Casino Royale (roman)

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Casino Royale
Espions, faites vos jeux
Casino Royal
Auteur Ian Fleming
Genre Roman d'espionnage
Version originale
Titre original Casino Royale
Éditeur original Jonathan Cape
Langue originale Anglais britannique
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Lieu de parution original Londres
Date de parution originale 1955
Version française
Traducteur Jean Messin
Lieu de parution Paris
Éditeur Presses internationales
Collection Collection Inter-espions no 12
Date de parution 1960
Série James Bond
Chronologie
Vivre et laisser mourir Suivant

Casino Royale (Casino Royale) est le premier roman d'espionnage de l'écrivain britannique Ian Fleming, publié au Royaume-Uni le 13 avril 1953. C'est le premier roman où apparaît James Bond, l'agent 007. La traduction française est paru sous le titre de Espions, faites vos jeux, puis Casino Royal avant de devenir Casino Royale.

Historique[modifier | modifier le code]

Le roman est rédigé durant l'hiver 1952. Il paraît aux États-Unis, le 23 mars 1954.

En France, refusé par Gallimard pour la Série noire, il est édité en 1960 par les éditions Presses internationales, sous le titre Espions faites vos jeux. Il sera ensuite publié en épisodes dans le magazine ELLE. Puis il paraît chez Plon en 1964, année où il prend le titre français de Casino Royal (Le E du titre original a disparu, comme s'il s'agissait d'une faute d'orthographe. En réalité, le titre Casino Royale est une abréviation de Casino de Royale-les-Eaux, une station balnéaire imaginaire). Il est publié en 2006 chez Bragelonne sous le titre français de Casino Royale (Avec un E à la fin comme dans le titre original).

Le roman a connu depuis de très nombreuses rééditions. Outre Presses internationales, mentionnées plus haut, citons également Plon (1964-1970), Union générale d'éditions (1966), Fleuve noir (1979 ; 1996), Edito-Services (1983), Robert Laffont (1986-1996) et Bragelonne (2006).

Il sera adapté en comic strip dans le Daily Express et y paraît entre décembre 1957 et juillet 1958.

Le roman connaît une adaptation télévisée en 1954 (avec Barry Nelson dans le rôle de Jimmy Bond), diffusée sur la chaîne CBS dans le cadre de la série télévisée Climax !. Il est également adapté au cinéma en 1967 (avec David Niven dans le rôle de sir James Bond), sur un mode plus humoristique.

Adapté pour la troisième fois en 2006, il devient le 23e film de James Bond (le 21e de la série produite par EON Productions). C'est Daniel Craig, acteur britannique qui devient le nouveau James Bond.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le Chiffre, homme d'affaires affilié à la pègre internationale, travaille pour le compte du SMERSH, le bureau de contre-espionnage et d'assassinat soviétique. Il organise une partie de baccara dans un casino français pour lever des fonds afin de récupérer en une nuit l'argent du SMERSH qu'il a perdu dans une tentative de création d'une chaîne de maisons closes, faute de quoi l'agence n'hésitera pas à l'éliminer dès qu'elle aura découvert ses pertes. Ce stratagème va ainsi permettre au MI6 de proposer une protection au Chiffre en échange de ses connaissances, ou bien alors de le laisser mourir sans se salir les mains.

On confie à l'agent secret britannique du MI6 James Bond (007), récemment promu double 0 (il est autorisé à tuer) et expert en poker, le soin de battre Le Chiffre dans l'espoir d'attirer l'attention du SMERSH sur ses pertes d'argent et l'inciter à l'éliminer. Après des heures de jeu intenses, Bond réussit à battre Le Chiffre avec l'aide financière de Felix Leiter, un agent de la CIA sur place incognito en tant qu'observateur.

Cartes à jouer.jpg

Bond travaille avec une assistante imposée par la Trésorerie britannique et chargée de lui fournir l'argent de ses mises : la belle mais lunatique Vesper Lynd, qui devient sa maîtresse. Mais elle porte un terrible secret : elle est en réalité un agent double enrôlée par les Russes, avec pour ordre de s'assurer que Bond ne laissera pas Le Chiffre s'échapper. Avec son aide involontaire, Bond est capturé et torturé par Le Chiffre, mais celui-ci est vite assassiné par le SMERSH. Suivant son ordre de mission, l'agent du SMERSH (organisation qui deviendra le pire ennemi de Bond dans les romans suivants) qui a tué Le Chiffre épargne Bond, et lui révèle « Je n'ai pas d'ordre pour te tuer ». Il prend néanmoins soin de le marquer avec la lettre « Ш » (pour Шпион Chpione — « Espion ») sur le dos de la main gauche pour qu'on puisse le reconnaître, partout dans le monde, comme un espion.

Le rôle du SMERSH (cette organisation a réellement existé) dans le livre reflète le fait qu'il commence par être une sorte de service de sécurité interne ciblant les agents soviétiques qui trahissent et qui étend progressivement ses opérations vers des confrontations directes avec les services de renseignements occidentaux.

Bond est hospitalisé pendant trois semaines pour récupérer. Il exprime sa volonté de démissionner du Service et part en convalescence avec Vesper Lynd, mais devient méfiant à son égard en raison de ses changements d'humeur et de sa terreur éprouvée à la vue d'un borgne avec un bandeau sur un œil. Croyant qu'il s'agit de Gettler, un autre agent du SMERSH envoyé pour les tuer, Vesper laisse une lettre d'aveux à Bond et se suicide. Sa trahison pousse Bond à rester dans le Service et il se contente de rapporter laconiquement à ses supérieurs, en parlant de la seule femme qu'il a jamais aimée : « La garce est morte ».

Inspirations[modifier | modifier le code]

Selon Ian Fleming, son inspiration est venue de quelques incidents qui se sont passés pendant sa carrière au sein des services de la Marine britannique. Le premier, qui est la base du roman, est un voyage de Fleming et de l'amiral Godfrey, directeur du Naval Intelligence, pendant la Seconde Guerre mondiale au Portugal, avant d'aller aux États-Unis. Ils se sont rendus au casino d'Estoril qui, à cause de la neutralité du Portugal, fourmille d'espions. Fleming indique qu'il a été lessivé par Dusko Popov, un agent allemand à une table de baccara. L'amiral Godfrey raconte une autre histoire : Fleming a seulement joué avec des hommes d'affaires portugais et c'est ensuite qu'il a imaginé qu'ils étaient des agents allemands. Dusko Popov raconte dans ses mémoires Tricycle qu'il a en fait bluffé un riche lituanien vantard, ce dont a été témoin Fleming.

La tentative d'assassinat sur James Bond à Royale-les-Eaux est également, selon Fleming, tirée d'une histoire vraie. Son inspiration serait venue d'une tentative d'assassinat sur Franz von Papen qui était vice-chancelier du Reich et ambassadeur en Turquie. Comme Bond, Papen a réussi à survivre à cette tentative d'assassinat perpétrée par des Bulgares grâce à des arbres qui l'ont protégé du souffle de l'explosion[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Henry Chancellor, James Bond: The Man and His World, John Murray, 2005, (ISBN 0-7195-6815-3).