Diarmait mac Cerbaill

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Diarmait mac Cerbaill
Titre
Haut-roi d'Irlande
545 – 565
Prédécesseur Túathal Máelgarb
Successeur Domnall mac Muirchertach & Fergus mac Muirchertach
Biographie
Dynastie Uí Néill
Date de décès 565
Père Fergus Cerbaill
Conjoint Eithne ou Erc, Ne, Mugain.
Enfant(s) Colmán Mór , Colmán Becc, Áed Sláine.

Diarmait Derg mac Cerbaill fut Ard ri Érenn (Haut-Roi d'Irlande) de 545 à 564/565. On l'identifie habituellement avec le « Diermait » figurant le Baile Chuinn Chétchathaig[1]

Origine[modifier | modifier le code]

Diarmait est le fils de Fergus Cerbaill mac Conall Cremthainne mac Niall Noigiallach des Uí Neill. Les chroniques d'Irlande conservent un souvenir contrasté de l’activité guerrière de ce roi, qui fut en fait le véritable fondateur de la puissance des Uí Neill du Sud[2].

Ard ri Erenn[modifier | modifier le code]

Une scène gravée sur la « Croix des Saintes Écritures » à Clonmacnoise, était réputée représenter saint Kieran de Clonmacnoise à gauche, Diarmait mac Cerbaill à droite. Cependant on considère maintenant qu'il s'agit du roi Flann Sinna et de l'abbé Colman lors de la construction de la cathédrale de Clonmacnoise; faite vers 900

.

Diarmait accède à la dignité d’Ard ri Érenn après la mort au combat de son prédécesseur Túathal Máelgarb en 545[3]. La même année, il serait à l'origine de la donation qui permet à Saint Ciaran de fonder le Monastère de Clonmacnoise.

Les premières années de son règne sont assombries par l'épidémie de peste des années 540 qui atteint l'Irlande en 549[4]. La première décennie de son règne est aussi l'époque des agressions de ses parents des Uí Néill contre la province de Connacht[2].

Malgré la grande célébrité qui l'entoure, Diarmait mac Cerbaill a un règne étonnamment difficile[5]:

  • 555/558 : Son fils aîné, Colmán Mór, est tué sur son char de combat par un certain Dubsloit le Cruithin (i.ePicte d’Irlande) [6].
  • 560 : l’Ard ri Erenn célèbre la « Fête de Tara », cérémonie païenne dont les Annales de Tigernach soulignent que ce fut la dernière[7] Cette référence à une dernière célébration de la « Fête de Tara » interprétée comme l'union païenne entre le roi et la déesse de la souveraineté, laisse penser que Diarmait est peut-être le dernier roi important à être resté païen [2].
  • 562 : L'année suivante l’ard ri était mis en fuite au combat de Cúl Uinsen par Áed mac Brénainn roi de Tebthae dans le moderne comté de Longford[10].
  • 563 : Diarmait n’intervient pas dans le combat de Móin Daire Lothair qui permet aux Uí Neill du Nord de repousser les Cruithni d’Ulster à l’est de la rivière Bann et d'étendre leur pouvoir dans l'actuel comté de Derry[11].

Les annalistes sous-estiment sérieusement l'importance de Diarmait mac Cerbaill[2].

L'Irlande au VIe siècle.

Il appartenait à la génération postérieure à la conquête par les Uí Néill des Midlands d'Irlande. Lorsque les Uí Néill se sont divisés en dynasties distinctes, lors du partage des fruits de leur victoire[2]. Diarmait a promu sa propre lignée à la position de puissance dominante dans la région des Midlands, au détriment de Cenél Coirpri, la lignée de son prédécesseur, Túathal Máelgarb, et au détriment, aussi, du Cenél Fiachach, dont l'ancêtre Fiachu mac Néill était encore considéré par les annalistes comme ayant été le véritable conquérant de la plaine de Mide[2]. L'écho de l'élimination du pouvoir du Cenél Coirpri s'est propagé dans les récits hagiographiques relatifs à Patrick d'Irlande et à Brigit composés dans la seconde moitié du VIIe siècle. Le portrait défavorable du roi dans les annales est probablement une conséquence de leur origine, le monastère de Iona, fondé sous le règne de Diarmait par Columba, un membre du Cenél Conaill, proche parent des Uí Néill du Nord, qui ont vaincu lors de bataille de Cúl Dreimne[2].

