ecology, 69 (4): 1025-1031.
  • Hogg, E.H. & Wein, R.W. (1988b). Seasonal change in gas content and buoyancy of floating Typha mats, Journal of Ecology 76: 1055-1068.
  • Hubbard, R.K.; Gascho, G.J. & Newton, G.L. (2004). Use of floating vegetation to remove nutrients from swine lagoon wastewater, Transactions of the ASAE, 47(6): 1963-1972.
  • Jacob, D.L. & Otte, M.L. (2003). Conflicting processes in the wetland plant rhizosphere: metal retention or mobilization? Water, Air, and Soil Pollution, 3: 91-104.
  • Kalin, M. & Smith, M.P. (1992). The development of floating Typha mats, in Proceedings of International Specialist Conference on Wetland Systems in Water Pollution Control, “Wetlands Downunder”, Sydney, Australia, Nov 30 – Dec 3, 1992.
  • Mallison, C.T.; Stocker, R.K. & Cichra, C.E. (2001). Physical and vegetative characteristics of floating islands, Journal of Aquatic Plant Management 39: 107-111.
  • Miretzky, P.; Saralegui, A. & Cirelli, A.F. (2006). Simultaneous heavy metal removal mechanism by dead macrophytes. Chemosphere 62: 247-254.
  • Somodi, I. & Botta-Dukat, Z. (2004). Determinants of floating island vegetation and succession in a recently flooded shallow lake, Kis-Balaton (Hungary), Aquatic Botany 79: 357-366
  • Van Duzer, C. (2004). Floating Islands: a global bibliography, Cantor Press, California, USA.