Lóegaire mac Néill

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Lóegaire mac Néill
Titre
Haut-roi d'Irlande
428 ? – 463 ?
Prédécesseur Dathi
Successeur Coirpre mac Néill
Biographie
Dynastie Uí Néill
Date de décès 461/463 ?
Père Niall Noigiallach
Mère Rígnach ingen Meda des Uí Echach Arda.
Conjoint Angas, Ne ingen Scoth Noe, Muirecht.
Enfant(s) Lugaid mac Lóegairi, Eochaid Albanach.

Lóegaire mac Néill (fl. Ve siècle) est un Haut-Roi d’Irlande (vieil irlandais: ard ri Erenn) semi-légendaire. Il est le fils de Niall Noigiallach ancêtre des dynasties Uí Néill. L'hagiographe du VIIe siècle Tírechán fixe son règne à la période 427 à 463 mais beaucoup des dates associées à Lóegaire sont basées sur la construction chronologique artificielle liée à la venue de Patrick d'Irlande en 432 et l'on estime désormais qu'il est mort à la fin de la décennie 480. Lóegaire mac Néill que l'on identifie avec le « Loígaire » du Baile Chuinn Chétchathaig[1] est associé avec trois éléments de la mythologie irlandaise: l'arrivée de Patrick, le tribut en bétail (vieil irlandais: bóroma) et la Fête de Tara[2].

Légendes de Lóegaire[modifier | modifier le code]

Selon l'hagiographe Muirchú moccu Mactheni, qui écrit vers 700, Lóegaire « un grand roi, féroce et païen, un empereur des barbares » dominait l'Irlande à l'époque de l'arrivée de Patrick[2]. Une nuit, alors que le roi célèbre une fête païenne à Tara, et qu'il est interdit à quiconque d'allumer un feu avant lui, comme c'est aussi la veille de Pâques, Patrick allume un feu sur une colline qui est visible de Tara[2]. Les Druides de Loégairé prédisent au roi que l'autre feu doit être éteint cette nuit là car autrement il ne pourra plus jamais l'être[2].

Loégairé convoque Patrick qui couvre de honte les druides et les conseillers du roi par une série de miracles spectaculaires et violents[2]. Plusieurs tentatives de meurtres à son encontre sont faites par le roi et ses suivants mais Patrick avertit Loégairé qu'il doit accepter la foi nouvelle ou mourir[2]. Ayant pris le conseil de son peuple, le roi se soumet, et Patrick lui déclare « Puisque tu as résisté à mon enseignement et été offensant envers moi, les jours de ton propre règne se poursuivront, mais aucun membre de ta postérité ne sera jamais roi »[2]. Cette malédiction est une explication a posteriori du statut marginal du Cenél Lóegairi, une dynastie du royaume de Brega dont Loégairé est l'ancêtre éponyme[2].

Le récit de Muirchú diffère de celui de Tírechán, qui dit que Lóegaire reste païen en dépit des miracles de Patrick. car il a reçu l'odre de son défunt père ne pas accepter la foi, mais de recevoir une sépulture de guerrier sur la colline de Tara, en gardant les bras, le visage tourné vers le Leinster[2]. L'hostilité de Loégairé envers le royaume de Leinster est également relevé par les chroniques d'Irlande, qui relèvent que ses activités militaires concernent principalement cette province[2]. Dans son testament Niall Noigiallach légue divers attributs de la royauté à ses fils et Loégairé hérite juste de la « guerre »[2].

Loégairé intervient dans le domaine juridique de deux façons notables: Tírechán le montre agissant en tant que juge avec Patrick dans un différend au sujet d'un héritage, et le prologue du code de lois dit « Senchas Már » précise que Loégairé convoque conjointement les meilleurs hommes d'Irlande, dont Patrick, afin de discuter de l'harmonisation de leurs lois. En l'occurrence, Loégairé n'était qu'un des neuf hommes a qui Patrick confie la christianisation des lois, ce qui devient le Senchas Már [2].