D'autre part, Adomnánn, qui écrit plus d'un siècle plus tard, juge le pouvoir Diarmait comme « exceptionnellement vaste ». Il fait donner à Columba un avertissement Áed Sláine, le fils de Diarmait, contre le péché que représente le meurtre de parents, en disant[2]:

« tu dois faire attention, mon fils, à ne pas perdre, en commettant le péché de parricide, la prérogative de la monarchie sur le royaume de toute l'Irlande, prédestinée pour toi par Dieu. En effet si un jour tu commets ceci, tu ne jouiras pas du royaume entier de ton père mais d'une partie de celui-ci, dans ta propre gens, et pour un temps bref »

— Vie de Colomba,§ I.14[13]

Adomnán évoque des lignées comme les Connachta ou le Dál Riata, ce qui implique que l'autorité Diarmait s'étendait aussi sur le Connachta, auquel tous les Uí Néill avaient encore le souvenir d'avoir appartenu. Dans un chapitre postérieur Adomnán relate la dénonciation amère de Columba du meurtre perpétré sur Diarmait par Áed Dub[2]:

« Cet Áed Dub a été un homme très sanglant, et le tueur de beaucoup d'hommes, il a également tué Diarmait mac Cerbaill, ordonné par l'autorité de Dieu comme dirigeant de toute l'Irlande »

— Vie de Colomba,§ I.36

Les annales, compilées à Iona, et la « Vita de Colomba », écrite par Adomnán un abbé d'Iona, présentent des portraits très différents de Diarmait, peut-être parce que les annales sont antérieures et plus impliquées dans les conflits des Uí Néill du Nord contre Diarmait[2].

Descendance[modifier | modifier le code]

Les généalogies recensent six épouses de Diarmait mac Cerbaill, dont trois furent les mères de ses fils et de sa fille [14].

  • Eithne ou Erc, fille de Brénainn Dall Commaicne Cuile Tolad
  • Muiren Mael fille de Mael Duin Patraige Connachta.
  • Lasair (?) fille de Nechtan mac Brénainn Commaicne Cuile Tolad.
  • Bé Binn fille d'Alasc mac Oengus d'Écosse.
  • Brea, fille de Colman mac Neman Conmaicne Cuile Tolad.
    • Colmán Bec († 587) à l’origine du Clan Follamain[16]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Edel Bhreathnach, Editor Four Courts Press for The Discovery Programme Dublin (2005) (ISBN 1851829547) The kingship and landscape of Tara p. 189-192.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) T. M. Charles-Edwards « Diarmait mac Cerbaill (d. 565) » , Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  3. Annales d'Ulster AU 545.3
  4. Annales d'Ulster AU 549.3
  5. (en) Francis J. Byrne Irish Kings and High-Kings, Four Courts History Classics, Dublin réédition de 2001 (ISBN 1851821961) p. 94-95
  6. Annales de Tigernach AT 558.1, Annales d'Ulster AU 555 & AU 558
  7. Annales d'Ulster AU 560,Annales de Tigernach AT 560.1.
  8. Annales d'Ulster AU 561.1, Annales de Tigernach AT 561.1
  9. Annales d'Ulster AU 563.4
  10. Annales d'Ulster AU 562.1,Annales de Tigernach AT 562.1
  11. Annales d'Ulster AU 562.2 & AU 563.1,Annales de Tigernach AT 563.1
  12. Annales de Tigernach AT 565.4
  13. Nathalie Stalmans Saints d'Irlande. Analyse critique des sources hagiographiques (VIIe-IXe siècles). Presses Universitaires de Rennes (2003) (ISBN 2868477062) p. 156.
  14. (en) Edel Bhreathnach op.cit p. 344-345
  15. Annales d’Ulster U555 & U 558
  16. Selon Francis Byrne op.cit note p. 90, Colmán Bec était probablement à l'origine identique avec Colmán Mór, leur différentiation est liée aux contingences politiques du VIIIe siècle

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) T. M. Charles-Edwards « Diarmait mac Cerbaill (d. 565) » , Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  • (en) Francis J. Byrne Irish Kings and High-Kings Four Courts History Classics Dublin réédition de 2001 (ISBN 1851821961)
  • (en) Edel Bhreathnach, Editor Four Courts Press for The Discovery Programme Dublin (2005) (ISBN 1851829547) The kingship and landscape of Tara. Table 3 « Clann Cholmain » p. 344-345.