Agent double
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Un agent double est une personne qui travaille pour le compte de deux organisations différentes, à l'insu de l'une des deux. Ce terme est souvent associé à la traîtrise mais ce n'est pas toujours le cas.
Le terme « agent double » s'applique à plusieurs situations. Par exemple, une personne peut travailler pour une organisation militaire d'un pays A, tout en remettant une copie de documents secrets à un pays B. De la même façon, une personne peut travailler pour un laboratoire de recherche pour une entreprise C, tout en tuyautant son concurrent, l'entreprise D. Ou encore, un résistant peut être torturé au point d'être « brisé ». À ce moment-là, les bourreaux peuvent l'obliger à travailler pour leur compte sous peine de subir à nouveau la torture ou, plus définitivement, la peine de mort.
La décision de faire double jeu tient à plusieurs facteurs :
- idéologie : un espion se rend compte qu'il n'est pas d'accord avec les idées du pays pour lequel il travaille. C'est souvent ce facteur qui est décrit dans les romans d'espionnage
- appât du gain
- intimidation
- chantage
- vengeance
- échappatoire à la torture ou à la peine capitale
- faiblesse humaine (voir par exemple le cas de Mathilde Carré, dite « la Chatte »)
ou une combinaison de plusieurs de ces facteurs[1].
Il existe aussi des agents triples, censés être des agents doubles mais en fait loyaux à leur première organisation.
Sommaire |
Liste d'agents doubles (incomplète) [modifier]
En Occident, il existe plusieurs cas documentés d'agent double. Leur nom est souvent porté à l'attention du grand public, car leurs méfaits suscitent souvent des émotions fortes.
- Oleg Penkovsky
- Aldrich Ames, de la CIA mais vendait des informations au KGB.
- Robert Hanssen, du FBI mais vendait des informations à l'Union Soviétique.
- April Fool
- George Blake
- Guy Burgess, du MI5, taupe du KGB
- Mathilde Carré (La Chatte)
- Oleg Gordievsky
- Katrina Leung, Chine/FBI
- Kim Philby, britannique/soviétique
- Mata Hari, français/allemand
- Denis Donaldson
- Jean-Louis Jeanmaire, officier général de l'Armée Suisse, condamné pour espionnage au profit de l'URSS
- Dusko Popov, agent de l'Abwehr allemand travaillant pour le compte du Double Cross Committee britannique
- Vladimir Vetrov, agent du KGB ayant fourni de nombreuses informations aux services secrets français
- Les bleus de chauffe étaient des agents doubles en charge d'infiltrer le Front de libération nationale pour le compte de l'Armée française durant la bataille d'Alger.
Sources [modifier]
Voir aussi [modifier]
Article connexe [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Jean-François Muracciole (Professeur Université Paul Valéry (Montpellier)), Histoire de la Résistance en France, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », juin 2012, 5e éd. (1re éd. 1993) (ISBN 978-2-13-059299-0)
- Pierre Nord, Mes camarades sont morts : 2 – contre espionnage et intoxications, Paris, Editions J’ai lu (no A114/115), 1965, 381 p.
- Gordon Young, L’espionne n° 1 : La Chatte, Paris, Editions J’ai lu, coll. « J’ai lu leur aventure » (no A60), 1968 (1re éd. 1957), poche, 192 p.
Notes et références [modifier]
- Op. cit. Gordon Young (1968), La Chatte p. 12-13 et p. 49-51.