Emily Davison

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Emily Wilding Davison
Portrait d'Emily Davison.
Portrait d'Emily Davison.

Naissance 11 octobre 1872
Blackheath, Royaume-Uni
Décès 8 juin 1913 (à 40 ans)
Epsom, Royaume-Uni
Première incarcération 1909
Cause défendue droit de vote des femmes
Années de service 1906 – 1913

Emily Wilding Davison (née le 11 octobre 1872 à Blackheath - morte des suites de ses blessures le 8 juin 1913 à Epsom) est une suffragette britannique.

Membre du Women's Social and Political Union (WSPU), elle est rendue célèbre par ses actions en faveur du droit de vote des femmes. Davison milite à partir de 1906 en pratiquant la désobéissance civile et est emprisonnée à plusieurs reprises. Le 4 juin 1913, elle pénètre sur la piste lors du derby d'Epsom. Renversée par l'un des chevaux disputant la course, elle est mortellement blessée et meurt quatre jours plus tard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Emily Wilding Davison naît à Blackheath, au sud-est de Londres. Fille d'un homme d'affaires, Charles Davison, et de sa seconde épouse Margaret, elle est scolarisée à la Kensington High School. Elle intègre ensuite le Royal Holloway College de l'université de Londres où elle étudie la littérature jusqu'à la mort de son père, survenue en 1893. Elle doit alors abandonner ses études, sa mère ne pouvant faire face aux frais d'inscription. Elle devient gouvernante, puis exerce le métier d'institutrice à Edgbaston et Worthing. Après avoir repris les cours au St Hugh's College de l'université d'Oxford en dehors de ses heures de travail, elle obtient son diplôme avec mention (first class honours) en 1897[1],[2].

Engagement au WSPU[modifier | modifier le code]

Emily Davison est gouvernante dans une famille du Berkshire jusqu'en 1906, date à laquelle elle rejoint une organisation militant pour le droit de vote des femmes au Royaume-Uni, le Women's Social and Political Union (WSPU), fondé par Emmeline Pankhurst[2]. À partir de 1909, elle se consacre entièrement au mouvement et gagne sa vie en écrivant dans des revues comme Votes for Women, le journal du WSPU[2],[3]. Au sein de l'organisation, Davison est considérée comme une militante dévouée[4], mais aussi comme un « électron libre » (wild card) menant des actions radicales de sa propre initiative[3],[5].

Davison s'adonne à des actes de désobéissance civile et est emprisonnée à neuf reprises. En avril 1911, elle parvient à se glisser dans la chapelle du palais de Westminster et passe la nuit précédent le recensement cachée dans une armoire afin de déclarer symboliquement la Chambre des communes comme son domicile[6]. Sous les verrous, elle continue de protester, observe des grèves de la faim et est nourrie de force[2],[4]. En 1912, elle purge une peine de six mois pour avoir mis le feu à des boîtes aux lettres. Davison endommage sa colonne vertébrale lorsqu'elle enjambe un garde-corps à la prison d'Holloway et se jette dans la cage d'escalier pour attirer l'attention sur la douloureuse pratique du gavage. Sa chute est stoppée par un grillage métallique[7]. Par la suite, elle explique : « Dans mon esprit, vint l'idée qu'un geste de protestation désespéré devait être entrepris afin de mettre un terme à l'horrible torture que l'on nous infligeait. » (« In my mind was the thought that some desperate protest must be made to put a stop to the hideous torture which was now being our lot. »)[8].

Accident au Derby d'Epsom[modifier | modifier le code]

L'accident de 1913, à la suite duquel Emily Davison trouva la mort.

Le 4 juin 1913, Emily Davison se trouve parmi les 500 000 spectateurs du Derby d'Epsom, une prestigieuse course hippique. Elle est placée à l'intérieur du virage de Tattenham Corner. Durant la course, elle passe sous la barrière de sécurité et pénètre sur la piste. Elle s'approche d'Anmer, un cheval de course monté par le jockey Herbert Jones et appartenant au roi George V, qui la renverse. Davison est hospitalisée et meurt de ses blessures le 8 juin[2],[9].

Ses funérailles ont lieu le 14 à Bloomsbury, dans le district de Camden. 2 000 suffragettes, appartenant à différentes associations militantes, entre autres le WSPU, la Women's Freedom League et la Church League for Women's Suffrage, assistent à la cérémonie. Davison est inhumée à Morpeth[10],[11].

Un film de l'incident tourné par British Pathé (en), Emily Davison Throws Herself Under The Kings Horse (1913), est visible sur Youtube[12].

Interprétations de son geste[modifier | modifier le code]

Exemplaire du journal The Suffragette rendant hommage à Emily Wilding Davison.

Les raisons de son geste font débat. L'évènement a été interprété comme une tentative de suicide ou un accident[2],[7],[13]. Le médecin légiste qui l'examine conclut à un accident (misadventure). Sa famille doute qu'elle ait voulu se suicider, Davison n'ayant pas laissé de lettre à sa mère avant de se rendre au derby[2],[9]. Deux drapeaux du WSPU sont retrouvés dans son manteau[11], son sac contient un ticket de retour et une invitation pour une manifestation de suffragettes, ce qui pousse les historiens à écarter l'hypothèse du suicide[7],[14].

Un reportage diffusé en mai 2013 par la chaîne de service public Channel 4 présente des images de l'incident d'Epsom filmées en 1913 pour le journal cinématographique Gaumont sous trois angles différents. Le film a été restauré pour l'occasion. La présentatrice Clare Balding (en) et son équipe estiment que Davison était en bonne position pour voir les concurrents du Derby arriver et s'est dirigée intentionnellement vers Anmer afin de suspendre une écharpe aux couleurs du WSPU à la bride du cheval appartenant au roi George V. Selon Balding, la militante aurait sous-estimé la vitesse des concurrents, et n'aurait pu éviter la collision[14].

Postérité[modifier | modifier le code]

L'ouvrage The Life of Emily Davison de Gertrude Colmore est édité peu après sa mort. Il est considéré par Ann Morley et Liz Stanley, dont la biographie The Life and Death of Emily Wilding Davison est publiée en 1988, comme un ouvrage militant, écrit à la gloire de Davison[7].

En 1999, le parlementaire travailliste Tony Benn révèle avoir placé clandestinement une plaque à la mémoire d'Emily Davison au palais de Westminster. Elle est située dans l'armoire à balais où la militante a passé une nuit en avril 1911. Selon Benn, il s'agit de « l'un des rares monuments dédiés à la démocratie présents dans le bâtiment » (one of very few monuments to democracy in the whole building)[15]. Une plaque commémorant le centenaire de la mort de la militante est inaugurée officiellement en avril 2013 sur le champ de course d'Epsom (en), dans le virage de Tattenham Corner où a eu lieu la collision[13].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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