Règne[modifier | modifier le code]

La royauté Loégairé est reconnue par les chroniques d'Irlande, qui indiquent qu'il tenait la « fête de Tara». C'est probablement à l'origine un rituel païen célébré uniquement par le roi de Tara, un rite qui plus tard au Moyen Âge sera considéré comme une proclamation d'un droit à la « Royauté d'Irlande »»[2]. Loégairé est universellement reconnu comme « roi d'Irlande » par toutes les listes royales, mais à une date aussi précoce ni lui ni aucun autre souverain ne peut avoir exercer une telle autorité. Loégairé doit avoir régné sur le Connacht, car d'après Tírechán, c'est dans la résidence royale de Rathcroghan dans l'actuel comté de Roscommon que Patrick rencontre les filles du roi»[2].

Selon la tradition Loégaire succède à son cousin-germain Dathi mac Fiachra comme ard ri Érenn d’Irlande en 428 [3] ou seulement en 445[4] ou même en 454/456 [5] et il règne environ 30 ans. La Fête païenne de Tara est célébrée en 454[6]. Les Annales d'Ulster précisent que le roi serait mort sept ans sept mois et sept jours après cette cérémonie[7].

La saga médiévale du « Bóroma », c'est-à-dire le « tribut en bétail », raconte le lourd tribut que doit payer le Leinster à l'ard ri Érenn en réparation d'une ancienne trahison. Loégairé envahit le Leinster afin d'exiger l'hommage et il est capturé après sa défaite à la bataille de Áth Dara[2]. Il est cependant libéré sur la promesse d'abandonner l'hommage et invoque les éléments comme caution de son serment [8]. Cependant trois ans plus tard il revient au Leinster et saisit le bétail[2]. En conséquence de quoi, il meurt tué par les éléments: le soleil le brûle, la terre l'engloutit, et le vent qui est son souffle se retire de lui. Il existe d'autres versions de sa mort. Un récit indique qu'il meurt à la suite d'une malédiction de Patrick. Un autre précise qu'une prophétie annonce qu'il mourrait entre l'Irlande et la Bretagne. Pour se soustraire à son sort il ne va jamais en mer, mais la prophétie se réalise quand il meurt entre deux collines nommées « Eiriu » et « Albu »[9].

Unions et descendance[modifier | modifier le code]

Selon les généalogies Lóegaire mac Néill eut trois épouses[10] :

1) Angas fille de Tassach Uí Liathain dont

2) Ne fille de Scoth Noe (Breton)

  • Fedelmid

3) Muirecht fille d’Eochu Muinremar de Dal Riata

  • Eochaid Albanach

Les généalogies donnent encore au roi 6 autres enfants dont 3 filles sans préciser le nom de leur mère.

  • Eithne
  • Fedelm
  • Cuirche épouse de Cronan mac Corc Eoganacht dont les Cuirceni de Mide
  • Aed
  • Ne une fille qui épouse Dricriu Ui Garrchon

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Edel Bhreathnach, Editor Four Courts Press for The Discovery Programme Dublin (2005) (ISBN 1851829547) The kingship and landscape of Tara p. 174-175.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p (en) Philip Irwin « Lóegaire mac Néill (fl. 5th cent.) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  3. Annales des quatre maîtres AFM 430.1
  4. Annales d'Ulster AU 445.1
  5. selon: (en) T.W Moody, F.X. Martin, F.J. Byrne A New History of Ireland Oxford University Press réédition de 2011 (ISBN 9780199593064), liste des « High-Kings » p. 191.
  6. Annales d'Ulster U454.1 & Annales d'Inisfallen AI 455.2
  7. Annales d'Ulster U461.1
  8. Annales d'Ulster AU 458.1, AU 459.2 ou AU 461.4
  9. Annales d'Ulster AU 462.1 Annales d'Inisfallen AI 463.1
  10. Edel Bhreathnach op.cit « Historical Connachta and Early Uí Néill » p. 342-343

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Philip Irwin « Lóegaire mac Néill (fl. 5th cent.) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  • (en) Edel Bhreathnach The kingship and landscape of Tara, Editor Four Courts Press for The Discovery Programme Dublin (2005).
  • (en) Annales des quatre maîtres & Annales d'Ulster